BÈPLEXïOnS
négociant étend au loin ses pensées , er«*aban-* donne avec confiance aux spéculations de son génie ^ sûr de iroaver. partout 'dés principes conservateurs de sa propriété.
.« G'^at'à. l'abri des lois^de la morale qu'on fait usage de l!avemt. par des promesse* ; que la LGÎrcqlaiion^es richesses s'anime et s'accélère , et que tous les biens ont des signes dont le mouvement semble imiter l'action de lâv parole» 'V. • ' -
: C'est à l'abri des lois de la morale' qtte les ^nfans profitent , par leur soumissioii , del'expériencedes pères; et qu'au sein des familles, entre les époux , unr principe d'oirdre, latn péin* cîpe de réunion inspire de la patience^ et devient, pour Je bonheur commun, une'auto^ rilé, répara tHce. ♦.;..,...
.Enfin, c'est à l'abri dés lois de ktmoraleqne le.foible vit sans inquiëtnde aupirès des;p6u«yoîrs dont la foreè^erotlùen éfatde Fopprimev. Pauvres humains! vous » oherdËiéz. dans. (es în«- «stitutions politiques une sauvegarndei iqù^èilM .né peuven t jamais vous doniier âveb certiiaa^., et vous oubliez que; les lois de-lbimoralesont '.tout pour vous ; qu'elles sont la liberté ,'<|i»'4elles sont l'égalité , qu'elles sont la zoetUeure rapideseatalîon de vos intérêts/ ' - !
Oui, la liberté l car elle seiçoil aussi ei^tière que Iç mélange «de&^homtnes peut le permettre, si chacun ^ dàmsl s«s actions , o]iseryait la li^^ zoite (le.i^es droits jet de ses/devoirs : chacun indistinctei»fnt) magistrats et^subordonnés, jeunes et viseuac , ruihes et pauvres. ' '■ ■' ?
Qui y VépAiié ! car nous n'axiriiofilS' des^su^*rîeurs que par ..fiction, si* là ist&me justice appartenoit à tous , et si le^^ véritables sources du bonheur in'étoient jamais détournées.
Oui,. la meilleure repi^aeutation dé nos ih^
liâréts ! car où est la science qui surpasse - 1^
Juffliène i'ésprit dela^morale:: et comme'nft
pourroit-ota inous i £aire, le ^moindre bien ,: en
s'écartent: )die ^61 è8(>rit? M'>t i
liois delraifionetide sagesse , aublimes hnÉ ,
. qu'on .ne . peut (-étudier sans admintibn j volis
nous éjtesiivenuje9rdu.ciel*;;et;veii réprinlaift
. iMXSr passiims ,' eo lesirégladti,. en desdirigean r ,
vcmaamEez» làis de TM^^onie ^ésàtniè ia:>TéInb-
naence de iiotre Gsiraotràe;etioetittstuict(soékd
.qUihvSeim'bleftt di^^rd incompàl^îbk i aicec ios
autres! «oaliîlibns: des iiQtrenatiiure4; . ot!
' A^nênj kiiii q^ jA.imeteièidai9e,iiDtts.'pa['
isriâreil'emmf»i« die nosipUiaûns ,^lle en èst.au
.CMtrairelAtbîftIiliiislHitfif égfi^trioilje ellbûous
recommande la>tiio4éfati«n^fapMiA'/tette mot-
lO . HÉFLEXIONS
^ératipâ. 'B esfc' qu'-une priidèntç dislvibiilion ,
^^fie Mge bernai» ie de nos mo^enft^ £|t-«ee>
•40a.paâ9Îonfrc|uq aous accondcsions notre con-
:fiftiicè? : eileft^ -ib' ont poitit ide ^ système 4 %t fst
.règnfitrit.':$iiiT:j^iaus..qtifi, par £tnporti3inènt; 6t
quand elles 'août ont égalés, qoaiird eltegîorntt
jïOpfti^d^ patmaTietigie obéiasàtKiè'^' elles Dbus
abandoniflbéixt à. nos. regrette. .ïNotts essayons
<aioKSc;de.kiioQfiuirep9^hd)re anic conseils 'dB ia
raison; naaiaJËûufele temps que nous les avons
djélaisséfi^ noiisaf^Bens perda le contentement
qui nait d'ùnç parfaite harmooniie entre befs
'pbkisirs et 'la: sagesse, i^tre les faveoro de-là
mature et ieùrsnénagemeitt entendocr^* >- ;
Ces faveurs n'ont j^as:^ tépadkdUet^i Slir>lk
tei9r& aYee oeafcisrion ; ibutestontileiii^ idbps
'«te leÛR^duréê V iouies ontileilcs lînrîtes^ toutes
lottt im rapport^jà ;rlotve vorgpn^isaVion ; «t:€^est
.avec un £en!tîm^rttKi!ordeeiqQe»tiùs- detoss
<3i.}outé. yiiûik éerdenpiair«<|ue' leBlots dela^mo*
brale nousinipOae]1t>;oet) jjmuûa>ce8 Jois n^sont
c^ contraiUèttqnriaTec leiiMi»«ihete>>auquel4fs
hommes pensfteit aUtein^et 4èsiiitu&iiflre0v^4
hi[ vérité, >càiibidéré9i(natk qpq» oioAs^ukiiJtat
id'itolenierit^ 4fnats^dan0^btt«iit»tntnliMàlfié
<Boé%3tlëj^ datis^eèo^igMaé(r«^hittbtii oiii la j«w^
pas immédiafe : et c'est en les.^tappORtdrih, :A0mm^ ^iouÂ'l'livons déjà; diivàtttiMrs eiifiep
>' If jCtf^'fxrinoipes; aY<^9eDt - donb! rbesiatfl dliiiirt^ «autonté ;• > et) la irï^gion > pà^) se)cjSfiUim£L «^ '^qcey :devèk irenuplîr ^uc ia; kécni'«anè «si en»i^U9tei0itx:fiiîbii4jt!t(^ r.> u t;rn ..'.b r- .< - »
Qq^ la .iri!09nale>idie7Faîâ€(nii«miér£biSoci)?j^ septée' seuièi làplèbcimiimiîaimiëxl&.tiduteéiles ?&leulté8.'dë i'esprilvnl jdira que e^stcsonti^ :'fdhnô dedûittiigiicr ieiMiMnèiili^àiiiftté «ihÔBife -ci€rbade.A0S){)reiétsi4'et le iHmmenit^ièùi eHe»£B|k i'Ctnba^rrasxtaifis ^Tbiftd» eiu'ùï ah ' :: i^^a r ^'Qbe» kâ<*^intiv^lG'Reb9pistnm!oniteisbiSottqpi^ ' 4eniléei ; Wf i Ld anoiY âiamiDeaxip ^skmnés ^ ils lia considéreront comt^b und^skâaiBtiBf aËétniidé ^:i^i4tcifia t iniii ir^rkfntq iB jk l'<f niëuioàéleuips ^^ i^iirabns:) etHléilidtt pi^oœddietaettieiMMtnottifaiir
3 K^^^^iifinj^etpaaiMteBSiBd tfHff ;j^(XEr)hihilJors)éide ^>aâfgoimeawfiitsçah p ré^ea ttt é8B8Éfrlg awisiiMMnHifi, en si graiÉiiMlkilDbte( JtfuiiëiMn^
«2 tkif fKXtOifft -
des travaux cor|H)rels , cettâ Htiôrale dépafi(dbta leur enletidenlani; èfrylttu^Ê^dé «fempàf/îi» ne pourront jfti>»ais. eu saûÉP^i l^enohâiDefâèxît, «itrles tnqtîfs.' ' •• - • i • • i
Les insftttiievt*^ q^i rejettent l'assis tafAce de la ^religion «nr enseigtiant 4a imoi^le y s'eÉbr^ éent de montrer que Tintérét penonnel i^ii^iîft à rintérat^-public : vérité juste, inais^con9|}li- -qitée ' dànis^^âes: développeitiensv etj qu'on iiaii>- ^roîiinsensiblenient au nontbre-des préceptes douteux et des maximes conteatieuses ^ isî la •eeligîoii^iijd leur (k>nnoit:auciine «anctiou^ > ^ -: Il faiil? aux hommes , te}s< qu'ils sont et. par 4eur nature etipar leur situation dans l'ordjie -j^eeial , flj£»it>4iâK'homines une atitre autorilé H^iie le raÂs<n%ii«ment pourries attacher iul^observation de leurs devoirs^', ear ces deVotts -éoiplxiencien4r a^vant que^îreapiîtisoit culfi^é, (ëtrau moo^nt pu: .nousnàvons yipouvoiffdie fâire^du farBn^è^dumahiK^ ♦. » ': ' : ii.;;:.<..*r>
.:t;Rien doùcrn'iînpèrte pkrai'aulbfiatieiissfaf^ icaéimuiiiaiBtést)soolale&yrqi]é\lIàIliànpe 'défila
morale et de la religioiuiSHenésti vénéràfafe, oietfe ralUâfilo»4[et part k:€«niciBafei >de:iba|festé
.ICous aurpqf à rappeler et à déffilppper uij« vétî^é .si imppff aa|ç dans le couv^ entier de Tot^^yrage .^u^uel.cçs réflexions premières ser^ yectt^d'ipttrojdijqtioQ* p . ,
£t ne yerrions-pous. pas déjà. 1^ dstnger et )^ fS)uites ; fnneste^ d'q^e opinipp.r^andue ^▼ec^.fLutQrité; d'une opiniçn qui établit une séparation absolue entre la. religion et la po« Utique, entre la religion protectrice de la morale , et la politique , cette spiefiqe de l'ordre social ? Ah ! comni^ent , avec le ni^^^e bjMl , lai poliljique et La religion pourroi^nt-elles être désunies? ' ' î
Mais l'opinion dpnt nous pairlons, cette opinion singulière, .naquit dans un moment ou l'on reprenoit , où l'on renpuveioit toqte l'organisation du gouvernement , et Ton crut alors n'avoir besoin d'aucun autre aide que du génie de combinaison.
On se tenoit sûr au moins de fonder une aji|tonlé:SOGialei capable de garantir l'ordre pujbliç danç toutes ses parties, et habile encore à remplir ce but sans offenser la li)>erté. On ne tarda pas à découyrir qu'on s'é.tpit ^om^pé.; ,
}i;iVQSit ^lucun pouvoir, même le plus ab^ &q1u;i q^i puisse avçc 9es seules forces i être
f4 AÏFb«)ctèir^ '
le donservartttr^dfe la morale. H'^'làft' Blërf^sa ronde âutotir^dés 'actions êés hèttfmfeis' ; ^^! fe' fôft àVeé»l»<wt et' avec ép6ti^hteWebt/M¥î^ il ne sauroit parcourir qu'-â grâliids^ [^ks'iih^fiî'ùû'it de c'eWe ëtfendtle. H li'^fi^pi'af^, cotnnîe*^Ia #élîgîo©vdés'slii»VeiIlaTi$ station rikires; H fie régné pàs^da^ité là tonsciéncfe des h6rame«?';'^l n'absisté' j^à^ aU ëdmmen<îemént'de'lèiiTs'Jiïbjeifi? M^^rorigine* de le«rs pensées. If' iiinii pt>sé ftux*scélérats hardis ; ït punit , il prévient: lés dom Jabots; il rend les^ toutes sûres c^'lfei' cit^s -tmktquilles t taais quèr obstacle ap^b^ sera-t-il au dépérissement des mœiirs^t aiir ptogf es joupAalier de toirsle^ Vices ? '
' 'Les statuts législatifs îie peuvent aussi ré^ git la conduife deâ hon/imes que d'une hva^ nière forte et prôtionééé ; et c'est *par dé^ dfe-' ^és idsensiblés', c'est par des voies obscilréS que la morale s'altère et que l'esprit publie é^ cortompt. . . ' ï.o
• Atrroit-ôwppéistiroéquevpar tin mouvélnéttl nouveau donné à Topitiion , son autorité, déjfl pius'ictivé et plus subtile que l'empire dé laî îtti', i^ettl placer oït efficacement i'infltieiifcè de la religion? Mais le genre d'opinion uâle'^ la prdtectîÀn de la morales «?affoib!it âiiitàiUeu du systèita^ de Tégalifté'; 'car il MrésUltte de eé
syst^m^ UBe'jtolIe muhiplicaiioh, une telle CQQtiouité dfi)prétenHoiis; àrdante^'^^e'/t-âf^ tention à la. movsJSe devient au n^ins^ |>klS'
^t peul-étre encore que chaque glradatiol]^ détruite, dans la hiéraT.cliie isocialevdérange cette succession de supériorités qui, par une 9urveiUance ^xeitrée de proche en proche y entretient les. idées d'ordre. (*)
L'opinion même, aux plus beaux jours de son règne 9 lî'auroit jamais pu suppléer à Tin* fluence des idées religieuses. Ses armes sont l'estime et le mépris , et l'on y échappe sous le masque de l'hypocrisie. L'estime d'ailleur$ a besoin d'un guide; et comnie^rit le trouvera^ t-:elle> si le beau même n^a point deppiucipe fixe y ejt si la.religion, sans aucun ascendant^ sans aucun pouvoir, ne consacre plus d'une manière univei*selle les actions dignes de louange?
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C^) Inf^éniease succession ! remarquable même sous un doi^hle rapport ; car si l'on considère les gfadiitions so^ ciales dans leur descendance, elles sont. 1 comme w>ti$ venons ae le dire , une garantie de Tqrdre ; e% vuei ison^ leur ascendance^ c'est-à-dire , en remontant des de^i^ rangs jusquWx premiers , ces gradations alors résisteq^t par ,une force insensible à la plus grande des immorar lités politiques,' le despotitote. • •' " *
X€i REFUBXIQira •
L'estime alors ne sera, plus é?alaée de la m^mç ipaaière, et par degrés on confondit s^s .joui^jsa^ces avec tous les^ autres avantages que l'on recherche ou qu'on dédaigne selon 1;^ mesure des sacrifices auxquels il faut se soumettre pour les obten ir^
£nfin y si les récompenses de l'estime n'ont rien de sensible, rien de figuré, et si elles sont toutes à distance , si le temps seul peut les réaliser, quel usage eji ferez-vous avec cette grande masse du peuple dont les intérêts sont iastans et les besoins journaliers ; avec cette multitude^ont l'esprit , faute d'habitude , ne peut jamais saisir que foiblement les idées un peu composées ?
< Le religion est l'unique puissance morale qui agisse fortement sur le peuple : elle a l^ien aussi ses images vagues et lointaines ; mais elles sont rassemblées en traits frappans^ dans l'instruction. qu'on donne à la classe popabreuse de la .société. Les miracles dont l'homme est environné, ces merveilles qui le préparent à l'adoration d'un Être suprême, «t sa conscience qui le dispose à la distinction du bien et du mal; voilà les premiers élémens de raùtorïté religieuse; et il est aisé à l'instituteur lé moins instruit de s'en servir
efficacement, pour inspirer la crainte d'ua Dieu et là soumission aux lois d'ordre.
Cependant le peuple qui , dénué de patri- ^^noine et pressé de gagner sa subsistance par le {ravail ; le peuple en même temps qui regarde toutes|les supériorités de fortune comme des supérioriîés de borthenr et qui 's'abandonne^à4'eîivie; le périple enfin , tel qu'il est dans l'ordre i^ocial, defiendroit insensiblement un composé d'êtres farouches ^ si l'oa éteignoit devant lui la respleiidissante lumière de la religion; s'il ne voyoit plus aucun culte, et si ridée d'un Dieu-n avoit jamais été jelîée dans son cci$ur,.si l'onavoilTefusë de luirei»* dre cet éminent service, dans l'âge où les im-^ pressions- sont faciles. ^
La liberté, au milieu des £ausses idées qu'oa s'en est faites ^i long«tempi,a plusieurs fois été présentée ou comme un remplacement de$ idées religieuses , ou comme un bien d'un si haut prix qu'it de voit remplir à lui seul toutes nos pensées. .
Il falloit donc , en la considérant ainsi^ chercher la liberté qui plaît aux grandes âmes ; la liberté qui prête à l'homme de la dignité; la liberté qui s'unit à la morale*, qui s'ac^ corde avec la sagesse : et si on Tavoit trouvée, xiir. a
ifi B£fL£XIOIIS
jçetlie lib^rljé , 91 on l'avuit ojbitenue, on Tauroit honorée, on s^urpit voulu la garderai mais aucune lib^erté ne deyfpit rei^4re indiffèrent au ^ecour^ biepf^isaiit de la religion.
Ce toit peut-^tre à Tépoque et pend^^^t la durée d/e Te^clay^ige , que la religipn pouvoi|; ^aroitre ippins essel^tîeilile au n^aintieo Afi la discipline sociale. Chaque patrpo, chaque qoia^tre ;, à l'aide d'un pouygir. sa^s bpi:o^3 ^ dfixoit alors impéJci^u^^Pli^nt la conduite d'un certain nombre d'individus et la garantissQit.4 mais plus l'homine est dégagé de liens , plus il devient nécessaire que la r/eligion le guide ^t le restreigne dans l'usage de ses forces. ^
•£t une perspective lugubre vient s'offrir à nos regards, à- la suite de ces relierions. Ce n'est pa.s sans doute le rétabUsse^nent de l'ancien esclavage que4'pn doit craindx;e aujourd'hui; mais on s'ep rapparocher^ §ous ujie forme dissimulé^ , si l'pfi éprouve que.rautqrité la plus activç ne peut cptiteqiir un peuple affranchi des liens religieux. Oui , l^pp ^e prqcurera le silence, et )a (^ubpjr/}iQiation de l'esclavage, en levant, euentrçtenanttd'iTP.iP^pses armées, en y jetantJajeuuiesse, en l'élpignant ainsi de 1^ lutte des passions, en lasoumetr tant au joug militaire , et en se servant de ce^
PRÉUMINAIHES. 10
mêmes wniées,'de \tiu force rapide et tîqlente , pour inspirer ^n« crainte universelle. O queln^Fppl^cctuent de 1^ morale religieuse, de Dett€ autorité dont les ooromandemens étoieiî t si dotiXf l'action si paternelle! Qu^I échange noiJS jurons faitl On .nous a bien trompéft. . ,
Ah ! combien la liberté , la liberté dans sa majesté social e^ conUiiea U liberté s'acoordoit avec les principes d'une religion simple > rair fionnable et pure ! e$l-il rien de plus propre à élever l'âme que l'idée d'un Dieu protecteur ^ d'un Dieu le maître dti.moncle ? Est-il rien de plus propre k inspirer un noble sentiment de fierté ? Sera-ce un prince de la terre, qui opprimera les pensées d'un homme religieux ?
elles sont plus hautes que su; puissance. Sera-* ce un maître audacieux qui les subjuguera?
elles ont le ciel pour a$ile>
Est-il au contraire urte liberté dourt le règni^ pût être de longue durée au milieu de la corruption des moeurs , et au milieu d'une insouciance politique sur les moyens réparateurs qui naissent des principes religieux?- I#a liberté devienclroit alors yn sujet de dispute, un jeu pour toutes les passions ; on la sapri*fieroit à un intérêt nouveau, ouille rfjfttèroit
vendable à de bas prix ; enfin , acquise peutêtre avec emportement , elle seroit défendue \ avec tiédeur, et perdue avec 'distraction.
La morale et la religion sont la garantie de nos biens les plus précieux. Et que seroit l'homme lui«-méme , s'il existoit sans rapports avec un premier Être^ avec une cause intelligente ; s'il étoit la créature de la poussière, s'il étoitun des jets innombrables d'urie aveugle nature ? On pourroit encore s'occuper à le iléfinir ; mais toute idée d'honneur et de gloire seroit à jamais séparée de son nom .
Enfin , se voyant lui-même, comme perdu dans l'immensité, se voyant rejeté sur sa vie d'un moment par la vanité de toute espérance^ il fuira jusqu'à l'aspect de l'avenir ; il se dér plaira dans lès idées sociales qui exigent de l'attente; et laissant là surtout l'intérêt pu* blic, qui revient à nous par un si long circuit, -il ne vivra que du présent et se séparera de -toute autre pensée.
Aucune vertu ne peut s'élever, ne peut exister à cette condition ; et la morale n'a plus tl'autorité, quand on lui ôte son espace, quand -on refuse ses récompenses éloignées , ses dé-* tlommagemens à distance.
C'est une superbe pensée primitive au mi*
PRÊLIMINAinSS. ait '
lieu de notre inonde , que ce balancement mesuré entre les passions et la morale religieuse, entre les impressions du moment ei laspect de l'avenir. Étoit-elle inconnue, cette pensée dont les développemens ont tant d'étendue , l'étoit-elle aux homtoes éclairés qui^ de nos jours , se sont occupés sans passion des idées sociales ? Ils disoient cependant , ils disoient aussi que la religion n avait point de rapport avec la politique. O aveuglement ! Et la religion alors soutenoit encore Tordre intérieur de ses forces expirantes; et la religion, servoit encore les mœurs au moment où Ton renonçoit à son autorité, au moment où l'on ne vouloit plus faire entendre ses commandemens et ses préceptes.
Que «era l'avenir ? On s^en inquiétera peutêtre, si l'on fait avec nous une remarque importante.
Lorsque par degrés, et sous une; domination tyrannique, la férocité se joignit à l'abandon absolu de .tous les principes ; lorsqu'on insul^ publiquement aux signés extérieurs de la religion; lorsqu'on livra des temples à divers, genres de profanation ; lorsqu'on é^ saya d'avilir les ministres du culte, et qu'on les poursuivit aveic cruauté ; eufin lorsque
am.' BÉFLEXION8
ctes farouches eipportemens de l'impiélé marquèrent le règriedu crime, une partie cite la nation se resserra dans tfobseiirité Ver$ l?idée d'un D.ieu. protecteur^; et de cette manière le* • foyer des> idées religieinses- ftit conservé; Mais dfâni» un. temps^p4us calme, lia nioraie conti^ nnant ^ se* dégrader;» et lemalheur n'éyeillant plus les besoins* sensibles d'e Famés on verra la religiofi s'âfibiblir Sians combats, s«ffmblir universellement et par (Jfegrés , au milieu de rindifférenoe paimble dont l'opinion publique les- environilerav
Ek se fâi t-on- encore uneidée de refféfr que produira Ts^rrivée successive des générations nouvelles*, de ces générations' qui n'autt)nt reçu aucune éducation religieuse;? Une invasion dè<?egeàre, àtiihilieù dumondë^social, n'a jamais eu d'exemple , et le'tetnps 'dôntrera peut-être une terrible leçon , si les systèmes sur la- religion- qtiî dominent actuellement, n^éprouvent. aUcttti'èliangfement'
Il est possible- atissi^^qtié près d'im- oubli
absolu dés opinion^* 'reKfeiëusea, il' y àit*pair oontrastéuii rcdbublèrtemt d^efforts^dHa part des petsgin lies restées' fiHêlésâ^ ces-oplnSenis ; ét'la nation §é trotiverôitàlbrs partagée entre deux extrêmes; ndcrédtilîté sansboitiès ûé
ratWismé, et les exagérations dangereuses* d'une aveugle dévoliori*. Combien on régrétre-' roit,clanis$ toutes ces'sùprjibSrti6ftsV^ii'a?v6ir pas étùdré ptei stoigftéùéëirieTit, é'iï étoit Vrrft que là réli^hn'A^éuC auciùt Mppô/t c^éc là' politique; sll êttSi* Vrai (Jtie «ôtités léS édtibaîtiôtas' de l'es'prtf dusëérit être éhcôiirigéés' éf ôttk»-' veilfôekpar le g^Térhéift^nïy éV <Juë Féns^-* gnemfent cTé^la^ïhci^îaW rëMgtétostt dur seul être" excepté dé^ctéttè 161; s^iï ëtoitfVrii'qué lai tolé^ rance et^WiTféi^éiicë'ftisèënt^dëuk idées rméparables: * - ^
t.és' d'éttiftibrià stkt ces' •dî verses quiéstions' n'eusisfent pas été telles! ^tfôn.leafa prôhbni5éesf ri'ëussterrt* bas' été telles , mêifafe au tribunal rfë la' philosophie,' sï l'ott'a^oit'faît plW
MàK lès Hbihhiés' dti tléiiipè ,' eii sti Iivi?ântf satiisi r&ëtvief aiix ^âs^ionîf^ j^Htiqiifes,' n'otit ' Voui'ct^TfeidbriHohrë qiié lés jiutUri^és ifiôfeïei d6ttt^{K^^^6ieIV^ f^iW le^ iiîsmWè^^ ; et ils ont' àï^îa'tidî d-<^ prèiiK^ew aUii' s^sieffi* qtii niettbiebf ràrelîgîbh' ftotstfesdëbàfe dîr rfioiW Auctttt''pbllV6ir ibjotirfl'hiir ne là prbte^e; âùctitf îiittrê^ social li^ vetit foire dllidircë kvéc elle; et fà v«i}à'd€claré€f, en quelque xriairiëre,
a4 Bi£F]:.EKtp5S
une opinion de fantaisie. Quel sort inattendu, pour une si haute pensée !
Politiques et ^gu^rxi^rs! vous pr oyez, que votre science sufiitau^enre hum^in^ et, vous considérez a^vec djédain les idées ^religieuses ; xnais;dan8 Tespaqe quejles comprennent,., on vous aperçoit à peiue.^flt que seriez-yousi len» core ail milieu de notre «mçjide. terrestre , .si des diyi^ion^ en spuverainetés différentes n'a?voient pas fait naUre ces rivalités q^i çnt readu. vos talens néqessaires? •Yeut-on bieu connoître la grandeur comparative des^idées religieuses ; plaçons le parallèle , npn pas ^9^s, -une de nos.*<Efellules politiques, m^ii$ au mi*. ILeu de l'univers; et supposons. en imaginatio|a l'arrivée miraculeuse sur notre terre d^ quelques hâbitans de l'une des sphièr^ célestes je te.es ^ cqmmQ çyp»tre globe., dan^j'imç^ensité de l'espace. Nous avons. ^quplques inomen^ Ja^ permission, de leur.^.g^rlex, \e moyen M'enj^tjre eptejadjus. Quellesr^'que^tl^n^ leur ,fer^pn&-nous ? Mettrions -jporus. de l'intérêt à, savoir. §i leurs princes . . vprs . l'Orient opt de. plus grands* états cjue l(2ufs,,pçiwjces de rpcpîdent; .s'ils se, font bonne g^^j[jç| ^l
leurs. géidéraux, daus les bataille^ fout us^Sj^
PRijtlHIITAIRSS. :^5
de For()re profond^ ou sHls aiment» mienx Tordre milice ; s'ils connoissent nos boulets serpentans^ nqs mjiiiQS souterraines; s'ils ont la conscription ;.'S'ils. ont l§ feu . grégeois ; de quelles armes .^i>fiq , <}e quelles .armes des*-, trifctives on se sel^t dans leiir monde ?. Non ,-. ce n'est pas 1^ sûrement la; curiosité que nous l$ur montrerions^ nos guerriers mêmes et nos pojitiques. auroient d'autres peQsées.t Nous voudrions tous apprendre d'feuîs, si,, doués de* facultés particulières^ ou éclairas par une. révélation , ils n'ont aU<iune notion de plus que nous Sur l'origine du rpondèv^ur'. l'existence d'un Etre suprême et 3«r les vues; cje la Providence : nous désirerions étr^ instrujits de leurs conjectures sur l'a venir,^e leurs, espéramcres, de leurs idées religieuses, et de rinfluence de ces idées sur leur système soqial. r •
Voilà l'homme et ses igran^s intérêts :^et c'e&t par ui^e primauté accordée à des senti-^ meaf'd'jhabitude que poys rrous montrons les uns aux autres squS; urfa^ect différent.
Ceux-là donc sont petite, et misérablement; petits , qui sont honteux de inanifester levv'S} inclinations , religieuses ; bjonteux . d'ayouer que le secret; c^e l'univers les ooipup^; hopteux. d'avouer que l'idée d'un Dieu , d'un moteur
96 HEFLËiClOirS
souveraki , s'allie à letir rakon et soHinef leur' respect: -i ^
Oui, c'est tme iïidigtie foiblte^id,' dë«/ërnbrer devant les ris^ iii^oqU)iii¥s d^ g^ris ^tifl^A statéiit si peu* sut nos iMérêfs, qtt¥ éh Sî^f^t si pteu sur notre destînSe, et- qui Vo^dMteAt nous' attâpep en entier au ciUte de léui's' opiilions. Certes , les- philosophes religii^uic , éii présehiié* des philoscTpheS politiquefe^,* aut^oien'C dé'qlïo^ lea^ rendi«e pitié pour pitié, et !«épriS pour niëpm: . > ,
i.îfe votfôt dëOôiiï^agez cjono pbitat,' attiîsl de la î religion , en voyant qtfeile à été traitéfe avec indiffiérencîcf pàf Aei législal!éurss et au' milieu d'une n&tion éelaîréé; eafr ces m^mes' législateurs'' sont côttimis des éi*î^iirs sans fih ; erreurs en* morale; ei^eurs en politique; ér-* reilrs-^n financiè, erî comtnercé , éii •crëdit ,^ et'Jt^oules attestées par Texpérierice. Etpeutetrte qu'ils se seroieiit prési^rvéà de ces erreiri%/ si valant Jiaut leuips pensées, ilis s^étoienf^oë^' cupés'^ avec gravHé \lës' idéèîf rfelîgiéuses;; s'iï'i* aV5iëtlt exatniiié ce.qd'étbîënt ces idéeaJ à la ïô^t^lé'; ce qu'étoir la hlttt^lfe à' la^jiëlitiqûe^. H'e^ dès? vérités d^iinesi^gftthdé orî^^he , qïie lèu* élude eit Seconde en dédotl Ver tes" utiles^; utiles' aUJi! homnies% utiles aux sociStéè;
Mais toute FEut^cxpe a rem^r€(oé avec quelle * dégradation insensible on a laissé là le noiii même de l'Être siïiprétne : oW eûrdif que des maîtres d'un joui>, dSes législateurs teikipôraires^ étoient jalous de lia puissant éternelle. O folie des foliieg !
Je crois que oesdifféi^entie» réfle^x^ionsr sont une introduction* naturelle afu nouvel ou^ vrage que je publie ; mais je vdudiHDis encore qu'elles me servissent d'excuse , si més-forces ne répondoienrpas *à l'importance de l'èntreppîse/ '
Certainement je me suis proposé Un^ but litiie , car il importe plus que jamâis-dtedortnev de l'autorité aux principes religieux, et dte^ lesi fixer dans l'esprit de la génération présenta. J'ose rappeleç que j'ai déjà traité cestijet
une foi$s et au milieudu tumulte délà^stotiété': je le reprends aujourd'hui dàns^îé' àileiicè dfe la^ retraite ;;efr peut-êtte qu'en deu^situations »i> différentes^, on^ considère sôus* dieUx' aispects toutefe -les chosesdelh vie. :
Cé'fut entre mes detix m^inistèi^s^, qti'effrayé du progrès dè« idéfes' nbuveUés, je' composai le litre de Vllrtp^nàrkfè des opinitiHi rèligièuseâl J*ai suivi le même cours de m'éditationss mais en lëdifigeatrt'êësentiellèment Vers-lés devoirs
i8 Rxruxioirs
de la morale, de la morale publique et particulière.
J'ai divisé mon .ouvrage en discours : et si j'ai de plus adopté une forme oratoire , upe forme étrangère aux habitudes des gens du monde , ce n'est pas que je me croie aucune aptitude particulière à un jgenre nouvçau pour moi ; mais , considérant les idées religieuses cpmme tout ce qu'il y .a de plus sublime dans le spectacle intellectuel offert à nos regards , j'ai cru que pour en parler dignement , il fal-* loit s'aider de toutes les facultés de notre Nature ; la raison , le sentiment et Timagination : et le discours oratoire est le seul peut-être qui en présente le moyen, dans les sujets religieux.
Il y a de. plus des beautés d'un si grand ca-* ractère dajis beaucoup de paroles.de la Bible y. qu'on les rappelleroit de choix , méipe dans un ouvrage purement philosophique. i .
Il m'a semblé encore, qu'en prenant un texte pour guide , et un texte tiré des Litres saints, on acquérpit plus d'assurance; car^ au moment où l'orateur l'a placé devant ses yeux , il croit avoir une tâche nécessaire, uik devoir à reç^plir , et il ne spnge plus h Urmesure de ses forces.
Dois-je aussi l'avouer? Fatigué de^; açîdes
PAJ^LIMIITAIRES. ^Q
abstractions du temps présent, j'ai senti delà répugnance pour le style de nos controyef'ses didactiques , et j'ai aimé la nécessité d';un langiaçe plusiardeufc ou plus élevé..
Je n'ai pas cependant négligé les réflexions philosophiques qui s'unissoient naturellement à chaque sujet , et j'ai*^pu le faire avec d'autant plus de ûirnvenance , que ces discours sont destinés à être lus, et qu'ils embrassent un système suivi, d'instrufction : c'est là même ce qui doit les distinguer «essentiellement des recueils de sermons; car, dans aucun de ces recueils^ il n'existe un enchaînement entre les diverses matières traitées par l'orateur; et souvent l'on y trouve les idées fondamentales de la religion précédées ou suivies d'une dissertation purement mystique , ou d'une discussion de Controverse : le lecteur alors ne peut se former à lui-même un plan d'étude et de méditation , et il échappeaussi trop subitement aux impressions qu'il reçoit. ' >
Enfin, les jeune» ecclésiastiques, comme toiys les autres hommes^ pressés de se faire connoitre et d'attirer sur eux l'attention, ont souvent agrandi leurs premiers sujets ; et de cette manière ikonJtdépouiliéles'secondsdesri* chesses qui le^rappartenoient naturellement.
3o mirvBams
U est un usage observé dans les discours onlotresr sar la reli^oo, et dont )e me sois écarté. Oo associe oonstammeat l'aiitorité de la révélation aux instroctîons que nous donnent: l'esprit et la réfle^tcui ; mais la nature de mon plan ro*oblîgeoit à suivre une marche différente.^ Tai d*abord«emyrunté de la seule raison les lumières qui deroient m'aidera fonder TautorUé de la morale religieuse ; et j*ai montré ensuite , d'une manière générale , rheureose assistance que le christianisme pré* toit à la religion naturelle.
Les textes dont j'ai dit choix , et par leur enchaînement et par la force de l'expression , m'ont paru former à eux' seuls un code succinct de morale religieuse. On les a rassemblés dans une table placée immédiatement après ce «discours préliminaire ; et si l'on troovoil qu'entre les paroles remarquables des Livres saints, les plus douces et les plus sensibles eussent guidé mes réflexions, on jugeroit de cette manière , à ravan<5e , du genre d'enseignement auquel j'ai donné la préférence.
J'ai supposé, par one fiction permise , qu'un pasteur , et An pasteur d'un- âge avancé, prouonçoit les discours dont cet ouvrage forme la réunion ; et comme je me suis ainsi trans*
p(prté^ans.la SiUualip^ d'i^^ orateur religieux » «9, empruntant le |a)3gage de la chaire , j'ai xep^pli les coffidi^ipns de €pnven^jguce que 1^ gravité des.&ujefis fx^'impip^Qit.
Je m^ ^juis plaçç, ç^n^ dessein , au milieu de |a Ffaijice:, eç ..coKnpoaapit ces ^isçpurs, parce qjoe f|if^,pefjiy^ép est !# plus ^o^vent là; ^t .en portant ma réflexion sur les principaux deyoirS:de ^a morale, si je me suis approché quelquefois cjes circçnsjtaric^s politiques, pu avec uqe émotipo 4oulou^evi^y ou avec ua j$entimqntxrindigj>4iiQl} , on i) \>ubJiera point ^ en le rem^rquanjt , qiip plusieurs de ces cir^ coQstauces ont changé dup^n^ le cours d'une composition prise et reprise à divers moJmen^,^ dans ^espace ^t trpis ou quatre anné^.
, Le spectacle affligeant que j'ai eu souvent devant |es yeux , et des observations généralfss , n^'piit laissé. uqe opi^^o^ que je soumet^ fiu^ f^spri^ éclairés. Le^ idées religieuses , un des, premiers élén^ens dç Tbarmonie sociale, sont p£;ut-étre pliis nécessaires à la nation fran*ça^e qu'à fout autre peuple. Cherchez eu effet pe qui peut inaqquer à cette q^tiou pour sou prcy3re bpfiheur : ce n'est pas certainement des qualités brillantes; la nature lui a donné tous les genres d'esprit , tous les moyens d'atteindre
3a RÉFLEXIONS
à un but, même nouveau pour elle ; nrais ses mouvemens animés , et en niéme temps ées Wperçus fins , délicats çt flexibles-, sont peutêtre en contradi(^tion avec là ^Silàbilité qu'exigent les sentimens et les opinion^. Voyez comme elle s'est conduite en politique: c'est presque toujours avec son îi;)[)agination qu'elle a manié les idées colossales de liberté, d!égalité^ tl'hérédité, de repi^sentation nationale. Aussi, faisant des lois avec rapidité', c'est en peu d'an nées qu'elle a parcouru le cercle social; et pourtant,* arrivée au point de lassitude^ je ne sais si l'on- poùrroit encore désigner , avec une pleine confiance , son dernier avis et son dernier sbiihait; ' , . :.
Dira-t-on' qu'on au roi t tort de reprocher un manque dé ternie , un manque de sérieux , du moins, à une nation où, pendant un trop long îrilervalle, lés controversés polf tiques ont produit de§ violences sans bornes , des atrocitïés sans modèle? Mais l'histoire verra dans ces exces. les symptôtné^ d'une épouvantable ivresse, et n'^ trouvera la preuve d'aucune' dispo^ sition à des idées fixes. Lé sérieux, dans les affaires publiiques , se caractérise d'une' ^manière absolutnënt opposée : on le dîstîngtie à une juste mesure, à une sage appréciation'des
PRËIiI MINAI RES. 33
choses et de leurs- rapports; à une constance surtout*, Veffe t: d'unie /vploifité ferrae^et d'une déieri|]û>^ti(m: appFoibBdie>r;on le reconnoit à ces f faits i;J9lfoais,t ou raténaent, à .la véhé^ meuce ideis'.aotionES ou à: resagératioii; des: pân rôles, / •. ^ •:.-' , :';î
.li £aui d<mc à'une>.telie nation, plus qxïk aucune auta^é , tine loi iniajestueuse , antique et immabU<( ;. une loi propre à lui imposer; une loi qui la retienne autour de l'ordre social^ ou qui l'y .rappelle après des jeicursions pas&i^ gères. Il laut en même temps», et toujours aa milieu d-un^itell'e naliôa, il faut, par un mé'^ lange singuiie^r, ouvrir un grand espacç à l'ima-* gination ; mais un espace où l'on puisse s^ahan** donner sanjsxisque , ou. l'ori .puisse s'abandonner en d^fvenant meilleur.
Je ne rYOïf que là religion capable de rem-t plir ces. dil^er^es conditionsf; là religion affranchie , poîtime elle Ta été par le temps, de.
rintoléràfiç<*fanatique, de cette funeste addition q-u? :h^ hommes y avoient faite ; la religion rendiie.àsa belle nature; Ja religion. enfin, telle que le çhrjistiai^âsme tious l'a donnée ,. ghef-d'œiiyre.de morale , et que tant d'idées magnii&ques^ tant d'espérances environnent:
religion n^ajes tueuse par sa simplicité ; et reli-*^
34 'RÉyLEXiofrs
gioa antique, hon paf^ seulement à cause de don époque première, à dix<-huii cehts ans de distance , mais à causetdë soq intitlie affinité , âe»a paire union à ridéenétemellcf d'un Dieu, d:un: seul Dieu , Fauteur v ie génie du monde.
Et pourtant cette nation, qui, seule entré toutes^ h été soudainement dîspen^séé dé rendre lin hommage Relatant auMaitrede ià ha^ tuce; cette liation qu'on à voulu faille ingrate eh vem l'Être supFeme , avoit-elle été abattue pa^'Ia' misère , découragée par ses privations? et, dsin« les .distributions de la Providence, avoil^elle paru déshéritée? Non\^ non-, elle étoit appelée plus qu'aucune autre à l'espoit et^ à la reco«inoissance : tout lui avoit été donnée riche tsol, beau; ^climat, air suave et tempéré , fruits précieux, fruits divers , et plu* sieurs en patrimoine exclusif; situation encore auoentre de l'Europe, et^ au milieu des nations les plus civilisées ; communication en même temps avec les extrémités du monde, à hi faveàr des mers qui baignent «eis tivâges ; em&n , tant de richesses dti îd^itm^ainè mol^l ; esprit inventif^ ^nétrant , animé ; la'patience unie au ocMirage ; Toubli si prompt après ses peines ; et , en modèle aux Autres peuples ^ toutes l& pavures de la grâce er de l'î^magina»
tion. Certes elle avoit été bien-<louée, cette O^tkln ; et nous. avons pu dire^avec raison qu'aucune n'étoit plus appelée au sentiment précurseur de la piété , à la reconnoissance.
Qu'elle me pardonne donc de l'avoir euç particulièrement présente à ma peiiisée dans le nouvel essai que je fais de mes fofces poui^ ranimer l'esprit de !a religiori. Kt si , au milieu <ies sentimens tumultueux où tant d'événe-^ men^ l'ont placée , son attention né pouvoit erre fixée par aucune idée générale , nous lui dirianfi que des réflexions sur la morale reli-, gieuse sont aujourd'hui d\in intérêt prochain; qu'elles ' appartiennent essentiellement à la force ^t au bonheur; qu'elles ont même un rapport imiMfliat airec les finances etavec leg débats politiques. Fondez en effet , fondez , élevez sur unie doulj^le et tri{>!e base la justice et la vérité ; et la confia^ôe aàitra d'etle^méme. Fondez encore , fondez, élevez sur une double et triple base la justice et là vérité ; et les premiers soutiens de vos droits réciproques une fois affermis , ce sera par-delà les colonnes de l'ordre social que les ambitieux se disputeront lIxoB&euF çu le pUisi^ir dé vous gouverner.