ACTE III, SCÈNE IL lo
TU RENNE
Ne me présente plus cette accablante image. Il connaîtrait la honte ! et voilà mon ouvrage ! Il verrait tant d'exploits par moi seul obscurcis; Et ses derniers soupirs accuseraient un fils!
d'amboise.
Eh bien , que résous-tu?
TTJRENNE.
Cruel ! eh ! |ue résoudre?
Demeurer: je suis vil; et rien ne peut m'absoudre;
Fuir...
d'amboise.
Tu reprends ta gloire.
TURENNE
Et je perds le bonhcui , Du choix qui m'est resté conçois-tu la rigueur? Flotter entre une amante et l'honneur, la patrie; Entre le désespoir, hélas! ou l'infamie.
d'amboise.
N'es-tu donc plus chrétien !
TORENNE.
Je suis encor amant,
d'amboise.
Insensé !
TURENNE
L'oublier î
d'amboise.
Tu le dois.
io8 AZEMIRE.
TURENNE
O tourment!
d'amboise.
Faut-il être avili ?
TURENNE
Faut-il être parjure?
d'amboise.
ïu l'es.
TURENNE
Que décider ?
d'amboise.
Rends-toi, je t'en conjure; Que dis-je? on te l'ordonne; et non plus l'amitié; Et non plus pour ton père un reste de pitié; Non plus tous les Chrétiens, Bouillon, ni l'Honneur même ; Mais un plus grand pouvoir, mais une voix suprême, Un Dieu , qui nous entend, qui nous voit en ces lieux , Qui repose sur toi ses invisibles yeux. Ne trahis point, Turenne , une cause si belle: Tout doit s'anéantir lorsque Dieu nous appelle. Tu l'entends, il te parie: il veut être écouté; Il venge tôt ou tard son ordre rejeté. Ton cœur, songes-y bien , devant lui fut coupable. Tu frémis: ne rends point ton crime irréparable; Mérite le pardon qu'il te faut obtenir. Et ne lui laisse pas le tems de te punir.
TURENNE
Je ne résiste plus : courons , courons aux armes.