LIVRE XV
bois d'oliviers servoit de ceinture à la cité de Minerve.
Eudore traverse le Céphise , qui coule dans ce bois sacré; il demande la route des jardins d'Acadème : des tombeaux lui tracent le cbemin de cette retraite de la philosophie. Il reconnoît les pierres funèbres de Trasybule, de Conon, de Timothée ; il salue les sépulcres de ces jeunes hommes, morts pour la pafrie dans la guerre du Péloponèse : Périclès , qui compara Athènes privée de sa jeunesse k Tannée dépouillée de SOQ printemps , repose lui^^méme au milieu de ces fleurs moissonnées*
La statue de TAmour annonce au fils de Lasthénès. Feutrée des jardins de Platon.. Adrien, en rendant k T Académie son ancienne splendeur ,, n avoit fait qu ouvrir un asile aux songes de Fesprit humain. Quicoi^que étoit parvenu au grade de sophiste , sembloit avoir acquis le privilège de l'insolence et de l'erreur. Le Cynique , à peine , couvert d'une petite chlamyde sale et déchirée , insultoit avec son bâton et sa besace au Platonicien enveloppé dans un large manteau de pourpre ; le Stoïcien , vêtu d'une longue robe noire , déclaroit la guerre à l'Épicurien couronué de fleurs. De toutes parts retentissoient les cris de l'École , que les Athéniens appeloient le chant des. Cygnes et des Sirène&s; et les pro-
menâdes quavoit immortalisées un génie di-* vin, étoient abandonnées aux plus imposteurs, comme aux plus inutiles des hommes.
Eudore cherchoit dans ces lieux le premier officier du palais de l'Empereur : il ne se put défendre d'un mouvement de mépris lorsqu'il traversa les groupes des sophistes qui le prenoient pour un adepte ; désirant l'attirer à leurs systèmes, ils lui proposoient la sagesse dans le langage de la folie. Il pénètre enfin jusqu'à Dorothé : ce vertueux Chrétien se promenoit au fond d'une allée de platanes que bordoit un canal limpide; il étoit environné d'une troupe de jeunes gens déjà célèbres par leurs talents ou par leur, naissance. On remarquoit auprès de lui Grégoire de Nazianze, animé d'un souffle poétique; Jean, nouveau Déitiosthènes, que son éloquence prématurée avoit fait nommer bouche d'or 'y Basile, et Grégoire de Nysse son frère : ceux-ci montroient un penchant décidé vers la religion qu'avoient professée Justin le philosophe et Denys l'Aréopagite. Julien , au contraire , neveu de Constantin , s'attachoit à Lam-* pridius, ennemi déclaré du culte évangélique: des habitudes bizarres et des mouvements convulsifs déceloient dans le jeune prince une sorte de dérégljement de l'esprit et du cœur.
Dorothé eût quelque peine à f econnoitre Ra-