‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 4)Chapitre 39 sur 243 · Acte II, scène iv, page 229, vers 6 et suiv · texte numérisé non relu

Acte II, scène iv, page 229, vers 6 et suiv

Malgré les qualités de diction, d'ordonnance et de costume , remarquables en cette tragédie , je partage le sentiment de son auteur, qui paraît se défier un peu lui-même de la tristesse empreinte également dans tout le sujet : c'est un triste spectacle que la défection des forces de l'héroïsme et de la vertu. Il eût fallu que des réactions plus puissantes

pussent animer ce tableau; mais on en doit apprécier la simplicité, d'après les justes principes qui dictèrent à Chénier ces préceptes sur le vicieux abus des incidens et des coups de théâtre, auxquels il attribue la perte du bon genre, dans sa dédicace à son frère.

ce Quand on n'est point en état d'instruire et (( d'émouvoir, il faut bien tâcher de plaire aux yeux. « On est parvenu de cette manière à dénaturer la « tragédie , ce chef-d'œuvre de l'esprit humain. « Elle n'est plus destinée à peindre les passions « les plus énergiques, à représenter les grandes « époques de l'histoire du monde et les hommes « qui ont honoré l'humanité, à traiter enfin ces « sublimes questions de morale et de politique « qui intéressent tous les peuples : ce n'est plus u qu'un roman dialogué, un amas d'événements (f bizarres, d'aventures incroyables, terminé par « quelque machine digne à peine du théâtre lyri- « que, ou par quelque coup de théâtre d'une exé- « cution difficile, et dont le succès est dû,* non « pas même au talent des acteurs, mais à leur « force et à leur adresse ^ . »

Ces mêmes principes avaient dirigé Fauteur dans l'œuvre savante qui commença la renommée qu'il s'est acquise, en traçant, à la manière des grands

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