‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 4)Chapitre 60 sur 243 · D AMBOISE · texte numérisé non relu

D AMBOISE

Nous l'espérons du moins; Et c'est trop exalter une faible victoire, Dont même avec la nuit vous partagez la gloire.

SOLIMAN

Et si la nuit, chrétien, ne t'eût pas secondé Crois-tu qu'à tes efforts Antioche eût cédé ?

d'amboise.

Peut-être.

gG AZÉMIRE.

AZÉMIRE

Abandonnez une menace vaine, Et parlez dans ma cour et devant une reine , Vous, Seigneur, en Soudan; vous, en Ambassadeur. Pour un jour de combat réservez cette ardeur. Malgré votre victoire et sou orgueil étrange. Je veux bien accepter et la trêve et l'échange. Avec ses compagnons Turenne peut partir; Et j'y consens , chrétien , s'il y veut consentir.

d'amboise.

G ciel ! et pouvez-vous douter qu'il y consente , Madame! et voudrait-il abuser notre attente? Et la gloire aujourd'hui n'en doit-elle obtenir?.,.

AZÉMIRE

Tl suffit : vous pourrez le voir, l'entretenir.

Me faut-il cependant répondre de son âme ?

Le puis-je?

d'amboise.

Pardonnez, je l'avais cru. Madame,

On disait qu'en ces murs Turenne désormais

Veut à des nœuds chéris s'abandonner en paix;

Qu'il aime en votre cour.

SOLIMAN, à part.

Ciel!

AZÉMIRE

Pouvez-vous le craindre ?

d'amboise.

S'il était vrai. Madame, un ami doit le plaindre.

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