DE SAINT-MAUR
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iOalut! nymphes de la prairie; Et vous, de ces forêts aimables déités;
Toi, naïade aux flots argentés, Salut ! Je viens encore , ô naïade chérie ,
Plein d'une douce rêverie, Demander le repos à tes bords enchantés.
Soumis à des alarmes vaines, Tu m'entendais jadis soupirer mon ennui :
Tu me revois libre aujourd'hui.
L'amour est un tyran : j'ai dû briser ses chaînes ;
Et je viens oublier mes peines Au sein de l'amitié, moins trompeuse que lui.
Le chasseur dort, l'aube naissante N'a point encor semé ses roses dans les cieux; Mais le signal harmonieux,
LA SOLITUDE DE SAINï-MAUR. 299
Le fleuve et la colline au loin retentissante,
Et le cerf, et la meute absente.
Poursuivent dans la nuit son oreille et ses yeux.
Tel, quand la saison des tempêtes Du matin plus tardif eut rapproché le soir.
Mon cœur brûlait de te revoir.
Loin des enfans du Nord qui grondaient sur nos têtes,
Je volais aux rustiques fêtes; Et Zépliyre et les fleurs égayaient mon espoir.
Je veux vivre au-delà des âges:
Inspirez-moi des chants qui ne meurent jamais.
Onde paisible , noirs cyprès !
Et que puissent toujours le glaive et les orages
Respecter ce bois , ces rivages , Et tous les dieux pasteurs y verser leurs bienfaits !
ODE