‹ Œuvres complètes de M. le Vicomte de ChateaubriandChapitre 15 sur 182 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

avoit acquis toute sa splendeur, on décida dans le calme ce qu'on avoit discuté dans l'ivresse, alors que le cœur ne peut feindre, et qu'il est ouvert aux entreprises généreuses.

» On se détermina à faire des propositions de paix aux Romains ; et comme Mérovée, fidèle à sa parole , avoit déjà obtenu ma liberté de son père, il fut résolu que j'irois à Tinstant porter les paroles du conseil à Constance. Zacbarie et Clothilde vinrent m'annoncer ma délivrance. Us me conjurèrent de me naettre en route sur-lechamp, pour éviter l'inconstance naturelle aux Barbares. Je fus obligé de céder à leurs inquiétudes. Zacbarie m'accompagna jusqu'à la frontière des Gaules. Le bonbeur de recouvrer ma liberté étoit balancé par le cbagrin de me séparer de ce vieillard. En vain je le pressai de me suivre, en vain je m'attendris sur les maux dont il étoit accablé. Il cueillit en marchant une plante de lis sauvage, dont la cime commençoit à percer la neige , et il me dit ;

(( Cette fleur est le symbole du chef des Saliens et de sa tribu ; elle croit naturellement plus belle parmi ces bois que dans un sol moins exposé aux glaces de l'hiver ; elle efface la blancheur des frimas qui la couvrent, et qui ne font que la conserver dans leur sein, au lieu de la flétrir. J'espère que cette rude saison de ma vie, passée

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