DIVISION GÉNÉRALE
Oh traitera dans l'ordre suivant, les diffétën» objets de cet ouvrage :
-Dans loipremière partiej on discutera l'èx'^ portatlon des grains.
Dans la seconde, la liberté intérietarcj
Dans la troisième, on examinera les modifications les plus connues, applicables au commerce des grains en général.
Dans la quatrième, on finira par hasarder son opinion sur la loi qui obvieroit au plus grand nombre d'inconvéniens.
Ces parties seront encore soumises à des subdivisions par chapitres. Sans asservisse-
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Certainement 9 dans un tel pays , la popula* tion concourt à la richesse ; mais cette richesse pût-elle s'accroître par la venté des dehréesde nécessité, un pareil accroissement de fortune ^ acquis aux dépens de la population ^ ne seiroit ni sage ni politique.
La richesse et la population sont deux sour-' ces de puissance , mais la population est une force bien plus certaine.
Sli les richesses mobiliaires dont les différent membres d'un état peuvent disposer, suffisoient pour constituer la puissance^ la république de Gènes jpueroit un plus grand rôle en Europe que le royaume de Suède ; mais ce
Ttin dans Fautre > depuis dix années > et cet argent reste en entier en France ; car tant que ce rojaume reçoit de nouvelles sommes en métaux non monnoyés , on ne peut pas en exporter àe^ métaux monnoyés qui coûtent deux pour cent de façon ; un tel commerce est impossible , ou s'il sort quelquefois des espèces de France , dlés rentrent dans un autre moment.
Or, à ces quarante-trois millions monnoyés, bï l'on |>eut en ajouter sept convertis en augmentation de vaisselle , de bijoux et en d'antres ouvrages , ce qui ne parott pas excessif, ce seroit en tout cinquante millions de mé* 'taux précieux accumulés es France chaque année-; ainsi Von ne court pas le risque d'une grande erreur, en présumant que la France reçoit près de la moitié des métaux qui s'amassent en Europe.
ET LK COMMERCE SES GEAINS. IQ
genre de richesses ne concourt à la force natîo* nale que par le moyen des impôts ; et les propriétaires de ces richesses les caclient, les dissimulent, ou se transportent ailleurs avec elles, lorsque Fétat en demande une trop grande part.
D'ailleurs ces richesses mêmes, entre les mains du souverain, ne deviennent une force additionnelle à la population d'un empire , qu'autan t que par des traités avec d'autres puis^ fiances, on obtient d'elles ou des troupes auxiliaires , ou la permission de faire des recrues dans leurs états; au lieu qu'une populatiou nom breuse est une force par elle-même , indépendante de tout pacte quelconque ; et dans les circonstances actuelles de l'Europe , où la perfection de la discipline e,t des talens militaires met les soldats en mouvement avec uui^ rapidité prodigieuse, la population acquiert un nouveau degré de supériorité sur Targent , puisqu'on ne peut convertir cette richesse en augmentation de puissance, que par le secours plus ou moins lent des négociations.
S'il s'introduisoit enfin une politique qui fît de la force le droit des gens , bientôt, à la guerre, on n'observeroit aucune règle dans les hostilités; l'on exigeroit partout au lieu de payer, et la richesse deviendroit encore un
aO SUR ul uScisLATioir
peu moins essentielle à la puissance; Cfir les métaux précieux ne se convertissant dans les biens véritablement utiles ou agréables aux hommes, que par l'effet d'une convention, à mesure que l'esprit de convention s'affoiblira parmi les souverains , l'argent sera moins nécessaire pour conquérir ou pour se défendre.
Enfin , il est des pays où les richesses ne s'accumuleront jamais; il en est d'autres où. elles se rendront toujours sans effort. C'est en vain qu'un état gagne de l'argent par le commerce et par la vente de ses productions; cet argent suit le sort des personnes qui le pos^ sèdent ; et l'on ne verra jamais long-temps de gros propriétaires de richesses mobiliaires dans les pays despotiques , ni sous un ciel rîgoureux. Les hommes qui disposent de beaucoup d'argent , veulent obtenir tous les avantages qu'il procure ; et , maîtres de le transporter partout où le bonheur les appelle, ils seront toujours entraînés vers les climats tempérés ^ vers les pays où les arts et les sciences fleurissent , où les mœurs des habitans sont douces , où la société est facile , où les lois sont sages , où les préjugés ont le moins d'énergie. C'est dans le très-petit nombre de pareilles con* trées que l'argent ira toujours se concentrer; ainsi l'inquiétude de leurs gouvernemens doit
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se porter principalement vers Tentretien de la population , qui , dans l'état actuel de la politique, deviendra de plus^n plus la force essentielle des états, et qui s'accordera tou* jours en France Virée l'accroissement de ses richesses.