‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 4)Chapitre 59 sur 243 · ACTE n, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈNE IV

Si leur ambassadeur, fier de nous offenser,

Parle dans votre cour de vous récompenser?

Loin qu'il puisse en un mot vous imposer en maître

Une trêve , aux croisés nécessaire peut-être ,

Lui-même en suppliant dût-il la demander,

Il ne faut point songer, Madame, à l'accorder.

Chrétien , cette franchise auguste et révérée

A tous vos chevaliers n'est-elle plus sacrée?

Une fausse pitié n'éblouit point nos yeux.

Déposez, croyez-moi, cet art insidieux;

Osez en convenir ; si cette nuit sanglante

Dans le camp de Bouillon n'eût jeté l'épouvante,

D'une trêve aujourd'hui vous n'auriez point parlé.

C'est bien légèrement que ce chef s'est troublé.

Le Ciel , jusqu'à présent à vos désirs propice ,

N'a point de vos grandeurs creusé le précipice;

Mais de plus d'un combat ces lieux seront témoins :

Vous y comptez, je crois.

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