coufis
quîéte. Imaginatton ^ que vous n'avcs^ pu ré^ gler, et qui. vous a montré le bonheur hors du cercle de vos devoirs^ qui vous l'a garanti peut-^tTcau nMMneiitdêsondélirey sera->t*elle pour vous seul fidèle à^ses engageiïïeiis? Vous recfaerdhes un accord ^ une sympathie^ qui remplissent l'ol^el de vos voeuiL; niais^ aprèi avoir renoncé librement aux droits que vous feniet de la reconnoissance, de l'habitude, et de la religion; agrès avoir perdu, peut-être^ l'appui de la fav<$ur publique et la considé^ ration qu'elle donne., aurez-*- voua plus ds moyens pour atteindre à la chance heureruse^ à la chance parfaite dont vous avet l'idée et qite vous voudriez obtenir ?
Tous dites cependant 9* vous dites avec vé-^ rite : Lorsque nous avons donné notre fbi^ ktfsque nous nous sommes engagés sous les lois d!une longue union , et que nous j avoua consacré notre obéissance , sious étions sans expérience ^ sans aucune connoissahce des ' hommes et du monde;, et la volonté de nos parens , ou d'autres, cin^mstances étrangères à notre inclination , ont fixé notre destinée. . Sans doute ^ vous aurez souvent le droit de tenir ce langage, vous surtout, sexe timide, sexe f oible et copimandé, et que les habitudes
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sodales appellent de si bonne heure à contracter des engagemens : cependant voo$ jouiriez d'une liberté parfaite^ d'une liberté roéme égale à l'essor de votre imagination , qu'en préparant votre sort à venir, en for«inant une alliance pour la vie , vous ne seriez pas à Tabri d'une erreur dangereuse. Yous feriez votre choix avec indépendance ; niais vous le feriez aux premiers jours de votre jeunesse y et dans Fâge où des illusions 9nt sou«vent plus d empire que la sagesse. Vous vous examineriez vous-mêmes ;^mais ce seroits^ns déEance et surtout sans rigueur ; et le juge, disposé à se tromper, prendroit aisément pour un goût réfléchi la surprise de l'innocence ou la séduction d'un premier penchant.
Ne le savons-nous pas; il est un moment de la vie où le» qualités les plus essentielles au bonheur domesliquie échappent à notre attention ; où la solidité des principe^ , la pureté des mceurs , l'excellence du caractère^ paroissent des qualités abstraites et presque sans rapport avec les premiers ittléréts Jont nous sommes animés; où la vraie sensibilité même est méconnue, ^t où l'on donne ce nom, ce beau nom , aux légères potions qui nfiisseot du désir de plaire.
3/ro • COURS
Les jeunes gens , les jeunes gens âe Wm et l'autre sexe , se tromperoient donc, s'ils croyoient que les regards, les conseils d'un père et d'une mère leur fussent inutiles dans ia plus importante déterminatTon de leur vie. Livrés entièrement à eux-mêmes, ils seroieht beaucoup plus exposés à des repentirs ou* à des regrets. 'Ils secoueroient même aveuglément toute espèce d'autorité , toute espèce de tutelle, que leurs vœux seroient encore soumis à des contrariétés , k des gênes inévitables. ' Une seule observation , mais générale , ren^ dra cette vérité sensible. Il y a égalité de nombre entre les individus des deux sexes : tel est Tordre de la nature; et, par une conséquence immédiate, tous ces individus, dans leurs choix mutuels, ne peuvent exercer qu'une liberté limitée. Leur état, leur for^ tune, et d'autres circonstances, resserrent leurs vues dans un espacé fixe ; et cet espace , plus ou moins étendu, selon la nature des avantages dont on jouit, est, pour les plus -heureux, infiniment circonscrit.
C'est ainsi que y* dans aucune position de la vie, rien ne satisfait pleinement nos vagues espérances; et Ton se tromperoit encore , si l'on imaginait que l'harmonie du mariage fût
le résultat nécessaire d'une première âéterinination. Dieu n'a pas voulu qu'un seul jour fît notre destinée ; il n'a pas voulu que notre, raison, nos vertus, nos facultés, continuel-^ lement perfectibles, fussent un in&tant inutiles à notre bonheur sur la terre.
Vous donc que le ciel appelle à contracter le plus sérieux des engagemeus; vous qui, sous le sceau des lois et de la religion , allez S
former des nœuds d'où votre sort peut dépendre , ayez présens à Tesprit et vos nouveaux devoirs et vos nouveaux intérêts. Vous ne croirez pas qu'après avoir donné .votre foi, après avoir reçu la promesse d'un .dévoue**ment absolu , vous soyiez dispensés de songer ^
mutuelleinent à vous plaira. L'amour a son autorité et. son autorité souveraine; mais il ^
ne peut la conserver s'il oublie ses obligations, et se fie uniquement à sa puissance.
Vous cultiverez donc le sentiment qui doit faire votre bonheur, vous le cultiverez , vous , époux généreux, en ne négligeant aucun des égards propres à tempérer l'autorité que la loi vous donne ; vous ^ époux généreux , en vous souvenant que l'amie unie à votre sort quitta, pour votre protection, la protection paternelle; qu'elle sortit delà maison tu té-
laife où rmi ne songeoil qu*àraimer; qu'elle en sortit pour se donner à vous; qu'un père^ fier peut*étre d'un nom qu'il avoit honpré ^ lui permit d'y renoficer pour se glorifier du TÀtre ; et qu'une mère en larmes vous remit , vous remit pour toujours le dép^ le plus cker à son cœur. Vous le cultiverez aussi , ce senti* ment qui doit faire votre bonheur, vous, épouse fidèle, en répandant le calme dans Fâme de votre ami , de votre défenseur^ et en lui assurant un doux asile au sein de ses foyers^ lorsqu'il y revient, l'esprit encore inquiet des débats du monde auxquels il est forcé de se livrer. Vous étudierez réciproquement vos goàts, votre caractère^ et vous vous aecoutti*-» merea, en aimant, à trouver du plaisir dans vos sacrifi ces, et si l'un de vous découvre à l'autre quelque foiblesse , loin de s'en promettre au«* cun triomphe, il y accourra comm^ à une occasion d'être en aide à son allié fidèle , au compagnon de sa vie.
Ah ! combien les sentimens d'une âme tendre s'animent et se fortifient par une succès^ sion continuelle de besoins et de services! Les prévenances mutuelles , les attentions réci-« proques, forment seules ces liaisons durables «ju'aucune habitude , aucun âge , n'afibiblia-r
DE MOPAUC RBLIGIECSE. 9^3
sent ; et vous ne coonoiasÊz pas les plus douces joDissaoccs , TOUS qat , tout entiers «açore k vous-mêmes , n'oppréeiea dans l'amour que le despotiime de Isl jeuneSM et les rapides effets de votre impétieùx. Ucendaut.. Il^iut -^fi
un aatffe bonheur k daax êtres également sen> T '
sibles , à deux êtres qui te sont unis «t pour le temps dcmt ils ont l^idée, et pour eet avonîv qu'une ardente «spéraoce semble- leur readre |'
présent. Venez à eux , religion saints, afin de i^
soutenir lemrs p«Bdansla^earrière.aùfUmRreh«nt ensemble, et où, selon vos loi», ils né J'
se quitteront point. Ils ne demandent riea ^
au monde, rien isesTsaités ou k ses-psmpes; leur amitié, leur tendre araibë suffit ^ ^
leurs vœux ; elle nemplitdeiir ime et en défend Tabord aux vaines inquiétudes, lïne seul* praisée les épouvante, txaie seule leS' glace d'tiboi : la p«is8îm<)c qui tégle nos données , cette puissance iiTésistiblc ,' a marqué le mo-* ment de leor séparation; l'un d'euxs'en ica, et laissera Tautre isoéé sur la terne ; i'tiii d'eux dikparoitra, «t TsaOra Q'aura plus la i»a* science de sa propre vie , ov il ne l'aura que par ses lariMs et par ses douleurs. Hélas ! ils le sav«»1; la mort, du fond des tombeaux^ appeille aa kasard sra victimes; k mort, ^
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terrible mort O Dieu! seroit-ee nous
qui pcHirriûïis leur donner du courage; seroil> ce nous qui. pourrions les consoler; seroit-ce nous- qui lé pourrions ^ de notre vdix tr^m- ^lante et dé notre. {puissance abattue? Ah!
nous invoquerons pour eux votre compassion , ô mon Dieu f nous vous demanderons d'entretenir dans.leiir cœur la religieuse espérance qui paroit I0 sceau de toutes les autres; nous vous demanderons de vous laisser irbir à eux par la foi, et de prêter une nouvelle . force à leur piété, au seul sentiment .^m id^nde en amsolations y au iseul qui se projette dans Téternel avenir; et je leiir' dirai de plus , je leur dirs^i : aimez ; aimez encore V^aam que vous sjtvez. perdu; entrez en cammunica-. tion av»c lui et par vos souvenirs et par vos regirets ; i^ûivez-le de. vos regards dans ces dej meures. célestes dodt la mort Ji'àpprddbie' plus; vous étés "SOUS la, pfrotection du Maître des temps, de ceLui.qui aditi: Je ne Ti^ux^pas que V homme soitseuL^Ahl ce n'est pas pour un moment, pour des jours passagers , que cette grande pensée a été conçue. Laissons , lais** sons faire a notre Dieu; il t nothS: i^endra ce qu'il nous a dénué ^ ce qu'il lious à repris, ce qu'il veut nous donner encore. ££ vous, ange
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du ciel, qui n'êtes plus sur la terre ; vous , de qui j'ai appris toutes ces choses , c'est à votre intervention que je dois d'avoir pu les retracer sans flébhir sous le poids de mes souvenirs* Vous avez aimé le troupeau à qui je m'adresse; et sa reconnoissance me laisse croirequeje puis rappeler ici vos vertus comme au sein de votre famille. ODieu! vous pardonnez ce langage ; vous pardonnez les larmes qu'excitent de tendres regretis; elles attestent le bonheur que vous nous avez fait connoitrè , et déviennent, sous ce rapport, un symbole de reconnoissance. Ah! n'en doutons point : les épanchemens d'une âme sensible sont un hommage k TÉtre suprême. L'amour et la vertu , voilà nos liens avec lui. L'amour et la vertu, voilà nos liens sur la terre. Unissez donc, fidèles, unissez constamment vos devoirs à vos senttmens; et si l'Érernel avoit retiré vers lui l'objet de vos affections , s'il tenoit ainsi dans ses mains le gage visible de votre bonheur , redoublez d'efforts pour lui plaire; redoublez d'efforts pour mériter sa bonté, et pour être en état'de lui offrir un jour, avec espérance , le compte de vos voies et le tribut de votre vie.
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