‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 4)Chapitre 83 sur 243 · AZÉMIRE · texte numérisé non relu

AZÉMIRE

La pudeur, que je crus pouvoir toujours chérir, Imprudente! pour toi quand j'ai pu les trahir, Tu pars! et loin de toi, ta malheureuse amante, Loin de toin sur ces bords tu la laisses mourante !

D'Amboise î

AZÉMIRE

Je le vois , ton cœur est agité :

Il ne renferme point tant d'inhumanité.

TURENNE

Laissez-moi: de vos pleurs j'ai peine à me défendre; Et déjà mon devoir ne se fait plus entendre.

AZÉMIRE

Prends aussi, prends mes jours, si tu fuis loin de moi ; Ils me sont odieux : ils ne sont plus à toi. Va retrouver Bouillon; du sang de ton amante, Va, cours à tes chrétiens offrir ta main fumante. Dis-leur : J'ai pu la voir, sans me laisser fléchir. Tremblante à mes genoux, pleurer, prier, gémir. Dis-leur : Elle n'est plus, et j'ai tranché sa vie; Comblé de ses bienfaits, Chrétiens, je l'ai punie, J'ai méprisé ses pleurs ; c'était peu du mépris : Elle m'idolâtrait, sa mort en est le prix.

TURENNE

Ciel !

AZÉMIRE

Tu frémis , Turenne.

TURENNE

O ma chère Azémire î

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