LIVRE XV
dore : le visage du fils de Lasthénès avoit pris cette beauté mâle que donnent le métier des armes et l'exercice des vertus. Ils se retirèrent à l'écart, et Dorothé ouvrit son cœur à l'ami- de Constantin^
« J'ai quitté Rome, lui dit-il, à l'arrivée 'de votre messager. Le mal est encore plus grand que vous ne le croyez peut-être : Galérius l'emporte ) et tôt ou tard Dioclétien sera obligé d'abdiquer la pourpre. On veut perdx^e d'abord les Chrétiens , afin d'ôter à l'Empereur son premier appui ; c'est l'ancien projet d'fliéroclès , aujourd'hui tout-puissant auprès de César. Celui-ci répète sans cesse que le dénombrement ordonné, en découvrant une multitude effrayante d'ennemis des dieux , a révélé le danger de l'Empire ; qu'il faut en venir aux mesures leèplus sévères, pour réprimer une secte qui menace les autels de la patrie. Pour moi, presque tombé dans la disgrâce de Diocléti^i , vous savez quel sujet me conduit en Syrie. Eudore, nos frères malheureux tournent les yeux vers vous. La gloire que voqs vous êtes acquise dans les armes, et surtout votre repentir éclatant sont l'objet de l'admiration et des discours de tous les Fidèles. Le souverain Pontife vous attend; Constantin vous appelle. Ce prince ^ environné de délateurs , se soutient à peiné à la cour ; il a besoin d'un ami
tel que vous , qui puisse laider de ses conseils , et, s'il le^faut, le servir de son bras. »
Ëudore raconte à son tour à Dorothé les événements qui s étoient passés dans la Grèce. DoyTOthé s'engage avec joie à conduire v.ers Hélène l'épouse du fils de Lasthénès. Une galère napolitaine , prête à retouriier en Italie, se trpuvoit au port de Phalère, non loin du vaisseau de Dorothé : Ëudore la retient pour son passage. Les deux voyageurs fixent ensuite le moment du départ au troisième jour.de la fête des Panathénées. Démodocus arriva pour cette époque fatale , avec ^a triste Gymodocée ; il alla cacher ses pleurs dans la Citadelle où le plus ancien des Prytanes, son parent et son ami, lui donna l'hospitalité.
Le fils de L#sthénès a voit été reçu par le docte. Piste , évêque d'Athènes , qui brilla depuis dans ce concile de Nicée, où Ion vit trois prélats ayant le don des miracles et ressuscitant les morts, quarante évêques confesseurs ou martyrs, des prêtres savants, des philosophes même, enfin les plus grands caractères, les plus beaux génies et les hommes les plus vertueux de l'Eglise.
~ La veille de la double séparation du père et de la fille, de l'épouse et de l'époux'f^^dore fit savoir à Gymodocée que tout étoit prêt, et que le lendemain, vers le coucher du soleil^ il