‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 121 sur 394 · LIV. H · texte numérisé non relu

LIV. H

dant dans tous les saints du paradis : Confiteor Deo omnipotenli, beatœ Mariœ sempcr Yirgini, bealo Micharli archanqelo, etc. Et par la confession qu'il fait a Dieu en saint Michel, il confesse Ions les péchés des anges, dont il se voit chargé, aussi bien que de ceux des hommes.

Voilà l'explication du Confiteor, et la manière en laquelle Jés us-Chris l en nous confesse nos péchés à Dieu le Père et à tous ses saints, qui sont ses vrais tabernacles vivants, dans lesquels Dieu réside. C'est Jésus-Christ qui habite en nous par son esprit, qui soupire en nous avec des gémissements inénarrables : Postulat pro nobis gemilibus inenarrabilibus. (Rom. vm, 26.) C'est lui, qui réellement sur la terre a gémi et soupiré ; c'est lui, qui le premier a confessé tous nos péchés à Dieu son Père, et qui a commencé à faire la confession générale au Jourdain, s'engagea nt à la pénitence comme le reste des pénitents qui venaient à saint Jean, confessant leurs péchés : Consentes peccata sua. (Matth. xm, 6.) Notre-Seigneur confessait tous les nôtres qu'il disait être siens, et en faisait la satisfaction comme s'il les eût commis en sa propre personne.

Il dit : M«a culpa, par trois fois, accusant par là trois sortes de péchés : d'infirmité, d'ignorance et de malice ; de pensée, de paroles et d'œuvres, commis contre les trois personnes de la très-sainte Trinité. Et la dernière fois il dit : Mea maxima culpa, à cause que les péchés commis contre la personne du Saint-Esprit se remettent difficilement en cette vie et en l'autre. (Matlh. xn, 32.) Les péchés d'infirmité et de pensée regardent la personne du Père ; ceux d'ignorance et de parole regardent la personne du Fils, qui est la parole du Père; les péchés de malice et d'œuvres regardent la personne du Saint-Esprit, qui est la bonté même et l'opérateur continuel des bonnes œuvres en nous; lequel nous étouffons et molestons par notre pure malice, éteignant sa lumière, étouffant son amour et lui faisant l'injure d'adhérer plutôt au malin esprit , qui nous suggère et qui nous tue, qu'à lui qui nous inspire et qui nous anime par sa présence et par la sainteté et la pureté de son amour. Noire-Seigneur en nous se soumet aux ministres du jugement de Dieu son Père, qui vivent en la terre. Et pour cela pendant qu'il est courbé et incliné en la personne du prêtre, récitant le Confiteor, le diacre et le sous- diacre sont debout, écoutant cette confession comme juges; et après ils disent: Miserealur, inclinés; pour dire qu'ils s'anéantissent eux-mêmes, quand il est question de faire miséricorde, que c'est à Dieu à la faire à l'Eglise : Misereatur tut omnipotens Deus. C'est à Dieu le Père tout-puissant à faire miséricorde à son Fils habitant en ses membres, que le prêtre représente, comme étant l'homme du peuple et son procureur, chargé de ses péchés et de ses dettes, occupant le lieu de Jésus-Christ, premier pleige et caution des hommes pécheurs et criminels.

Après, le diacre et le sous-diacre disent le Confiteor au nom de toute l'Eglise, qui est la criminelle en la personne de ses enfants, et qui s'unit avec Notre-Seigneur pour faire pénitence. C'est pourquoi disant: Et tibi, Pater, ils se tournent un peu vers ie prêtre; de même que le prêtre s'élait tourné auparavant vers eux, en disant : Et vobls, fratres; pour apprendre que les hommes ne peuvent faire pénitence qu'en union à Notre-Seigneur, et qu'avec l'agrément du Père, dont le prêtre alors debout tient aussi la place, à cause que Notre-Seigneur Jésus- Christ porte en lui Dieu le Père : car le Père est dans le Fils, comme il est dit souvent dans l'Evangile : Dieu le Père en son essence est entré dans son Fils, et en ce Fils il voit les satisfactions qui lui sont faites; il les reçoit, il les agrée et il se réconcilie ainsi le monde en son Fils, le répondant et le satisfacteur universel : Deus crat in Ckristo mundum concilions silii [1/ Cor. v, 19) ; ce qui fait que le prêtre peut représenter quelquefois la personne du Père, qui est par identité dans son essence et avec son essence en la personne de son Fils : car c'est par l'essence que le Père habile en son Fils. Lors donc que le diacre et le sousdiacre parlent au prêtre qui tient la place de Jésus-Christ, ils s'adressent à lui comme au Père; parce que le Père habitant en sou Fils, reçoit en lui ses satisfactions et les nôtres, que nous y unissons de tout notre cœur, ainsi que lui-même, par avance nous a témoigné en s'inclinant vers nous, qu'il venait répandre abondamment en nous ses satisfactions, et les offrir à Dieu le Père avec les nôtres.

Cette inclination du prêtre se fait devant que de dire : Mea culpa, qui est proprement l'expression de sa pénitence. Et après, sur la fin, quand il dit : El vos, fratres, or are pro me, il invite ses frères à prier Dieu pour lui; c'est-à-dire qu'après avoir gémi pour ses péchés qui sont ceux de l'Eglise ; après s'être affligé, il leur dit: L'nissez-vous à moi, et priez pour moi, c'est-à-dire pour l'Eglise, que je représente, et en union de laquelle vous obtiendrez avec moi miséricorde. Il est bon de ne pas pleurer pour soi tout seul, de ne pas faire pénitence en soi tout seul , mais encore de pleurer pour tous ses frères, de pleurer pour tout le monde. !

Premièrement, à cause que nous pouvons considérer les péchés de nos frères comme les nôtres, et que nous pouvons nous croire participants de leurs fautes et faiblesses, pour ne les avoir pas fortifiés par nos paroles, par nos exemples et par nos prières.

Secondement, à cause que tous les péchés offensent Dieu; et par conséquent tous nous affligent si nous l'aimons. Que si nous ne sommes affligés que des nôtres, et que ceux que nous voyons dans nos frères ne nous touchent point, c'est un signe que nous ne pleurons que pour notre intérêt, et ne gémissons que pour notre perte et non pour l'intérêt de Dieu qui est olfensé aussi bien p;ir les autres que par nous. L'amour gé-

OEUVRES COMPLE1

mit de voir celui qu'il aime offensé en luimême, par qui que ce soit qu'il puisse être

offensé. . ., ..

11 faut de plus prier en I union de 1 Eglise et faire pénitence en elle et avec elle, afin d'être exaucé. Il ne faut qu'une œillade (Je l'Eglise universelle, une larme amoureuse de la colombe, pour gagner le cœur de Dieu • Yulnerasti cor meum in vno ocnlorum tuoram (Cant iv,9) ; et pour cela il faut s'unir à elle, pour faire pénitence en sa vertu et en son esprit, qui est celui même de Jésus- Christ pleurant et gémissant en elle.

C'est pourquoi il y a correspondance et union du prêtre avec le diacre et le sousdiacre, et mutuellement du diacre et du sous-diacre avec le prêtre, qui confessent il" pouvoir obtenir miséricorde de Dieu qu'en union à Jésus-Christ et à sa pénitence, seule digne de Dieu. En signe de quoi le diacre et le sous-diacre demeurent toujours courbés, jusqu'à ce (pie le prêtre a dit : Miscreatur vestri, vmnipolens Deux, pour due qu'il n'y a pas lieu de l'espérer, jusqu à ce que Noire-Seigneur ait prié pour nous, et qu'il l'ait demandée à Dieu son Père, comme étant notre pleige et comme client, qui assiste debout en sa présence pour nous : Ut apparent nunc vultui Dci pro nobis. [Uebr.

' Après il nous obtient du Père indulgence et rémission de nos péchés : Indulgentiam, absolutionem et remissionem peecatorum nostrorum tribuat nobis omnipotent et misericors Dominus. 11 se signe de la bénédiction de son Père avec ces paroles : Indulgentiam, etc., pour dire que Notre-Seigneur en sa personne, aussi bien que l'Eglise, a été rempli des bénédictions de Dieu, et qu il reconnaît avoir eu besoin de la miséricorde de son Père, pour le soutenir et le vivifier on lui, pendant le temps de ses éloignemeuts et (lt-s témoignages de sa colère.

Cela l'ait, il dit : Veus, tu conversus, etc. Ayant fait pénitence, ayant souitert sur la terre l'éloignement de votre face; enfin je vous conjure de revenir et retourner à moi : Ostcnde facicm tuam, et salvi ertmus : Montrez-nous votre face, et nous serons contents de tous les maux que nous avons soutiens • rien ne nous peinera, non plus que la femme accouchée ne se peut souvenir de sa douleur, quand elle voit son iruit venu au monde. . . ,

Mon Père, comment pourrais-je m ailliger de tous les maux de ma mort et passion, si je vois des enfants qui soient nés de mes plaies, et si je vois la plaie du cœur féconde a produire l'Eglise qui me doit environner de ses louanges pour votre gloire : temtna circumdabit virum {Jer. xxxi, 22), et qui sera une aide semblable à moi pour vous glorifier : Adjutorium simile sibi [lien, n, 181 : dans ma mort j'aurai mérité la mort de son péché; et en ma résurrection j aurai reçu le don de la vivifier, et de lui donner un principe de vie nouvelle, qui sera mon esprit, pour l'animer et la sanctifier : Veus, iu conversus viri/habh nos.

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