ACTE I, SCENE II
Par les liens communs d'une paix respeetée.
On respire; un jour pur se lève enfin sur nous;
Le bonheur des Français sera signé par vous.
Les arts consolateurs vont embellir nos villes:
Ils feront oublier ces discordes civiles
Où le fer, sans pudeur brisant tous les liens ,
Répand des deux côté^ le sang des citoyens.
A remplir cet espoir le jeune roi s'empresse :
Sa mère en a versé des larmes d'allégresse.
Tous deux avec la cour vont se rendre en ces lieux.
Pour moi, dont cette cour a fatigué les yeux,
Moi, témoin trop tardif de quelques jours prospères,
Si proche du cercueil où m'attendent mes pères,
J'aurai vu le bonheur de la France et de vous;
Et mes derniers soupirs m'en paraîtront plus doux.
COLIGNI
O vertueux Vieillard, dont la gloire est chérie! Vivez long-tems pour nous; vivez pour la patrie; Soyez toujours l'oracle et l'appui des Français. C'est à vous, l'Hospital, que nous devons la paix : Sans vous nous périssions; votre prudence active Aux maux des deux partis fut sans cesse attentive. Hélas î bien loin de vous, dans les jours du malheur, Votre nom prononcé calmait notre douleur; Votre image aux soldats était toujours présente. Lorsqu'on leur annonçait une loi bienfaisante , Ils disaient : L'Hospital a dicté cette loi ; Mais , quand ils apprenaient par le public effroi
Quelque éclit révoltant, quelque grande injustice , Ils disaient : L'Hospital n'en est point le complice,