‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiquesChapitre 37 sur 145 · DE LA SATIRE · texte numérisé non relu

DE LA SATIRE

Page ii6, vers 3 et suivans.

Au lieu de

Je suis outré le malheur m'environne, etc. etc.

il y avait, dans les éditions précédentes :

C'est dans Bagnol que j'ai vu la lumière. Au cabaret où feu mon pauvre père A juste prix faisait noce et festin , Entre les pots commença mon destin.

Je courtisais les nymphes de Mémoire ; J'aimais dès-lors , et j'aime encor la gloire; Je la chéris , mais en femme de bien ; Au grand jamais elle n'en saura rien.

Pour voir Paris, délaissant ma retraite. Je me fais comte, et je me crois poète... Dans maint journal enterré tout vivant, A maint comptoir applaudi fort souvent , En mon cerveau j'esquisse maint beau livre, Et je deviens un grand homme pour vivre. Mauvais métier, j'avais trop de rivaux.

J'imaginais que de tous mes travaux Argent, honneur, seraient la récompense:

L'événement détruit mon espérance; Et je m'en vais , etc. , etc.

VARIANTES. ii^

Page ii8, vers -au. Au lieu de

On a tout dit :

LE PUBLIC

C'est fortement pensé.

Dans les éditions précédentes le vers n'est pas coupé. La réplique de l'Anonyme finit à ces mots :

«C'est de tout point un projet insensé.

et le Public continue :

« Fort bien : c'est neuf, et fortement pensé.

Page 119, vers 3 et suivans.

Au lieu de

« As-tu créé du moins quelque chanson, Etc. etc.

Le dialogue est ici coupé dans les éditions précédentes : le Pubbc demande à l'Anonyme :

Qu'as-tu donc fait?

celui-ci lui répond :

Charades et chansons,

Petite prose et petits vers gascons ,

Discours français, qui dans la Germanie

Ont obtenu des prix d'académie.

J'ai fait de tout, etc. etc.

Page isèi , vers 18 et suivons.

Au lieu de

Viens: fais-loi jour (mi des router, nouvellt ., Etc. etc.;

OEuvrcs anciennes. III. 9

i3(> VARIANTES.

il y avait dans les éditions précédentes :

Dans l'almanach qu'aucuns nomment des Muses Tu veux briller! pauvre enfant, tu l'abuses; Fais des pamphlets , etc. , etc.

Page 122, vers 3 et 4- Au lieu de :

Mets à profit mon avis salutaire; Déchire, ments , calomnie, exagère, Etc. etc.;

il y avait dans les éditions précédentes ;

Déchire, ments; que ta plume affamée Fasse la guerre à toute renommée ; Suis mon exemple; etc., etc.

Page 124, vers 5 et suivans.

Au lieu de :

De honte, au moins. Dans le fond tu m'affliges; Pauvre garçon! d'où viennent tes vertiges? Quel noir délire, etc. etc.;

i\ y avait dans les éditions précédentes :

LE PUBLIC

Pauvre garçon! d'où te vient ce délire? Tout pauvre diable est enclin à médire. Mais quel travers a brouillé ton cerveau? Oui, j'aime à voir un Horace , un Boileau, Qui , des beaux arts né censeur légitime. Sait dispenser le mépris et l'estime; Mais je déteste un impudent Gacon Qui , ne pouvant gravir sur l'ilélicon.

Kl s'enivrant, loin des eaux d'Hypocrène, Du fin nectar <U's coteaux de Surène,

DU PUBLIC ET L'ANONYME. i3i

llieur maussade , et ze'lé pour le mal,

Sur son fumier s'ërige un tribunal.

Du dieu des vers la lyre enchanteresse

Se mêle aux chants des cygnes du Permesse;

Mais son courroux , d'un trait rapide et sûr ,

Lance la mort sur le reptile impur ,

Vil composé de rage et de faiblesse,

Et, des poisons de son souffle odieux,

Flétrissant l'air qu'ont respiré les dieux.

Du noir Python si la rage t'anime,

Pour être lu garde au moins l'anonyme;

Point de détours, point de nom supposé;

A dire vrai , tu t'es mal déguisé :

Grimaud , d'accord ; mais non de la Reynière.

l'anonyme.

Voltaire....

L F, PUBLIC

Oh ! oui ; mais il était Voltaire :

Il a dû craindre un nom tel que le sien. Etc. etc.

Page 126, vers i5 et siiivans.

Après ces vers :

Te vais écrire un libelle admirable,

En plus d'un tome; et, là, je veux punir...

Vous qui sifflez...

le dialogue se terminait ainsi dans quelques anciennes

éditions :

l'anonyme.

Vous qui sifflez, comme aussi l'avenir,

Qui par écho me sifflera peut-être.

S'il a pourtant l'honneur de me connaître,

Si Faribol sur les pas de Cotin

i32 VARIANTES.

Peut voyager en pays si lointain.

Point de quartier; mes plaintes sont Ibnclées.

D'autres feront provisions d'idées;

Dieu soit loué! dans ce noble me'tier.

Je n'ai besoin que d'encre et de papier.

LE PUBLIC

C'est fort bien dit. Mais, crois-moi, fais encore

Provision de beaucoup d'ellébore.

Tu ris? Bientôt, je t'en veux avertir,

Tu pleureras, si tu ne peux rougir.

« Je hais l'attaque, et j'airae la défense i;

« Mais épouser la commune vengeance;

«Mais écraser un reptile odieux,

« Un vil serpent, qui, fuyant tous les yeux ,

« Mélange affreux de rage et de faiblesse

« Sous les buissons se glisse avec souplesse ,

« Sifflant sans cesse et sans cesse irrité ,

« Lance au hasard un venin détesté ;

« Mais à plaisir, sur la terre infectée,

« Fouler aux pieds sa tête ensanglantée :

« C'est au courage allier un bon cœur;

« C'est du public être le bienfaiteur. »

Déjà certains de ma reconnaissance,

Tes vrais amis vont rompre le silence ;

Tu peux compter qu'un immortel affront

Sera gravé sur l'airain de ton front ;

C'est pour ton bien ; et dans peu , je te jure,

On guérira ta cervelle très-dure;

Et tu diras, mon enfant, mais trop tard:

« Quand on veut nuire, etc. etc.

I. Ces doure vers figarent en tète du dialogue, sous la forme d'épigiajjbe.

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