‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiquesChapitre 46 sur 145 · POUR LA SIXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

POUR LA SIXIÈME ÉDITION

Ce petit ouvrage parut vers la fin de l'année dernière. Il eut cinq éditions en deux mois; ce qui prouve que les rieurs étaient aussi nombreux que les prêcheurs. Depuis ce tems plusieurs journalistes, fort habiles en négociations, ne cessent de proposer un traité de paix entre la philosophie et la religion. Si l'on entend par la religion le pur théisme, la doctrine de Socrate, de Cicéron, de Marc - Aurèle , de Julien, de Racon, de Locke, de Montesquieu, de; Voltaire, de J. J.

LES NOUVEAUX SAINTS. iSg

Rousseau , c'est uu traité conclu il y a plus de \ingt siècles. Si l'on entend , au contraire , des révélations chimériques, des dogmes ridicules, qui ont ensanglanté la terre, et enrichi quelques tonsurés, les écrivains quotidiens ou hebdomadaires font d'étrange diplomatie. Autant vaut proposer un traité de paix entre la raison et la démence, entre la liberté et le despotisme , entre la médecine et la peste.

Page 1