ACTE III, SCÈNE IL
Avant les protestans qu'on me mène au supplice : Je condamne à vos pieds ce dangereux édit ; Je ne puis le sceller. Punissez-moi : j'ai dit.
Moi , je vous punirais ! Non , non , des traits de flamme Tandis que vous parliez ont pénétré mon âme. Chancelier, je vous crois, et je pleure avec vous; Oui , je veux adopter des sentimens plus doux ; Oui, c'est la vérité: je dois la reconnaître. Oui, j'ai pu me tromper: on m'égarait peut-être.
CATHERINE
Vous croyez...
Tout, Madame. Ecoutez, Chancelier.
(Tl lui parle à l'oreille,) LORRAINE, bas à Catherine.
L'ouvrage de mes mains commence à m'effraye r. D'un zèle ambitieux vous voyez le prestige.
CATHERINE, bas.
Ne craignez rien.
GUISE, bas.
Le Roi...
CATHERINE, bas.
Ne craignez rien, vous dis-je.
Adieu , Madame ; et vous , Chancelier, suivez-moi : I^e passé, l'avenir, tout me remplit d'effroi.
34o CHARLES IX.
J'ai besoin d'un ami dont l'austère sagesse Sur le penchant du crime arrête ma jeunesse^ Et, fixant mon esprit, trop long-tems combattu, Par son exemple au moins me force à la vertu.