CHAPITRE II
En quoi consiste la prospérité d* un état,
S'ïL n'y aroit eu qu'une société sur U terre , la prospérité de Tétat et le plus grand bon-* heur de sea iiieTBl>res eusMUt été des exprès* sions synonymes.
Mais la formation de* plusieurs sociétés désunies d'intérêt et d'affection « obligea bien* €ot chactinQ d^entre elles de joindre au soin de sofi bonheur, la sollicitude nécessaire pour le conserver.
' Alors la prospérité d'un état dut dépendre ftécessaireméiit de la réunion du bonheur et de la force. •
Le désir du bonheur n'airoif exigé que deà idées simples d'ordre, de justice et d'équité; ie besoin de la jBorce donna successivement naissance à toutes les combinaisons politiques, et les fonctions du souverain s'aggratir dirent ; la production des richesses , le travail , le commerce et l'industrie , qui , dans leur liaison avec le boiiheur, sembloient n'appartenir qu'au caprice de l'intérêt personnel, devinrent 9 dans leur rapport avec la force
12 SUR Xa. Législation.
publique, un objet de méditation et de surveillance ^our le gouvernement; "
C'est faute de réunir et de considérer ensemble ces deux conditions essentielles de la société, le boqheur et la puissance, qu'on est sujet à s'égarer.
- Jje . ijaiaiâtrc' . du despote . ne pense . qu'à la force; rardentanH^de l'humanité ne fait des pl^ns que pour le bonheur. L'un ne démanché que des soldats; l'autre veut, renverser toutes les barpièresr L'an n^écoaùpit q.i%e l£^ foriceest un fléau , qtiand elle ne garde que^ l^infortune ; l'autre, oublie qu'au milieu. des passions ^e^ hoxxkTïïfSy le bonheur sans défehae ' ^i^t uki souffle passager, dont on ne joi^ijt/ quelques MiMans que' pour, apprendre à' le, regretter. L'administrateur. éclairé se' garantit de. ces erreurs funestes; il étaye par la, puissance l'édifice qu'il élève pour le ib^nheur; ; il gémit de. ces précautions politiques. qui. attestent à l'univers l'inquiétqde ambiti^Us^ de^J^oUY^ rainS) comme. les ijois civiles aniio-accifit les prétentions injustes des partiel) liets ; mai$] il soumet ses desseins aux cirjqQn^tanpe$ qu^il^ne peut vaincre; heureux dèipouvAirjitempér^): encore par sa sagesse, lésisicili fiées que 1^ défense de l'état impose aux.<;itoy.ens.
^ Que ces iaconvéniens, insépakrabdbes de Vér
ET Lfi COMMERCE DES GRAINS. l3
tablissement des sociétés y ne fassent pas re-r gretter les bois, ni la vie sauvage; car dans cette situation aussi, lés hommes dévoient 'modérer leurs désirs pour les satisfaire , et garder par la force et la surveillance ce qu'ils avoient atteint par Tadresse.
C'est une servitude éternelle de la nature humaine, que de jouir au milieu des sacrifices et des contrariétés ; et les lois sociales ont peut-être adouci cette condition ; car en garantissant à chacun sa propriété, elles ont dispensé de combattre pour obtenir, et d'avoir de la force pour conserver: l'inquiétude, divisée entre tous ]es hommes dans la vie sauvage, s'est concentrée dans les gouvernemens , et transportée de société à société; mais alors la force publique est devenue absolument nécessaire, et c'est par son accord avec le bonheur des f)articiiliers , que la prospérité de l'état est assurée.
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