‹ Œuvres complètes de M. le Vicomte de ChateaubriandChapitre 51 sur 182 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

inspire me parurent propres à favoriser la descente des Barbares». Je crus donc devoir placer une garde sur cette côte , et je résolus moi-même d'y passer la nuit.

» Un esclave que j^avois envoyé porter unç lettre à Velléda , étoit revenu avec cette lettre. Il n avoit point trouvé la Druidesse : elle avoit quitté son père vers la troisième heure du jour ^ et Ton ne savoit ce qu elle étoit devenue. Cette nouvelle ne ût qu'augmenter mqs alarmes. Dévoré de chagrins y je m'étois assis loin des soldats, dans un endroit écarté. Tout à coup j'entends du bruit, et crois entrevoir quelque chose dans Toinbre. Je mets l'épée à la main , je me lève et cours vers le fantôme qui fuyoit. Quelle fut ma surprise, lorsque je saisis Velléda!

«Quoi, me dit^elle à voix basse, c'est loi!

Tu as donc su que j'étois ici ? »

— «Non, lui répondis-je; mais vous, trahissezvous les Romains P »

— « Trahir, repartit-elle indignée ! Ne tai-je pas juré de ne rien entreprendre contre toi ? Suis- moi, tu vas voir ce que je fais ici. »

» Elle me prit par la main, et nie conduisit sur la pointe la plus élevée du dernier rocher druidique.

» La mer se brisoit au-dessous de nous parmi des écueib avec uti bruit horrible. Ses tour-

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