A JACQUES DELILLE
iVl.ARCHAND de vers, jadis poète, Abbé , valet , vieille coquette , Vous arrivez : Paris accourt.
Eh! vite, une triple toilette:
Il faut unir à la cornette Ija livrée et le manteau court.
Vous mîtes du rouge à Virgile; Mettez des mouches à Mil ton; Vantez-nous bien du même style Et les émigrés et Caton; Surpassez les nouveaux apôtres En théologales vertus ; Bravez les tyrans abattus, Et soyez aux gages des autres.
Vous ne nous direz plus adieu :
Nous rendons liés clefs de saint Pierre ; Mais, puisque vous protégez Dieu,
rjG PETITE ÉPITRE
N'outragez plus feu Robespierre.
Ce grand pontife aux indévots Rendit quelques mauvais offices; Il eût été votre héros S'il eût donné des bénéfices.
Virgile, en de riants vallons,
A célébré l'agriculture;
Vous, l'abbé, c'est dans les salons
Que vous observiez la nature.
Soyez encor l'homme des champs,
Suivant la cour, suivant la ville.
Votre muse, au pipeau servile.
Immortalisa dans ses chants
Les lacs pompeux d'Ermenonville ,
Et les fiers jets d'eau de Marli,
Les déserts bâtis par Monville,
Et les hameaux de Chantilli.
Des princes un peu subalternes.
Des grands seigneurs un peu modernes,
Ont aujourd'hui les vieux châteaux;
N'importe : le ciel vous fit naître
Trop bas pour aimer vos égaux.
Trop vain pour vous passer de maître.
Les rossignols en lii)erté
Aiment à confier leur tête
Aux rameaux du chêne indomplé,
Que ne peni courber la ((inipele;