ACTE IV, SCENE VII
Mais fuir, en l'adorant, un objet plein de charmes; Mais retrouver partout sa présence et ses larmes ! Quel effroyable sort s'appesantit sur nous ! En causant vos tourmens je souffre plus que vous. Ne me retenez plus : Dieu m'appelle et me guide ; Dieu m'attend.
AZÉMIRE
Tu le veux , eh bien ! fuis-moi , perfide ; Surtout vante-moi bien ton héroïque effort. Tu crois servir le ciel en me donnant la mort : Le ciel de tes fureurs ne peut être complice ; Sous les murs de Sion il me doit ton supplice. Va, tremble d'invoquer au jour de ton trépas Azémire qui t'aime, et ne t'entendra pas. ^ Tu veux m'abandonner ? eh ! comment y survivre ? Tu peux rester, cruel , si je ne peux te suivre. Par nos feux mutuels, par le plus doux lien, Par ces pleurs, (aujourd'hui je n'ai plus d'autre bien), Dépouille en ce moment une âme injuste et dure! Ah ! ton Dieu , quel qu'il soit , doit venger le parjure. Chrétiens, Princes, Sujets, irrités contre moi, J'ai tout bravé, Turenne, et tout bravé pour toi. Mon sceptre, ma couronne à toi seule asservie; Cet orgueil, ces honneurs, cet éclat de ma vie.
I. Le morceau suivant est imité du quatrième livre de V Enéide :
Mené fugis ? etc.
( Note de l'Editeur. )