LIVRE XIII. J
plus graves comcne Ie& plus hautes, réfléchi^ séiîeux y occupé , éloquent au cooseil , brave à la guerre, et conservant des passions d'autant plus propres à atteindre un but élevé , qu elles n'é* toient plus mêlées dans son âme aux petites choses. Il connoissoû Tienipire d'Hiéroclès sur Galérius , et de Galérius sur Dioclétien. Il prévojoit que le sophiste persécuteur de Cymo* docée ^abaûdonneroit aux plus noires fureurs contre les Chrétiens , quand il viendroit à découvrir l'amour et la conversion de la prêtresse des Muses. Ëud(u*le aperçoit d'un coup d œil tous les maux dont l'Eglise est menaoéei et il cher^ che à les détourner : avant, de se rendre à Lacé-démone avec sa famille , il fait partir un messager fidèle , chargé d'instruire Constantin de la vérité, et de prévenir auprès d'Auguste les dangereux rapports d'Hiéroclès. .
Comme le préfet d'Achaïe descendoit de sott tribunal, Démodocus et sa jSMe arrivoiept au temple d'Homère. Les feux n'étoient point encore éteints sur les autels domestic^ues ; Démodocus les fait aussitôt ranimer. On conduit au sanctuaire la génisse .^ux cornes dorées; on apporte au prêtre des dieux une coupe d'argent ciselé ; c'étoit celle di;>nt se servoient autrefois * Danaiis et le vieux Phoronée, dans leurs sacrifices. Une .main savante avoit représenté sur cette
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coupe Ganymède enlevé par Faigle de Jupiter | les compagnons du chasseur phrygien paroissoient accablés de tristesse y et sa meute fidèle faisoit retentir, de ses aboiements douloureux , les forêts de Tlda. Le père de Cymodocée remplit cette coupe d'un vin pur ; il se revêt d une tunique sans tache , il couronne sa tête d'une bronche d'olivier : on l'eût pris pour Tirésias , ou pour le devin Amphiâraiis, prêt à descendre vivant aux enfers avec ses armes blanches, son char blanc et ses coursiers blancs. Démodocus répa&d la libation aux pieds de la statue du Poëte. La génisse tombe sous le couteau sacré ; Cymo-^ docée suspend sa lyre à l'autel; ensuite adressant la parole au cygne de Méonié :
t( Auteur de ma race , ta fille te consacre ce , luth mélodieux que tu pris soin quelquefois d'ac^ corder pour elle. Deux divinités, Vénus et l'Hymen, me forcent de passer sous d'autres lois : que peut une jeune fille contre les traits de l'Amour et les ordres du Destin ? Andromaque ( tu l'as raconté ) ne voyoit dans la superbe Troie qu'Astyanax et son Hector* Je n'ai point encore de fils, mais je dois suivre mon époUx. »
Tels furent les adieux de la prétresse des Muses au chantre de Pénélope et de Nausicaa.
Les yeux de la jeune vierge étoient humides de larmes : malgré le charme de son amour , elle