‹ Œuvres complètes de M. le Vicomte de ChateaubriandChapitre 148 sur 182 · TOME xvni · texte numérisé non relu

TOME xvni

» sacrifiais interdicant. Haec jpœna apud eos est gra-^ » vissima : quibus ità est inieraictum , it numéro impio- » rum ac sceleratorum habentur ; ab ils omnes décédant , » aditum eorum sermonemqiie defugiunt, ne quid ex » conta|noDe incommodi accipiant : neque lis petentibus » jus redditur, neque honos uUus communtcatur. Hisauj> tem omnibus Druidus praeest unus , qui summam inter » eos habet auctoritatem. Hoc mortuo , si quis ex reliquis » excellit dignitate, succedit. At, si sunt plures pares, » suffragio Druidum adlegitur ; nonnunquàm etiam de » principatu armis cootendunt. li certo anni tempore in » tinibas Caruutum , quae regio totius Galliaç média habe^ » tur, considunt, in ioco consecrato. Hue omnes undi- » que , qui controversias habent , conveniunt ; eorumque » judiciis decretisque parent. Disciplina in BiHanniâ re* » perta, atque inde in Galliam translata esse existimatur ; » etnunc, qui diligentiùs eam rem cognoscere volunt, » plerumque , illp , discendi causa , proficiscuntur.

» Di*uides à bello abesse consueverunt ; neque tributa » una cum reliquis* pentlunt • militiae vacationem , om- » niumque rerum habent immunitatem. • Tantis excitati » praemiis, et suâ sponte multi in disciplinam conveniunt » et à parentibus propinquisque mittuntur. Magnum » ibi numerom vei'suum eaiscere dicuntuiv .........

» Impnmis hoc volunt pfiWadere, non inteiire anin^as, » sea ab aliis post mortem transire ad alios ; atque hoc » maxime ad virtutem excitari putant , metu mortts ne- » glecto. Multa praetereà de sideiibus atque eorum motu, » de mundi ac terrarum magnitudine , de rerum naturâ , » de deorum immortalium vi ac potestate disputant, et » juventuti tradunt. »

Tout ce passage de César e$t excellent et d'une clarté admirable; il lie reste plus que très-peu de chose à connoitre sur les classes du clergé gaulois. Diodore et Strabon, confirmés par Ammien-Marcellin , compléteront le tableau : '

« Leurs poètes^ qu'ils appellent Bardes, s'occupent à composer despoëmes propres à leur musique -, et ce sont eux-méiues qui chantent sur éeê instioiments presque semblables à nos lyres , des louanges pour les uns , et des

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invectives contre les antres. Ils ont aussi chez eut àes t4ûlosophes et des théologiens appelés Saronides , pour lesquels ils sont remplis de vénération C'est une coutume établie parmi eux, que personne ne sacrifie sans un philosophe ; car , persuadés que ces sortes d'hommes connoissent parfaitement la nature divine, et qu'ils entrent potv ainsi dire en communication de ses secrets > ils pensent que c'est par leur ministère qu'ils doivent rendre leurs actions de grâces aux dieux , et leur demander les biens qu'ils désirent Il arrive souvent

que, loi'sque deux armées sont près d'en venir aux main», ces philosophes se jetant tout à coup au milieu des piques et des épées nues , les combattants apaisent aussitôt leur fureur comme par enchantement, et mettent les armes bas. C'est ainsi que , même parmi les peuples les plus barbares , la sagesse l'emporte sur la colère, et les Muses sur le dieu Mars^ » (Diod. de Sicile, liv. v, trad. de Terrasson.) « Apud uni versos autem ferè tria hominum sunt gênera quae in singularihabentùr honore ; Bardi , Vates et Druidae : hôrum fiardi hymnos canunt poetaeque sunt; Vates sacrificant et naturam rerum contemplantur ; Druidae praeter hanc philosophiam etiam de moribus disputant, (otrab., lib. iv. )

J'ai rendu par Eubages, Ovdérsi; du grec de l^édition de Casaubon , et que le latin rend par Pâtes, Je ne vois pas pourquoi l'on veut , sur l'autorité d'Ammien , qui traduit à peu près Strabon , que le mot Vates soit passa dans le grec au temps de ce géogi*aphe. Strabon, qui suivait peut-être un auteur latin, et qui nepouvoit pas traduire ce mot Fates, l'a tout simplement transcrit. Les Latins de même copient souvent des mots grecs qui n'étoient pas pour cela passés dans la langue latine. D'ailleurs, quelques éditions ordinaires de Strabon portent Euha^e et Eubage. RoUtn n'a point fait difficulté de s'en tenir au mot Eubage.

Ammien-Mai'cellin , confirmant le témoignage de Strabon , dit que les Bardes chantoient les héros sur la lyre ; que les devins ou Eubages cherchoient à connoître les secrets de la nature, et que les Druides qui vivoient en commun, à la manière des disciples de Pythagore,

s'occupoient de choses sublimes , et enseignoient Ftmmortalité de rame. ( Amm. -Marcel. ,lib. xv. )

Page 74. île de Sajne! etc.

On a tix)is autorités pour cette ile : Strabon > lib. iv ; Denysle Voyageur, v. 570, et PomponiusMela. Gomme je n'ai suivi que le texte de ce dernier, je ne citerai que lui : « Sena in Britannico mari Osismicis advei'sa litto- » ribus, Gallici numinis oraculo insignis est : cujus an- • tistites, perpétua virginitate sanctae, numéro novem » esse traduntur - Barrigenas vocant, putantque ingei> niis singularibus praeditas, maria ac yentos concitare » earminibus, seque in quae velint animalia vertere , sa- » nare quae apud alios insanabilia sunt , scire ventura et » praedicare : sed non nisi deditas navigantibns , et in » id tantùm ut se consulerent profectis. » (Pomponius Mel., m, 6.)

Strabon diflere de ce récit , en ce qu*il dit que les prétresses passoient sur le continent pour habiter avec des hommes. J'avois , d'après quelques autorités , pris cette île de Sayne pour Jersey j mais Strabon la place vers Tembouchure de la Loire. Il est plus sûr de suivre Bochart (Geograph. sacr. , p. 740) et d'Anville (Notice de la Gaule , p. 595 ) , qui 'retrouvent llle de Sayne dans Tiie des Saints, à l'extrémité du diocèse de Qu imper, en Bretagne.

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