‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 4)Chapitre 74 sur 243 · ACTE IV, SCENE T · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE T

On ne m'a pas iiistruit à contraindre mon cœur; Et ce cœur, indocile aux conseils de la gloire, Ne sait ni remporter ni feindre la victoire. Si je suis Soliman , si l'on m'ose outrager, Si j'ai versé des pleurs, je prétends les venger.

N ARsks.

Eh bien! Seigneur, eh bien! confiez-vous au glaive: Vengez-vous. Si la Reine a besoin d'une trêve, Déclarez aux chrétiens que la guerre est pour vous; Ils chancèlent : sur eux précipitez vos coups; Et, défaits à demi par votre renommée, Une seconde fois traversez leur armée.

J'adopte vos drapeaux, Seigneur; je ne veux pas Pour un vil étranger affronter les combats, Et, toujours d'une reine adorant les caprices, Sous un joug sacrilège abaisser mes services. Ainsi de vos soupirs vous vengerez l'affront; Et bientôt, croyez-moi, ses regrets vous suivront: Il faudra que son cœur, s'ouvrant à la lumière , Se déclare pour vous avec l'Asie entière.

SOLIMAN

Ami, ne perdons pas des momens précieux: L'envoyé des chrétiens approche de ces lieux; Turenne est avec lui. Je sens que leur présence Irrite dans mon cœur la soif de la vengeance.

ii8 AZÉMIRE.

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