‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 122 sur 394 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De la montée du prêtre à l'autel.

Après que le prêtre a reconnu devant Dieu, et devant toute l'Eglise, qu'il était pécheur et qu'il était chargé des péchés de tout le monde ; après qu'il en a reçu le pardon, et qu'il a été réconcilié h Dieu dans une joie si excessive et si sensible, qu'elle lui fait ouvrir les mains et le fait relever de sa bassesse et de son humiliation, il monte avec confiance à l'autel, et mène avec lui son diacre et son sous-diacre à ses côtés. D'abord il baise l'autel; et lorsqu'il le baise, le diacre et le sous-diacre, après avoir quitté sa chasuble et son aube qu'ils levaient en montant les degrés, mettent le genou en terre, pour témoigner le grand respect qu ils portent à Dieu, en approchant de lui.

Cette entrée à l'autel, où le prêtre est accompagné d'un diacre et d'un sous-diacre, qui tiennent et élèvent son aube et sa chasuble, est extrêmement mystérieuse. Elle représente Jésus -Christ entrant dans la gloire, accompagné de tous ses saints, qui l'élèvent en louange et qui servent à l'honorer et à dilater sa gloire.

11 baise l'autel, pour exprimer ce baiser de fiais qu'il donna à son Père en entrant dans le ciel, où son Père le reçut, et communia à sa substance et à sa nature humaine, qu il enferma dans son sein pour tout jamais, lorsqu'il lui dit [Psal. cix, 2, 6) : Soyez assis à ma droite, jusqu'à ce que le temps soit ve- t nu, que vous foulerez aux pieds vos ennemis, et briserez la tête des superbes. La droite, dont il est parlé en ce lieu, exprime la dignité de roi, par laquelle il doit dominer sur les diables. Et ce fut en ce jour que le Père le reçut en son sein amoureux, pour le tenir pressé sur sa poitrine, et se nourrir de lui par son amour, dont il était l'objet et la pâture.

Saint Jean, sur la poitrine de Notre-Seigneur en sa communion, est une image de ce qui se passe en la communion du Fils, lorsqu'entrant dans le ciel, il communie à sou Père ; car alors Jésus-Christ repose sur la poitrine de son Père, et sommeille en son sein d'un sommeil bienheureux et éternel, où il goûte les suavités des influences de son Père, qui se communique à lui, et se verse en lui dans toute la plénitude que mérite l'âme de Jésus-Christ, pour s'être privé de tout pour son Père, et avoir tout souffert pour lui. jusqu'à donner sa vie; en revanche de quoi Dieu lui donne la sienne, et répand en lui toute sa substance, sa joie, ses délices et ses trésors. C'est là maintenant la vie et la récompense de Jésus-Christ dans le sein de son Père.

Les autres apôtres ne reposent pas sur la poitrine de Jésus-Christ, et ne le baisent pas; pour montrer, premièrement, la dillérence de ce qui se passe en eux, et de ce qui se fait en saint Jean. Jésus-Christ entre dans la personne des autres apôtres, les vivifiant et nourrissant intérieurement selon leur état et leur condition ; et sain! Jean re-

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