‹ Œuvres complètes de M. Necker (volume 4)Chapitre 27 sur 79 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

La liberté constante d'exporter les' grains nuit

ùtix manufactures.

Les hoponies B^ont tellement 'gouvernés par l'habitude 9 qu'une nation industrieuse peut 4lflécon^oître lopg-temps ses ; forces, et fairjEs .un trafic continuel de %es grains contre les manufactures étrangères; tandis qu'avec quelques efforts ou quelques privations momentanées, elle parviendroit à établir chez «lie ces mêmes manufactures , et satisferoit ainsi le goût de se& propriétaires , sans nuire à sa population.

42 suit LA idGl^LàfllOfS

C'est au souverain !, c'est au ministre intelligent qui le secondes à ranimer Tesprit na« tional , et à vaincre les funestes effets de la paresse et de rhabttude« Ce fut le mérite de Colbert^et le but qu'il se proposa dans Tétar blissemeht de plusieurs lois prohibitives, soit contre la sortie des blés, soit contre l'entrée des fabriques étrangères. Ces précautions ^ aujourd'hui calomniées , ne sont point ( nous le verrons) des institutions sauvages, injustes ni barbares j. ce sontt des lois de patrie et d'union qui , dans un pays telque la France, tendent au bien jgénéral , en augmentant la population , sans contrarier la richesse , ni le bonheur des propriétaires.

Colbert , animé de cet esprit , vit les pli^s grands succès couronner ses vues, et la France est aujourd'hui remplie d'établissemens en totis genres ; les arts et ks manufactures , le goût et les talens, tout ce qu'une heureuse nature, perfectionnée par le tém|>s, est capable de produire , entourent les propriétaires de blés, et leur offrent des échanges agréables ; mais ces établîssemens une fois formés ont encore besoin d'être maintenus et secondés par des lois sages, et les plus importantes «ont celles rjiii concernent les grains; il suffît d'une eicportation exagérée pour répandre une

inquiétude générale , pour détruire les hommies par les souffrances et les mortalités , pour contrarier les manufactures et tous les travaux d'industrie, par les secousses que cette itiême exportation peut occasionner dans le prix de la main d^œuvre ; et, sous cet aspect, hi liberté cofhstante d^exporter des grains seroit tine loi funeste au repos et à la prospérité de la France.

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