‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 132 sur 394 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des paroles et cérémonies qui précèdent

l'Oraison.

Comme le divin sacrifice de la Messe contient toute religion en éminence et en per-

fection , soit celle des Juifs en esprit, soit celle des Chrétiens en vérité ; aussi celteaction très-sainte et très-auguste renferme en soi tous les sentiments , les dispositions et les devoirs de cette môme vertu de religion.

DKS CKflK.MO.MES DE LA GKAND'MKSSK. — 1.1V. IV.

Après donc qu'on a offert à Dieu les louanges des saints par les parfums des encens, on lui présente les prières de bouche tant de l'un que de l'autre Testament. Et pour cela le prêtre dit trois fois des oraisons: les unes, qui représentent les prières de l'Ancien Testament ; les autres , celles du Nouveau, et les troisièmes, les prières secrètes et intérieures de Jésus-Christ.

Le prêtre qui se tourne vers le peuple, représente Jésus-Christ appliqué à son Père, qui ne laisse pas de se souvenir de l'Eglise, et se tourne vers elle , pour la faire participante des oraisons des saints de l'Ancien Testament, et la faire entrer en part de leurs prières, pour s'unir avec lui , et offrir avec lui des oraisons si ferventes et efficaces, comme celles de ces anciens patriarches et prophètes, qui surpassaient la ferveur et le mérite de plusieurs saints du Nouveau Testament. Et comme Notre-Seigneur qui aime son Eglise, la veut mettre eu part de tous ses biens, et la veut asseoir avec lui à son sacrifice , qui comprend tous les devoirs de religion ; de là vient qu'en se tournant vers elle , il lui dit : Le Seigneur est avec vous : Dominus vobiscum ; la vertu de son esprit est en vous , pour vous faire prier avec nous; à quoi l'Eglise repart: Nous sommes unis d'affection et de désir à votre esprit : Et cum spirilu tuo ( et l'Eglise repart en cette rencontre , comme quand le prêtre , par ces paroles : Sursum corda, l'invite d'élever son cœur à Dieu : aussitôt par disposition , elle répond : Nous l'avons élevé à Dieu : Habemus ad Dominum) ; ou bien l'Eglise repart <au prêtre, et lui rend le réciproque, par le souhait qu'elJe lui fait: Le Seigneur soitavec tous et dans votre cœur, pour vous faire prier comme nous.

Le prêtre ouvre les mains , lorsqu'il dit : Dominus vobiscum, parce qu'il désire que le Saint-Esprit qu'il lui souhaite, soit dilaté et répandu sur tous en plénitude. Voilà la signification de ces mains ouvertes au peuple. Mais auparavant cela, il faut et qu'il les joigne, et qu'en les posant sur l'autel, il baise le milieu du même autel , pour nous donnera connaître que cette étendue d'onction et cette dilatation de grâce dans la pluralité des peuples , procède de l'unité de Dieu et de Jésus-Christ son Fils. Dieu qui est un , est le principe qui répand toutes sortes de grâces et de bénédictions ; et son Fils Jésus-Christ est aussi unique principe méritoire delà grâce, que le Père nous communique par lui. C'est pourquoi on joint deux fois les mains devant le Dominus vobiscum ; une fois devant que de baiser l'autel , pour exprimer que Dieu est l'unique principe de toute communication: ce qui est encore marqué par le baiser de l'autel ; parce que toute la grâce que Dieu veut communiquer aux créatures, il la répand en Jésus- Christ, son canal et sa seconde source. En second lieu, le prêtre se tournant, joint encore les mains devant son estomac, et après il les ouvre , pour témoigner que Notre-Seigueur contient en lui toute bénédiction , et

qu'il nous a mérité lui seul la communication des grâces, qui sortent de son sein sur la face de toute son Eglise , et qu'il répand largement avec amour et consolation sur l'assemblée de ses élus. C'est pourquoi il se dilate , et témoigne par cette ouverture des mains la dilatation de son cœur amoureux vers l'épouse, qui boit avecjoieà la fontaine de son Sauveur. Et c'est, comme j'ai déjà dit, après avoir baisé l'autel; comme si le prêtre disait : C'est là que nous allons puiser l'esprit de Dieu, pour prier : c'est en Dieu que Jésus-Christ et toute l'Eglise puisent la grâce : Haurielis aquas in gaudio de fontibus Salvatoris. (Isa. xu, 13.)

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