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S^a CODAS
un ami que de simple3 reucoDtres d*e.sprit »
dégoûts et de caractère ont rendu tel? Il est votre ami , vous êtes le sien , mais à des con«« ditious tacites; et si vous l'avez pris k vous, s'il vous a pris à lui , par un sentiment d'es* time* oserea-vous lui confier vos fpiblesses? ou si vous vous y déterminez, ne sep tire9-vou$ pas le .besoin de les déguiser, çle 1;^^ montrer à demi, de les associer dans vos aveuK à des qualités qui vous honorent? Jamais vous ne direz tout, ^t vous ferez bien; car cet ami veut trouver en vous ce qui lui est bon, comme vous cherchez en lui ce qui vou^ convient Vous pouveaj bien l'entretenir de Tinjustice des autres à votre égard; mais vous accuser vous-même ^ vous rabaisser dans son e^iprit, ce seroit ébranler dans ses bases Je traité qui vous unit.
Ah! qu'il est autrement arrangé pour notre bonheur et pour notre sécurité j ce pacte que la nature a préparé , et que les lois sociales , d'accord avec les lois religieuses , ont pris soin d'afferjmir. Tendre époiite ! les foiblesses , les fautes mém^ de l'ami que le ciel vous a donné ne vous éloigneront point de lui : héla^! vous yous en réjouirez peut-être , si elles vous ap-7 pellent à être sa consolatrice; si elles vous
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dominent un moyen de plus d*être aionée.
Oui., TOUS recueillerez dans votre sein les pei» nes de cet ami dont la destinée vous a été remise : il n'aura point de décrets qu'il craigne de vous confier, car vos averttssemens seront doux ; et, de moitié dans sa gloire ou dans sa considération , vous le relèverez à ses pro;près yeux; ses plaintes ne vous inspireront aucune irritation, et son découragement tie vous entraînera point; vous apparoître^ comme un ange au milieu de son âme troublée , et vous y répandrez le calme et la tranquillité : ah ! vous lui ferez tant de bien, qu'il redemandera ses peines , pour jouir encore dé votre assistance. *
Épouses fidèles, vous avez en vos mains les consolations dont l'homme a besoin ; et nul rang, nul degré de fortune,. nul éclat dans le monde, ne pourront le reùdre indépendant de vos soins et de votre protection. Ne «oyez-vous pas même intimidées en réfléchissant que vos connoissances , vos études , vos idées d'habitude n'ont aucun rapport avec les grands intérêts dont s'occupent à toute heure le guerrier , le prince , le ministre . ou d'autres hommes marquans dans l'état social , et auxquels votre destinée sera peut--être unie.
Ce sont de tels hommes, au contraire, qui, souvent distraits par leurs circonstances particulières des sentimens les plus naturels , y sont ramenés avec une nouvelle force quand leur préoccupation est suspendue, et lorsqu'une passion dominante leur laisse un peu de repos. Vous paroissez alors, pour offrir uu asile à leur âme inquiète. Ils déposent près de vous tout ce qui étoit artificiel dans leur situation , tout ce qui étoit en eux une ambition faite, ou un vœu d'habitude; ils vous permettent de toucher à leurs véritables affections, et ils goûtent avec délices les vérités simples dont ils peuvent faire profession avec v6us; avec vous, qui n'attendez d'eux aucun rôle ; avec vous, dont ils seront encore aimés au moment où le sort les aura dépouillés de l'éclat du pouvoir et de ses prérogatives.
Ah! qu'il devient remarquable, ce moment , aiix regards d'un observateur; qu'il devient remarquable pour juger du degré de force de nos différens liens ! La scène s'ouvre, jet c'est stHis que je choisis pour exemple, vous qui naguère étiez en possession des plus sûrs moyens de plaire aux hommes, ou dé les captiver. On vous croyoit au faîte de l'auturîté ; vous dispensiez toutes les grâces; vous
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iétîez Tobjet de l'empressement universel:
tout à coup la fortune renverse votre ptédes* tal ; vous êtes jetés dans la foule des citoyens; vous n'avez plus ni. rang, ni crédit, ni pou-* voir. Que font alors vos amis, vos véritables amis?. ils vous entourent, ils vous plaignent, ils animent peut*étre l'expression de leur in* térét ; mais bientôt il y a de la réflexion dans leurs soins, de l'attention dans leurs manières, du procédé dans leur conduite : ils ca* chent avec délicatesse l'idée qu'ils ont de leur générosité ; cependant vous la découvrez , vous la soupçonnez du moins, et vous retenez votre abandon. Vous êtes avertis qu'aux regards mêmes de l'amitié , il s'est fait un chan« gement en vous, et que vous avez besoin d'être discrets. Triste aperçu! Et il y a peu d'exceptions à ce résultat donné par la nature des hommes. On auroit tort de s'en irriter; mais si l'on aspire à l'unité parfaite, à Funité^ indépendante des circonstances, il faut asso* cier.sa vie à cet être semblabie. à nous ^ que rÉternel nous a fait, et dont les lois de l'hy-* men ont subitement confondu tous leisinté**^ rets avec les nôtres.
Ah ! que je vous la montre encore, cette amie y dans les momens où vous semblez ayoir
élë rabaissés par un coup du sort. Ne la voirez- ^ous pas , unie à vous plus que jamais , étudier ^ns pensées , observer toutes vos impressions ? Ke la voyez-vous pas, attentive aux cotisoUtions maladroites qui vous sont adressées, et plus certaine que vous des traits qui pour— roient voifê blesser, avancer son bouclier pour vous en garantir? Ne la voye2-vous pas encore, cette incomparable amie , qui , dans vos jours de disgrâce j montré pour la première fois un sentimeiit de fierté , afiti que l'idée confuse d'une humiliation ne vienne jamais vous tîsou* bler P O Dieu ! d'où nous vient donc uitc telle assistance? Est-ce nous, est-ce lui ^ qu'un pareil ami !
ÏC'en doutons pas , pluà nous examinerons les roystèt^s de notre nature , et plus nous sentirons le prix de cet être sêtnblùèie à nous ^ qne l'Éternel nous a destiné. Nos vertus composent Tessence de notre caractère; mais tan« dis qu'elles sont immobiles au fotid de notre cœur , les fantômes de not^e imagitialton , semblables à des nuages léget*s , paroissent et reparoissént sous diverse^ formés aux regards de notre esprit De quel service n'est doâc pas à l'homtne ^ à Thomme Afiéme te plus supérieur aux autres en apparence , de quel^Mr-
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TÎce ni^ lui est pas cet atni , cet unique ami , qu'il petit admettre au speclacle intérieur de ses émotions heureuses où malheureuses ; qu'il peut introduire dans ces secrets où personne ne pénétk^e ; dans ces secrets , composés A souvent des douleurs de l'ambition , des doutes de la Vanité , des inquiétudes de Famour-propre : et quel plaisir aussi de cherîiher , dé trouver dans le cœur d*un iaulre soimême lâf prèmiète récompense d-une action honnête ou d'un sentiment généreux, la première et la plus douce , la première et celle qui peut suffire ! O précieuse union qiie Funion cohjtTgalè , dans sa pureté ^ dans sa beauté parfaite ! Disparoissez devant elle, amitiés du Ifûonde , amitiés qui ne pouvez rien offrir de isétoblable. C'est à l'aide du bonheur que les liens contractés dans le commerce social se resserrent ou se multiplient: c'est par une satisfaction , par une sorte d'abondance d'eux* mêmes ^ que la plupart des hommes se jettent en. dehors, et se donnent aux autres; et plus ils sont Heureux , plus ils croient aimer. Mais , dans lés grands revers , dans les calamités générales^ et' lorsqu*on a besoin de toute son attèiîiTôttV'de toute sa pensée, poiir échapper à des dangers imrainens, chacun saisit la plàn«>
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cbe qui peut le^ sauver du naufrage; ^et c^esl: sur le rivage que les amiti^ recommencent :
image sombre, maïs fiidè^, des temps que nous avons parcourus; de.qes temps. d'épouvante , où chacun suffisoit à, peine à,p!vje et à son péril! Alors pourtant , à cette épqque de séparation générale et d'isolement u^iversel ^ deux époux qui s'aiïuoient ^'unissoient davan* tage : le mén^e hasard doit les ^auyer, c^u le même coup les frapper ; çaç il n'y a;plus de vous y il n'y a plus de moi àdins ççs.liaisoas d^élite, qui n'ont de ressemblai^QQ avecau^ eu ne autre.
Enfin, sans aucun événepfient extr^rdî* naire , mais par l'unique effet des Ipis de la nature, nous vieillissons , ppus atteignons cet âge où touts^éteint, où rien ne recommencer cet âge qui ne promet plus de retour» qui s'offre à tous les regards dépouillé. d'espérance&» et qui nous met nous-mêmes en défiance de nos moyens et de nos droits. C'est l'heure alors où chacun r<sntre dans sa vie domestique, daji^ cette enceinte où l'on est retenu parle senti** ment de sa foiblesse et de son infériorité,.^^ où quelquefois on devient personnel , en se dé* fendant contre les maux et les infirmités d'un âge avancé. Ah ! cpmbien nous mettons alors
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de-frix k e^Ue amie ou à cet ami qui, lié a notre sort par la • foi conjugale , a fait avec nous la route 4e Ja i^îe ! c'est à lui seul que, dans notre affQil>U$sement:, nous osons nous confier, et c'est à nous seujs qu'il se confie.
Deux épouxîquKppt été jeDn4^ensetiible, et qui ppt forint 4^ nt9:iiyeauK n^orads pendant la durée d^ i'%0 ipùr,;dwK époiiX' qui on^ t^Hil.nDÎç:^^ g^^^junautédahÀ lei:em|is.dèieuK éckit , dails le,temps:de leurs riôkes, jo^oissons ^ neijraig^gnt pQJnt de serpréaenier.runàrautve aur miU^u: dies, débris de *Ieiur> fortune passée; ils p^r^t ces débrjfi^:dfliQit]!& flou venirs: et s'ils s'jiimeffiitrenQora^ tout ireste* beau pour eux: Qui y le}S<iîf/de:)a yie V en nôussavertissant du t^rôde iprosebaiDi de notre' Yoy âge ^ nous dispose à^un s^JÂm^raf.d'éiftolîon. qui: s'adresse alors tout entier à l'aitii qui im.n(m^ appoint quitté:, à r<amiqui canlemjjleaiireG.aQ^s oetaveniroù les âmes tendres trouvent unpowi^de réunion, et où elles découvrent l'horisôn ileleurs nôu* velles^ e^pt$rançQS4 ; .
Célébrons donc avec solennité la plus belle institiltion du niQnde social; célébrons au mi* lieu de (nos temples ce pacte entre deux êtres iD<telligen)s et sensibles qui viennent se pro-naettre une fidèle aç^istance, qui viennent se
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promettre d*étre unis d'intérêt, d^honneur et de gloire; unis dans le temp6 du bonheur, et plus insépanbl^s encoredatis les jouts de Tad* versité. O religionT venez re^re sacré cet engagement; Ten^ nous âpt)l^udre qu'il est grand par lui-^méme ;- <)U'îl ëàt' grahd encore en nous appelant au )«d»g et à 4â di^tlité de pères. Venez nous apprendre^ li '^diiiber les sentiinens^m^térieust et sublimes dont l'Éternel a conipoë(§ notre ^natuns morale^* iA-iii^iir conjugal; amoUr paternel , atndti)[« filial^ pre* miers élémens- de- noire féliàité\sur la- terre, vous nous ramènerets* Isatis c^ssë à ra^ftkôtirt âè notre Dieu , >de^ qijt nous teH^tUPtiQs I4efis4
Après T0USS a^i^r ^préseft té liue Vérité coâsblante, sous le& rapports qui pôu^toiétit captiver votre intérêt, nopsde«)OflSHÎaiâtel1àntarréte!^ notre attentif p» suv uneo^j>olt<:fiy éGm^lme^et que plusieurs personnes d^i^s^^ dette iiMémblée nous adressent peut-^tre en secrets *' Le «laariage n^est poihf un^état digne d^envië^, il n'est pas tel du moins que nous l'fitVOns dé^ peint : voilà ce que voUfe dîtes , ou ce qu^ vous pensez. Un esprit de discorde; tm esprit: de querelle , succèdent souvent ftdeë commence'^ mens beureuit ; et vous en eiie« des exemples : enfin^ vous ajoutez qu'on aperçoit patlcMli de^
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flœuds mal assortis; effel naturel du hasard qui les a formés ; effet naturel encore de la déférence des enfàhs ànx choiic déterminés par Tautofiré patei^nelte.
Ah ! sansdoiÉte , rieft n*est parfait dans notre situation , et i*ien nepeut TétW sur cette terre, puisqure ie Ci^édtéu^r, en noiVi accordant la Kberré, notls'a ihtrodnitd cbmmë agens au milien de so» systétne dtt mbtide ; et c'est à la faveur d un si beau ddn qu^ le but dé nos pro«priécés intelleetuetles a élé iretnpli , et qu^ nous sommt^s derenus susceptibles de lo^iatiges^ et de récompenses. *
C'est ntéanmoîns par notre action sur Fôrdre moral que cet ordre est incomplet à nos yen*. Toiktse ressent au tout* de nous de l'imperfeétion de nos facultés^ et de l'imperfection de notre gouvernement. Delà, tant de tnobilité dans nos plans de bonheur; delà, tant d'exceptions aux effets des institutions sociales les mieux con-<^ çues ; et comme ces exceptions paroissent une à une, et sont jugées de même, dles font souvent plus d'impi*ession sut nôtre imagînalioti que le résultat uuiforme des lois cons-< tantes et des habitudes générales.
Ces réflexiotis s'appliquent immédiatemeiit au sujet que tious ttaitonë ; caf*, en le discu<-
tantyC'esttoujoursderexceptîonqueronsësert pour détruire ou pour discréditer le principe.
Comment raison nez- vous, en effet, vous qui condamnez Tinstitution du mariage, ou qui voudriez la réduire à des éngagetnens éphémères et soumis à l'autorité du plus léger caprice? Vous recueillez des enemples ; vous les prenez la plupart chez la classe oisive de la société , et vous montrez que souvent la division règne dans Fintérieur des familles , et que deux époux y supportent impatiemment le joug qu'ils se sont imposé..
Voilà les exemples sur lesquels vous fixez votre attention ; et daiis le même temps vous détournez vos regards de cette immense partie d'une nation dont le mariage forme l'état et la destinée. Se fait-on une idée du spectacle que présenteroit une grande société composée en entier d'hommes libres , si les individus des deux sexes , laissés à leur rudesse par le défaut d'éducation , .n'étôient pas divisés en familles ; s'ils n'étbient pas contenus dans leurs vœux, et devenoient indépendans des lois çt des habitudes du mariage ? Ils se livre* roient à tous les excès d'une aveugle brutarlité ;.ils déserteroient leurs occupations journalières, pour se livrer à leurs passions du mo*
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ment; et les enfans, malheureuses victimes d'un libertinage universel , seroient exposés au hasard , ou abandonnés à la tutelle distraite et superficielle de Fautorité publique. Ils entreroient , ces ehfans , dans la carrière du inonde et du travail sans aucun appui ; et ce qui seroit plus dangereux , sans avoir été jamais témoins d'aucun sentiment d'affection: ce seroient des sauvages allaités au milieu des Vices d'une société corrompue.
Ainsi le mariage , qui captive autour d'une idée simple et morale des hommes susceptibles de tant d'écarts, à cause de l'ignorance où le défaut de propriété les réduit , le mariage qui les cerne et qui les case , pour ainsi dire , tandis qu'ils seroient si facilement entraînés à des irruptions dangereuses ; le mariage enfin , qui ramène à des intérêts domestiques et à des sontimens paisibles des hommes disposés à la violence par le besoin; le mariage, ne fût-il considéré que sous ce petit nombre de rapports ,- seroit de toutes les institutions sociales la plus importante à l'ordre public. Et en nous occupant encore de cette partie nombreuse de la population dont nous venons de parler, seroit-ce en son nom qu'on pourroit regretter la fixité des noeuds consacrés par la
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religion ? Hélas ! c*est à grand'peiiie que daii« les rangs de la société oy. Fou vit dé son travail , et de son travail journalier, on peut s'as-* surer d'un appui, d'un aUié, pour toutes Ie& époques de la vie ; pour le temps des adversi* tés , pQur le temps des maladies , pour le temps de la vieillesse ; et il ne faut pas moins qu'une longue habitude , et les idées d^ devoir , pour entretenir des rapports coutinuels entre deux êtres étrangers par leur éducation aux goûts , aux attraits de l'esprit ; étrangers encore par leur rude simplicité à ces manières et à ces délicatesses qui préparent l'art de plaire, le cultivent et le perpétuent. Ah ! qu'ils ont besoin , dans leur étroite situation et dans leur vie* égale et monotone, qu'ils ont besoin de l'institution du mariage , institution ingénieuse autant que bienfaisante, et qui, au sein de la misère , leur assure encore u]| ami! Oui , c'est à eux particulièrement que semblent adressées l'idée et les paroles de Moïse : Et r éternel Dieu a^oit dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; Je lui ferai un être setn^ blahle à luL
Aucune des ressources , comme aucune des inquiétudes de l'imagination ^ n'appartieot habituellement aux dernières classes du peu-*
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pie ; m^\&y à la fateur d'unie liaison intime et sce}Iée par la religion , les heures de travail qui remplissent leur vie, les rappellent à un même sentiment, qu au souvenir du moins d'un intérêt uniqi4|^ toujours commun , tou-*^
^ours iui^ivisible.
11 vous faut davantage, à vous dont les facultés morales ont ^té multipliées par Fédu-^ catio|i; à vous qui avez reçu d'elle tant de gern^es d'idées, et qui avez pu les cultiver au milieu de la fortune et de ses loisirs. Le spectacle du monde ^'est agrandi , s'est varié pour vous ; et de nouvelles perspectives vous inspirant de nouveaux goûts , vos affections se sont ressenties du mouvement continuel de votre imagination. Vous avez aussi plus d*un intérêt; car votre amour-propre exalté cherche partout les jouissances qui naissent de la louange; et comme il est hors de votre pou-* voir de les fixer , vous étudiez leur cours , vous observez leur succession , et vous vous ménagez pour tous les âges des prétentions différentes. Cependant, avec cette disposition d'esprit, avec ce besoin de l'opinion des autres, avec cette passion de faire effet , bu dans le monde ou dans la société, que reste-t-il de libre en soi et qu'on puisse danner aux devoirs
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paisibles de la vie dornestique ? Rien^ près* que rien. On s'effraie au contraire de Funiformité d'une même alliance ; on se sent blessé par tous les liens : et comme vous ne pouvez trouver, vous un époux, |K>iis une compagne qui soit en rapport continuel avec la mobilité de vos goûts , avec la diversité de vos intérêts , et quelquefois avec la transition subite des passions les plus opposées, vous dirigez votre impatience contre le mariage et contre ses institutions. Vous vous en prenez à l'ami que la destinée vous a donné , des caprices de votre bumeur , des torts de votre caractère , de Tiraperfection des choses humaines ; et vous attribuez toutes ces contrariétés à la fixité des nœuds que 'vous avez contractés : voilà le tableau de vos inquiétudes.
£h bien ! emportés par votre imagination , vous les brisez , ces nœuds qui vous importunent, et vous en formez de nouveaux. «Époux inconstans, êtes -vous- plus heureux? Vous vous taisez; car votive situation présente est votive ouvrage , et vous ne voulez pas vous accuser vous-mêmes ; mais nous l'apprenons , Tunion qiie vous avez rompue se présente à votre souvenir, et vous éprouvez qu'ail est un dévouement dont un premier choix, un pre-
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7ï)ier1ien , s'ont seuls les garabs. ûui, le doute a suivi vôtre iaveùgle espérance y ietd^àvou^ craignez d'avoir filial fait; ious, en quittant répoux à qui.voiKs aviez 'pra^om d'être fidèle; yous/en délaissant une coînapiagne que vous àviea^juriéde défendre etde.pEotéger^ eît quine trouvera pe^t^êtIJe aucun autre appui. Et si des enfansne voyiôient plus ensemble les auteurs de.lenrS'jourà ; i^'ils perdoient de bonne heure l'exemple., .de tous :1e plus instructif, ramitié cimentée par la vertu ;<et si ,- pour s'expliqiji^r à eux)>iqéHies.une sép^gratiori qu'ils ne voient poi^nUriaUJieuTg; ils. étoient entraînés à s'ériger en ju^s des (faute» dedèur mère|ou*de^ torts de leur père; si, deiacailite encore' de ibtesser l'un ou Kaatre de leurs protecteurs , ces tendres enfans^ei'crojoiént obligés de calculer, de me* surer leurs caresses ; enfin , s'ilsi avoient les comliats et les incertitudes de l'esprit,' dans l'âge où il ne faut obéir qu'à la nature, un tel spectacle offriroit à des-parens , à deux êtres sensibles, la pins déchirante leçon , et un sujet continuel de i^egrets ou d'anxiété. .
. Ah! qu'il leur seroit difficile, avec ceS' regrets, ces combats, ces regards en arrière; qu'il leur seroit difficile de. trouver dans un nouvel hymen une parfaite paix ! Cette in- XIII. aa