‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 4)Chapitre 40 sur 243 · I. Voyez page 19/», tome I des OEavres posthumes · texte numérisé non relu

I. Voyez page 19/», tome I des OEavres posthumes

maîtres, les rcMes de Médicis, de son exécrabh» fils, du cardinal de Lorraine, de Gnise et de Coiigny. Je ne crois pas qu'il ait aussi bien appliqué ses maximes au sujet de Timoléon que l'avait fait le sévère Alfiéri. Le crime d'usurper l'autorité des lois ne peut partir d'un homme irrésolu , sensible et soumis à l'instigation d'un ambitieux subalterne. Le transport qui rend vraisemblable le meurtre d'un frère ne peut ressembler à un acte froidement médité. C'est ce que le poète italien a très - bien développé , lorsqu'il montra Timophane ne respirant que l'orgueil et la domination , n'agissant que par son impulsion personnelle, et réduisant son frère, qu'il prend dans un piège, à le poignarder pour sauver l'État, et pour échapper à la complicité de la proscription des citoyens que le tyran fait immoler.

Du reste , abstenons-nous de renouveler l'examen des ouvrages sur lesquels a prononcé le jugement public. Les personnes qui voudront fixer invariablement leur estime sur les titres de Chénier, et savoir combien il eut de droits à notre souvenir, n'ont qu'à lire l'excellente notice de sa vie et de ses œuvres , composée par le goût et l'impartialité de M. Daunou.

Chénier, moins entravé que d'autres littérateurs, a joui, vivant, de vSa gloire; placé entre des factions contraires, attaqué par les unes, mais soutenu par

les autres, son talent a pu contrebalancer les efforts de l'injustice et de l'envie. Si toutes les haines réunies, si toutes les rivalités sans contrepoids, s'étaient sourdement liguées pour le punir de sa supériorité, pour décrier et pour étouffer le mérite de ses ouvrages, et pour en obscurcir la publication, la critique des écrivains généreux aurait à les défendre des revers injustes qu'ils eussent essuyés; mais elle n'a pas même à prémunir les esprits contre la séduction de leurs succès équitablement obtenus , et confirmés aujourd'hui par le tems et par la lecture.

AZÉMIRE

TRAGÉDIE EN CINQ ACTES

nF.rr»ÉSENTÉE, a Fontainebleau, i>e 4 NOVEMBnp. 1786;

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