AZÉMIRE
La pudeur, que je crus pouvoir toujours chérir, Imprudente! pour toi quand j'ai pu les trahir, Tu pars! et loin de toi, ta malheureuse amante, Loin de toin sur ces bords tu la laisses mourante !
D'Amboise î
AZÉMIRE
Je le vois , ton cœur est agité :
Il ne renferme point tant d'inhumanité.
TURENNE
Laissez-moi: de vos pleurs j'ai peine à me défendre; Et déjà mon devoir ne se fait plus entendre.
AZÉMIRE
Prends aussi, prends mes jours, si tu fuis loin de moi ; Ils me sont odieux : ils ne sont plus à toi. Va retrouver Bouillon; du sang de ton amante, Va, cours à tes chrétiens offrir ta main fumante. Dis-leur : J'ai pu la voir, sans me laisser fléchir. Tremblante à mes genoux, pleurer, prier, gémir. Dis-leur : Elle n'est plus, et j'ai tranché sa vie; Comblé de ses bienfaits, Chrétiens, je l'ai punie, J'ai méprisé ses pleurs ; c'était peu du mépris : Elle m'idolâtrait, sa mort en est le prix.
TURENNE
Ciel !
AZÉMIRE
Tu frémis , Turenne.
TURENNE
O ma chère Azémire î