‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 3)Chapitre 3 sur 342 · VI NOTICE · texte numérisé non relu

VI NOTICE

rite; son Tibère n'a pas même été présenté aux comédiens: sur le seul titre, l'ouvrage était dénoncé comme le portrait d'un autre tyran. On peut le Considérer comme une suite du Germanicus de M. Arnault : c'est presque le même sujet traité sous deux aspects divers par deux auteurs que rapprochent à la fois leurs talens , leurs malheurs, la noble franchise de leurs caractères , et l'honorable amitié qui les unissait. Mais , indépendamment de toute circonstance , le Tibère de Chénier tient, aux yeux des meilleurs juges \ un rang éminent parmi les chefs-d'œuvre dramatiques.

Les lecteurs éclairés ont distingué aussi dans son théâtre une comédie en vers , intitulée Nathan-le-Sage ; sujet traité fort au long par Lessing, et que Chénier a réduit en trois actes, en y répandant beaucoup de grâce et de gaîté. Il a puisé, dans quelques scènes des deux derniers actes du Jules-César de Shakespeare, l'idée de sa tragédie de Brutus et Cassius. C'est un ouvrage de sa jeunesse , qu'il a remis plusieurs fois sur le métier, et qu'il se promettait de perfectionner un jour. On n'a pu recouvrer que des fragmens de deux comédies, dont l'une est imitée de Shéridan % et l'autre une nouvelle esquisse d'un sujet sur lequel Voltaire s'était essayé ^. Mais le théâtre posthume de £hénier renferme des imitations de VOEdipe-Roi, de \ Œdipe à Colone \ et d'une ;partie de

1. Voyez l'analyse du théâtre de Chénier, par M. Lemercier, tome I des OEuvres anciennes, présente édition.

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