TOME XVIII
» à leur propre raison; je leur enverrai mod » fils y rAthéisme, amant de la Mort et ennemi » de l'Espérance^ Ils en viendront jusqu'à nier » l'existence de celui qui les créa. Vous n'aurez » point à livrer de combats , dont rissue est » toujours incertaine : je saurai forcer rÉternel » à détruire une seconde fois son ouvrage. )»
A ce discours de l'Esprit le plus profondément corrompu de l'abime^ les Démons applaudirent entupiulte. Le Lruit de cette lamentable joie se prolongea sous les voûtes infernales. Les réprouvés crurent que leurs persécuteurs venoient d'inventer de nouveaux tourments. Aussitôt ces âmes y qui n^étoient plus gardées dans leurs bû-^ chers, s'échappèrent des flammes, et accoururent au conseil; elles traînoient avec elles quelque partie de leurs supplices : lune son suaire embrasé, l'autre sa chape de plomb, celleci les glaçons qui pendoient à ses yeux remplis de larmes, celle-là les serpents dont elle étoit dévorée. Les affreux spectateurs d'un afireux sénat prennent leurs rangs dans les tribunes brûlantes. Satan lui-même effrayé appelle les spectres gardiens des ombres, le^ vaines Chimères, les Songes funestes ^ les Harpies aux sales griffes , l'Épouvante au visage étonné, la Vengeance à l'œil hagard, les Remords qui ne dorment jamais, Finconcevable Folie, les pâles Douleurs et le Trépas.