‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 133 sur 394 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Du mot « Oremus. »

L'Eglise ayant répondu : El cum spiritu tuo, le prêtre repart : Oremus, comme s'il disait : Prions donc tous ensemble dans l'unité de cet esprit : car Noire-Seigneur dans le ciel, aussi bien que le prêtre sur la terre, prie son Père en l'esprit, il offre ses mérites en la vertu du Saint-Esprit : Per Spiritum sanctum semetipsum oblulitimmaculatumDeo.

(Hebr. ix, 14.)

Lorsque le fuêtre, après s'être tourné vers le peuple, chante ce mot Oremus, il exprime les devoirs et la religion sensible de l'Egiise, et témoigne qu'elle ne peut être exaucée sans l'union à Jésus-Christ, et sans que luimême présente les oraisons et les mérites de ses élus à la grandeur de Dieu son Père. C'est pourquoi il se présente, et il se tourne vers les peuples, dont il veut offrir les prières , et les invite à s'unir avec lui, pour être offerts à Dieu avec leur prière par la Collecte qu'il va dire, où il doit rassembler toutes les oraisons des prophètes, des juges, des rois, des patriarches : en un mot, de toute l'ancienne loi, et même celles du Nouveau Testament, pour être offertes par lui à la louange et à l'honneur de Dieu, parce qu'elles ne seraient point exaucées, si elles n'étaient unies au sacrifice de Jésus-Christ; d'où vient que le prêtre dit au peuple : Oremus, prions ensemble, aprèsleuravoir dit que le Seigneur Dieu est en eux, et qu'ils ont répondu qu'il est aussi en lui, d'autant que c'est le même esprit qui les fait prier, et qui, offrant les prières des peuples avec celles de Jésus- Christ, fait aussi que le'Père les écoute et les exauce par sa bonté.

Lors donc que le prêtre chante tout haut, et qu'il se tourne vers les peuples, cela exprime Jésus-Christ priant avec eux et s'unissant à eux; et cela se fait par deux fois, au commencement et à la fin de la Messe, où Notre-Seigneur nous apprend les prières de l'Ancien et du Nouveau Testament, les prières qui se sont faites devant et après sa venue dans le monde. Et au contraire, quand le prêtre fait ses prières bas et en secret, il ne se tourne point auparavant vers le peuple, car ce sont les prières qu'on appelle secrètes, que Jésus-Christ se retirant dans le sein de son Père, lui offre dans le secret de sou C'.our ; ce sont seulement les prières de sa

se.»

sainte personne, à quoi le peuple n'a point départ que pour en recevoir l'effet.

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