CHAPITRE IV
La population contribue plus à la force que lès
richesses.
AvAicT de comparer ensemble ces deux grandes sources de puissance, il est important de faire connoitre avec précision, ce qu'on doit entendre , dans ce parallèle , par les richesses de l'état.
Ce ne sont pas d'abord les revenus du souverain ; car si ces revenus ont un rapport avec la fortune publique, ils en ont un aussi avec la sagesse ou l'impéritie de ceux qui gouvernent^ et qui ne mesurent pas toujours les impôts sur les facultés de la nation.
Les richesses de l'état, dans le moment où on les compare à la population^ ne seront pas non plus composées des biens qui sont ssssen tiellement nécessaires à cette population ; on ne pourra donc point comprendre alors sous le nom de richesses, ni la terre qui nourrit les hommes, ni les avancer en outils , en animaux, en bâtimens,en denrées nécessaires pour la semence ou pour la culture; tous ces genres de biens font comme partie absolue
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de la population, car on ne peut pas séparer l'homme de sa subsistance.
Ainsi les seulçs richesses qui forment une puissance distincte de la population, ce sont les biens surabondans de toute espèce qui s'amassent, par le temps, dans une société; et qui, susceptibles d'être échangés contre les ser« vices des étrangers, peuvent augmenter la force publique.
Ces biens consistent principalement aujourd'hui dans les matières précieuses , telles que For et l'argent; parce que ces métaux sont devenus la mesure comtnune des échanges, et le moyen certain d'acquérir partout Jcs productions de la terre et les travaux des ^ hommes.
Il est des états où ces richesses s'accroissent avec le nombre des habitans.
Il en est d'autres où l'on ne peut acquérir ces richesses qu'aux dépens de la population.
Qu'un pays, en effet, soit encore sauvage et dans sa naii^sance, ou qu'il n'ait reçu de la nature que du blé et quelques productions communes à tqutes les autres contrées; que ses habitans ne se distinguent par aucune sorte d'industrie particulière; l'argent et toutes les autres richesses précieuses ne pourront s'introduire chez une telle nation , qu'end
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point d'ol^atèurs pour exprimer leurs plaintes, dont il faut étudier les fioufirances, parce que leur voix ne s'élève que dans la détresse } qui ne TmeilC que le moment, et qu'on ne peut swvtr que par prévoyance ^ qu'il est imposa sible de rendre jarofti* dsses heurcut peur ed être aperçu, ni pour joUirde leur reconneis-* sanoe, mais qu'il est si doux de défendre contre l'oppre8sioa et le malheur ^ sans éîAaX et sans réeompèilise.