CODES
Dans, de leur beMÎn de tutelle et de.protec*tion f Le moBaeat .où ils conteMerotetit nos bienfaits et nos services deviendroit un moment daiigev€«ix poup ràmitîé.;.>Gft( s'ila nous per^uadpient y nous lious croirionseanâivertn ; <tti ep ébriintant ainsi. la sali^act4o0 que nous 4¥pns d^ nousrfQémes., Us >noiis;ffendroién^ pleins heureux , ^t QjOM$.parôîti*oîent «notits aim^blefit. La recpn.rio}^9n€e ^ séparée' même ^e toi) te espèce d'€^6(^^4e.touier.e4>^oé de. retour jçq, actions réellf^» f$A40Uc0.à celui 9ui en e^tiVob^et ; ' c;t . ce >n'est p^jSsr&n iribut onéreux quUin çiijnple sentini^ni(!MM>«ii;ce n'en eçt; pas xiii i et , pl^Çr. notirè bi^faîjtefïr )r attache de pr^X) plus U|èfttdfgneid'^nioptr^
Vorgueilleqx acq&|)|e -^^Itôsi d?^ .boofi^ mais il semble aspirç^-. ,^ jçs. inip(Qiiï.er..4®^«0fiL unique autorité ; ils'attribu4S deSidrX^îM^.et.ii les exerce avec tyrannie ;:il ned^maobde^xas , il exigei; etpQur se soi^trairel.à.iOi^letobiiga^ tîon, il dit en son cqeur :Jlfo puisfaiw^ iekJm force de map^ain inf>m acquis Umsi çeiibmns^ Mais lorsqu'il yfiil t^t rapportif .à^ui ^| toùti lui est.co)ite$té; ou ce p)aU à dérPBger.l'opi^ nion qu'il ;Ei|de lui^xn^pe.^ 0t If 9» tend deb pièges à ^pn ^yeu^ cpB^^iiQe. . ; n 1 : « • • ^
C'est k IJîwiabM qu'il îftMlç^^ter-le^
I>£ MORALE -BKLIGIEIÏSS. d6S
boiDni€;$ àfaire notre part ; autreînent ils noua refusant mêtxie'Ua rédeyances les plxis justes ^ «f la dette la, mieiix. reconnue. Telle est la loi d^s amojurs-proprel^ tel est le pacte des vanités; ou leur convention tacite. Disons-le/donc aus^ orgueilleux ;* iJs ne songent qu'à eu*:i ; et' dans leur seul amour ,dajïs leur seul int^têtv ilssont^ encore des caictilateurs ignorons /et des spé-^ culateurs malhabiles. .. ^
Ne verrQÎ^ntrils pas encoîç.jlies au très. désavantages attachés à leur caractère ;- ne v?i!- TQient-ils pas.que le sentiinent intime de Içpr, supériorité , ce contentement calme. ^. sann méUug^ dedoutes y les. fixe k la mémepUi^t et .{es^emp^he di& ti^s^vailler à Taccroii^^inei^t de lepri sçi^dfice 9- qn . au perfectionneroenjt, (|^
leufi^ facultés? . , ,»
JEijifip ,, ^n ,|i)alh^r; de rprgueillfux , c'^t qye l'accumulation des avantages dont il jo^ît et dont il -^p iglqrifte ^ ,ne^ fs^it Jamais s.ur lui qt^uqe /;impffession iinifortpe^ ILne se; pe^d \^rs^m 4e vi|£i; ^t.fw assistant topjoi^s.aiu i^ffpe spectaicle, nuU^. yariéJbé ne. vi^nt comt/ l^osçr s^s prlaî$irs.^ - n •
;^ Les hoinmeis qpiiont, le plns,:à se^déjfeçfciFp des séduc|ioi^s.4ft l'prgiiçil et de'Ses noncbalaotQS habitjqHdi,çj9i,. ce i$ont |^ rqi3 9 ce sont les
princes. Comment échapperoif nl<ils aua piégM qu'on tend de si bonne heure à leur erédule amour^prôpre ? On fait bruît auprès d'en^ cW leurs qualités 9 et Ton nè^au^ dû leur» dé^ feùts qu'à t'écài^t , et k ^oitt bBêêë.; Les droite que donne la naissance leur son trepriéseniés éomm'e un héritage saivs ôonditto^n > et oe qà^h font pour les autreii est eéléhré comme ûnë munificence.
Cest vous Sttitèut qui éteS edupabl«s , vous qui les trompez 5 vous qui leur dissimule^ lëê obligations dont ils sont l»esponaabtes ^ et Fétendne des travaani auxquels ils doivent stf former dès leur jeunesse» Ah ! si vous leui^ a^ prenei k être orgueil leùx avant* cTayoir rîeilf »kétité , eomthent se tiendront^ils préu à dis^ puter contre le malheur ? comment ponrï^ht-^ ils supporter leë jeux^dèlàidrluhëet lès Ira-
Verses du monde ? '*■ '
Ne eonfondoâs point ^e^ertdîttft avec l^ôi^ gueil la dij^ïté qui Sied iu^ prrifiètoé , aàrt topiL¥ gistrsfis, à toittes leS' pe^sohiié^ en àiif«t«lfd 'dans rëtat ; dighîlé qtiFeiitkéicâpfeéitfli^éaiidff d'un accord entre les sèntimeA^iSéïhtittiiié è1 les hautes fotadtlotiS déttf iî^ld^t^ëVéfûi'^ca^S'il
DE MORâLS KÈLIGXEVSE. 067
nonceroit qu'il ignore l'importance 4e sôit ministère public; ri paroitroit insulter volontairement au choix qu'on a fait dé lui , ou aux droits quHl tient de sa naissance. Ainsi la du gnité, dans sa perfection , peut exister fians aucun orgueil ; elle fie doit point naître d'une opinion exaltée de sa personne , ou d'à tienne jouissance délicieuse de soi-tnéme, mais d'une juste idée des convenances ; elle est comme une sorte d^appel aux sentimienis de respect ^ aux égards qu'il nous importée à tous de vendre aux rangs et aux grandes places , afin d'assurer Tordre social , et plus essentiellement encore afin de concourir au maintien de la liberté | ' car les dhels d'un état ^ au moment où ils sont dépouillés de l'aBsistance que do'hne la o<>nsi«> dérationVont recours Jv la erainte pour se sau« fer du mépris ; et ils s'enviranneni alors des fiaisceaux du despotisme, et de tyus les^ppa*^ reils de la tyrannie*
•La dignité a donc son application et s6n avaiitagè publio, tandis qUe l'orgueil n'est jamais d'aucun service. Ces dettx ^caractères ont quelque ressembiabce an dehors, mais aucune dans leui^ eésence. • L'brgueiUe^ic eii autoritéatttre à lui, s'approprie tout ce qui le décore; et l'homme ^ui rém^t uti 'pbstp
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éminent avec dignité , rend hommage an pou** voir dont il est dépositaire.
Enfin, les particuliers eiu-mémes* sont susceptibles d'une dignité absolument distincte de i'orgueil; car des sentimens nobles, un caractère élevé, donnent à Tâme une empreinte uniforme , une assiette paisible; c'est le commencement de la dignité; elle s'affermit, elle s'achève, si l'on élève ses regards vers un plus noble but que lopinion versatile des hommes, et si Ton dédaigne alors cette souplesse sociale qui prenid toutes les formes, s'asservit à tous les goûts, et se voue ^ l'imitation.
11 est d'ailleurS' des qualités morales qui, en attirant rhoramage^des autres , deviennent une sorte de magistrature : la dignité leur sied, la dignité leur est nécessaire ; et iln y a point d'orgueil dans cette alliance. Un tel caractère perd toutefois en beauté , lorsqu^il se laisse atteindre par un sentiment de fierté; à.motns que ce sentiment, loin d'être' hostile, ioiii d'être insultant pour Les autres, ne serve qu'à nous affermir contre les disgrâces. de la yie et les injustices des hommes. O. quelle administration nous a été coiyfiéeî Nos défauts., nos qualités se touchent. Prions notre Père céleste
DC MORALE RfLlGIElTSE. 269
de nous aider à remplir notre tâche; et prions^ le de i\ous pardonner nos faiblesses et nos erreurs.. C'est avec lui que nous pouvons com^ J^attre, et cest par. lui que nous pourrons triompher.
Nous nous sommes peut-être arrêtés trop long -temps sur les considérations sociales propres à détc)urner un esprit sage des idées et des sentimens d%>r|g;ueil ; mais notre minis-r tère de paix et de charité ne doit rien rejeter de tout ce qui peut rendre les hommes meil* leurs, ou plus heureux; et rien n'est petit de tout ce qui peut atteindre à un si grand but. Quittons cependant les pensées mondaines , et, nous attachant au s^ns religieux des paroles de notre texte, considérons l'homme en présence de la Divinité. Il est devenu fier de ^Qs trésors, de son crédit, de son autorité; et, rapportant à ses. talens et à son mérite les succès qu'il obtient, la prospérité dont il jouit, il oublie. son Créateur, et se dit à lui-même et dans son cœur { Ma puissance et la force de nia main m'ont acquis tous ces biens. Quel orgueil! quel aveuglement! OÉiernel! est-ce à vous que l'homme peut adresser ce langage; à vous qui avez le secret de ses facultés; à vous qui l'avez tiré du néant; à vops qui ave£
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animé Hk poossière; à vous qni loi avee dit Aoift» et il a été; {>en$e, el il a pensé; sou* Tiens-toi, et il s'est souvenu ; choisis, ^^ il ^ choisi ; forme des voeux , et il en a formé; de*^ viens heureux , et il Test devenu ?
Oui, gens de petite force et de grand orgueil , vous n'avez fourni aucun des élémens de votre existence, aucune des facultés d^ votre esprit , et vous n'avez pas été appelés à conseil quand votre organisation a été prépa-* rée ; quand vous avez été figurés , terminés ; quand vous avez été faits ce que vous êtes.
Votre volonté , votre instinct, vo$ moyens de perfection , tout est l'ouvrage du Dieu fort. Il a formé le vase, il Ta modelé de ses mains, et il y a versé des dons gui ne viennent nid' Orient, ni d' Occident j ni du Désert , mais de sa gêné-* reuse bonté et de sa toute -puissance; et l'un des apôtres de l'Évangile a combattu l'orgueil , mieux que notre foible voix ne pourroit le faire , en consacrant sa pensée par ces rnémo^ râbles paroles : Qù' as-tu ^ que tu ne r aies reçu 9^ et si tu Vas reçu , pourquoi t'en glorifies-tu ?
Une réflexion si frappante déjoue et rend presque ridicule la fastueuse confiance de l'homme dans ses avantages personnels, el l'orgueil qiie lui inspirent sa beauté , son es*
DE MORAI.I IMEULIGIEUSE. tjl
prit, 40ni'i*it)|^ et sa fortune. ll*lèl^e la téM awec imoïençf: i il regarde les autres avec méit pris 9 et toute la n^iture semble lui dire : Qu'^is^ Ué^ ^uefUMe raies reçu? ^i situ V as reçu y pour* quiQi ('en ghr^s-^u? Tu e$ nwv la terre au méiQe titre que tf s inféyeurs ; au même titr^ •ncx)re 4)ue les êtres soumis à ta domination , et qui, entraînas par leur inMinct, fendent les eauK , se meuvent sur la terre , ou se ba^ lancent dans les airs. On pourrpit leur par-** donner plus qu'à toi d'être orgueilleux; car Us se croient immortels; ils se jugent pai[faits; aucun discours ne les désabuse, aucune çom** paraiiion ne les hum^ilie; et Tennemi qui leur fait la guerre* ou qui les subjugue , ne let»i? paroit pas un maître, mais un danger. L'homme^ au contraire, est instruit par son esprit même des bornes de ses facultés ; il apprécie ^a foiblesse , et chaque instant Ten avertit. Il porte en arrière sa méditation; il atteint l'avenir par sa prévoyance; il mesure les ciei^x, il sonde les abîmes; et partout il trouve dea se-* crets impénétrables. Il est lui-même un admirable pbénomèiie; mais il ne s est point com-» posé, il ne s'est point formé \ et si morale^* ment il paroi t s'élever, se grandir par sea propres efforts, ce qu'il peut s'ajouter est
%'J2 COCAS
compassé , et ses mc^ens de perfection il le§ a reçus d'un Être suprême , il les doit à son Dieu. «'
Et voudrions-DOUsi, dans nos momens d'orgueil , tenir tout de nous-mêmes ? Ce vœu , s^il étoit accompli, dégi^^deroit notre destinée; car c'est à notre état de dépendance que nos plus belles espérances sont attachées. Que promettent en effet àThomme ébloui de son rang, de sa fortune, desa réputation même; que lui promettent ses plus hautes pensées?
rien qui ne soit passager; et son imagination, que peut-elle lui peindre? rien qui ne perde sa couleur, rien qui ne s'efface en peu de temps, même à ses propres yeux. Hélas! il est encore orgueilleux de ses pompes, qu'il s'j déplaît et qu'il cherche un autre bonheur!
Âh ! qu'il prenne ce moment, pour remarquer près de lui l'homme modeste et reconnoissant; l'homme qui cherche ses droits aux avantages dont il jouit, et qui s'intimide delà louange; l'homme qui parle des autres , et qui songe à eux^ l'homme qui semble s'oublier, au mi-* lieu même de sa gloire. Combien est doux pour nos yeux un^ pareil spectacle ! c'est la beauté , relevée de tous les charmes de l'in-* nocence.
Mais que Forgueilleux surtout contemplé avec envie Thomme qui, pénétré de l'idée d'un Être suprême, rapporte à la faveur céleste les divers biens dont il jouit : son front est radieux, 'et la sérénité se peint sur tous ses traits : il croit qu'il doit tout à son Dieu ; il croit qu'il en est aimé; il dit avec confiance, il dit avec fierté : J'appartiens au Maître du inonde; et son plus grand honneur, sa première gloire, c'est le nom de son bienfaiteur. Il n'a pas, comme l'orgueilleux, à considérer sans cesse si leshomn)ages dont il est l'objet sont dans une exacte proportion avec ses droits ou avec l'opinion qu'il a de lui-même; il n'est pas à la peine pour cultiver sans relâche une grandeur d'apparat , une considération toute factice; n n'a pas, comme l'orgueilleux , un rôle à surveiller, un rôle à soutenir. Tout est réduit au plus simple pour l'homme qui ne présume point de lui-même, et qui s'unit parla reconnoissance au Régula** teur de nos destinées , au Maître souverain des événemens; il place à grande distance ses plus précieuses espérances; et les guerres d'amour-propre ne touchent point à son bonheur, n'assaillent point son trésor. Qu'alors il se fait aisément à toutes les situations, à XIII. i8
a^4 CODES
la vie domestique « comme au bruit du monde; k l'obscurité, comme à la reoommée-; aux tributs circonscrits de re5time,commeaux adulations sans bornes qui entourent les grandes places! Orgueilleux, je vous le demande encore, que mettez- vous en parallèle? Vous n'êtes propres qu'à un seul état et à une seule circopstance. Il faut que la fortune tous serve, et qu'elle vous serve toujours ; mais vous ue changerez pas son inconstance ; elle va s'éloigner, elle va vous quitter; vous ne paroîtrez plus que l'ombre de votre grandeur passée; et, rentrant en vous-inémes, vous serez déchirés par vos regrets; vous deviendrez la victime de vos pensées d'habitude, et la proie de vos souvenirs. Des amis? vous n'en avez pas voulu : vous avez cru que. tous les hommages vous étoient dus, et aucun sentiment libre ne s'est porté vers vous. Des bienfaiteurs ? ce nom vous auroit fait rougir ; et les titres'mèmes de la protection céleste, vous les avez méconnus. Votre appui, vous ledisiez, c^éloit votre puissance et la force de votre main. Tout étoit en TOUS , et vous n'êtes plus rien. Où chercherez- Tousdonc une association à tos peines? où trouverez-TOus des consolateurs ?
G qu'elle est éclatante, la défaite de l'or-
gueilleux! et souvent encoice elle' est remarquable par sa rapidité, et par la petitesse ^* parente des motifs qui l'occasionnent et des moyens qui la produisent. L^Hi^toire nous offre partout des exemples à l'appui de cette vérité : et qui de vous n'a pas lu, dans les Livres sacrés, et 1 étonnante élévation et l'é* tonnante disgrâce de ce superbe Aman, le favori. d'Assuérus, et le dépositaire de toute l'autorité du plus grand roi de la terre? La foule suivoit ses pas; on trembloit à sa voix, et chacun fléchissoit devant sa toute-puissance. Un seul homme, sans marque, sans distinction; un juif obscur, assis aux portes du palais, ne se prosterne pas en le voyant passer, et sembla contempler avec indifférence le fastueux cortège de l'orgueilleux mi« nistre. Aman ne voit plus alors que cethomme; il oublie les hommages qui* lui sont prodi« gués pour ne s'inquiéter que d'une seule exception ; et, se livrant à un sentiment de ven-* geance , il a recours à des moyens criminels qui précipitent sa 'chute. Ësther, jeune et timide Esther, vous futés la foible main dont Dieu se servit pour déconcerter l'orgueil d'un homme parvenu au faîte de toutes les gran-« déurs , et pour renverser son édatante fortune*
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Oui^ ministres puîssans, et vous aussi, ina« narques ou princes de la terre, vous êtes soumis à la commune loi , et vous apprenez par votre expérijcnce combien la couronne d'or-gueii est fragile. Vous faisiez le compte de vos richesses et le recensement de vos soldats; vous appeliez invincibles vos flottes et vos armées; et un vent a soufflé, qui a détruit vos fières espérances. Vous n'avez pas songé à Dieu ; mais il a songé à vous. Il dit à Torgueilleux : Je sais ta demeure , ton entrée et ta sortie.... Ton insolence est montée à mes oreilles ; et je te forai retourner par le chemin par lequel tu es venu. Tu as dit : jivec la multitude de mes chariots y je suis monté au haut des montagnes^ aux côtés du Liban ; et ta, je couperai les plus beaux cèdres et les plus beaux sapins.... Et déjà la fille de Sion t'a méprisé, et la fille de Jérusalem s'est moquée de toi.
Les nations,. comme les rois, peuvent se laisser entraîner aux idées et aux sentimens d'or<gueil. Les succès à la guerre, l'abaissement de ses rivaux , l'agrandissement de son pays par des conquêtes; enfin , le nombre et l'éclat des triomphes sont des résultats magnifiques , et dont l'imagination est frappée. Les victorieux alors se persuadent aisément qu'ils sont appe-
lés par leur destinée à régner sur la terre;- et , dans rivresse de leur confiance , ils ne v^ieat aucun terme à leur grandeur et à leurs prospérités. Mais qui a fait le compte des événe* mens dont le temps est dépositaire 9 et qui les a sondés ? Rome s'appeloit encore la ville éternelle lorsque des barbares vinrent la saccager et la réduire en cendres.'£t quelle puissaiice est à l'abri des revers? Où*esl la gloire i>tèlîe hauteur, que le sort n'y puisse atteiadre? No^ passions, à défaut d^au très ennemis, ne sont* elles pas un moyen toujours subsistant de ruine et de destruction ? Qui le sait! nos vanités en combat, nos prétentions hostiles^ suffiront peut-étre à elles seules pour déjouer nos projets ambitieux, pour arrêter nos vastes entreprises ; et, semblables dans lepr effet à la division des langues,, elles pourront nous coutraindre à laisser au milieu du mpudj^ nolxe tour de Babel iraps^rfaite ; à l'y laisser^àreseQ»** pie des enfans de Noé, non comme un signe éclatant de notre génie, mai$ comme un mo** nument de notre orgueils J^h] çf^ignons, non pour nous affliger, mais p^ur nous tenir sages , ou nous rendre modestes ; . craignons qu'un jour on ne puisse nous dire : Vous avez voulu dicter des lois à l'univers entMsr^ et vous
Ù'jS " COURS
ne ^pouvez régler vos intérêts domestiques ; Vcfu j avez voulu donner des plans de gouvernement à tous les peuples, et le vôtre , rempli tlVrreurs, pénétré de fautes, est une source intarissable de factions; vous vous êtes montrés au de^'ors comme des lions rugissans, et el^çz vous' On vous a rendus souples, et vous èlm béninâ'souâ la verge du despotisme.
'''•Déjà pbilrtàkif hbus nous sommes appelés la grande nation ^ et nous ne voyons aucun peuple en état de nous disputer ce titre ; mais l'étendue d'un pays et le nombre de ses soldats peuvent donner de la crainte à leurs voisiuk sans leur inspirer du respect. C'est donc la grandeur morale qui honore les nations;
et celle4à, le temps seul en investit avec auto-
• * rité, Je teitips seul là décerne. Il faut, pour y
acquérir des droits,' non pas seulement de la
vaiManée^ hiais encore un caractère éclatant
de^ justice et de générosité; il faut des opinions
en ï*apport avec le^ principes de la vertu que
les hoYhmes révèlent; il feut de plus que la
félicité publique -serve de témoignage à la
bonté des lois , èt'q'oe les prospérités de là paix
offrent à tous les regards le but et l'indemnité
des sacrifices de laguerre^ Une nation, pour
atteindre à la grandeur morale, doit encore
JDE MORALE RELIGIEUSE. S79
présenter le spectacle d'une confiance mutuelle entre les citoyens; d^une sécurité générale, et d'une estime habituelle pou:^ IèJï*premiers magistrats et pour les chefs de f*état. Enfin une nation , poui* atteindfe à là grandeur morale , doit surtoà t ùfftit le prétiéul exemple d'une liberté véritable , d'une liberté sans fiction, d'une liberté qui élevé Tàme et qui sympathise; dans son action, arec les précautions nécessaires au' lïraihtien dé l'ordre soicial. La grande nation ! Âh ! le titre superbe^ quand il est mérité, quand \a, con^ittion des esprits , quand Thommage des cœurè, féfixeni! et le consacrent. Puisse notre France le rece- Toir un jour des mains^ de FHfistoire l ï^ûiffset-eHe, en rachetant tant d'erreurs et tant de forfaits, se présenter avec contiatfce à* ce' tribunal éloigné qfui n'a peur de personne; à cet augu'ste tribunal qui, seul dans l'univers, peut mettre à leur rang, avec hardiesse, les nations et lein*s chefs , les peuples et leurs' maîtres.
ïtous revenons à tous., à vôUs qui , potît^ la plupart, heureux dans votre obscurité, n'iivez rien à faire aux gfàndenrs du nionde. Refitfezvous auprès du âeigneùt , et célébrez dans son temple ses rnépuisabfës bontés; venez-y jouir
a80 COURS
tl*UDe émotion plus douce et mille fois plus douce qu'aucune ejialtation de Torgueil. Ah!
^i i*homme religieux veut aimer chaque jour davantage lareconnoissance, il songera, il se souviendra que cette vertu nous éleva la première à l'Être suprême; que la reconnoissance nous inspira le désir de mêler nos voix au chœur de^s anges; et que sur la terre elle renaît, s'anime et s'exalte à Taspect d'un beau jour , au retour du printemps , et lorsque nous contemplons les diverses beautés et les richesses innombrables de la nature. O re-. connoissance ! n'étes-vous pas encore pour l'homme quelque chose de plus; et la faculté qui lui a été donnée de se souvenir avec émotion des bienfaits de son Dieu n'est-elle pas au moins un présage des intentions du maître du monde? Elle nous avertit, elle nous; annonce que l'Être suprême veut avoir affaire avec la créature intelligente, veut entrer en compte avec nous? Et l'éternel , lorsqu'il jette un regard d'intérêt sur cette créature, lorsqu'il en attend un sentiment prolongé^ l'Éternel ne la fait-il pas immortelle ?
Yenez donc vous abaisser devant le plus généreux des bienfaiteurs. Il nous a tout donné ; ne l'aimerions-nous pas ? Ah ! que.
DE MORALE RELIGIEUSE. ' sSc
nous serions coupables, si nous disions au fond de notre cœur : Notrejpuissance et la force de notre main nous ont acquis tous ces biens* Que nous serions coupables ! mais nous serions peut-être encore plus insensés. Hélas ! ce souffle qui nous anime, cette parole, et l'esprit qui Téclaire , rien n'est de nous , tout est de notre Dieu. O Eternel! dans notre dénûment, dans notre foiblesse , nous n'avons à vous offrir que notre gratitude et nos actions de grâces. Ne rejetez pas cet humble tribut , et faites que nos louanges, que nos hymnes sacrés, s'élèvent jusqu'à vous, Etre des êtres, souverain maître du monde. Les deux des deux ne vous peuvent comprendre, mais nous sommes de votre domaine; nous sommes aussi les brebis qui composent votre troupeau, et toutes sont par vous comptées. O quel honneur pour nous de nous appartenir! voilà notre orgueil , notre titre de gloire ; nous n'en voulons point d'autres. Et nous serons assez élevés , si, près des routes superbes qui mènent à vos parvis; si, perdus dans la foule de vos adorateurs, nous pouvons un jour répéter la parole des anges , et nous écrier avec eux :
Saint, saint y saint est le Dieu d Israël, le Dieu de V univers ; tout ce qui vit aux deux est à lui;
aSa COURS
tout ce qui est sur la terre est à lui; tout ce qui vit, tout ce qui respire, tout, tout est à lui ; et dans les temps passés, et dans les jours présens, et dans les siècles des siècles.
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