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la résurrection (1082). La production que fait le prêtre de Jésus-Cnrist au très-saint Sacrement de l'autel est la continuation de la génération glorieuse de Jésus-Christ , au jour de sa résurrection , où le prêtre éternel comme grand sacrificateur de son Fils, si l'on peut se servir de cette expression pour faire connaître ce qu'il opère en ce mystère, embrassant ce cher Fils dans son sein , et le consommant dans le feu de son amour, le sacrifia en sa perfection , c'est-à-dire qu'il acheva, par sa clarification , le sacrifice de . religion qui avait été commencé sur la croix (1083).
Le sacrifice de la croix était le sacrifice qui présentait à Dieu le payement delà dette des hommes (1084) : et Jésus-Christ offrait par là à Dieu son Père toute la somme que le genre humain lui devait, qui était la mort nour le péché (1085) ; mais une mort qui valait mille fois plus que celle de tous les hommes ensemble , et qui satisfaisait plus Dieu que si le sang de tous les animaux eût été répandu (1086). I Mais, au jour de la résurrection, Dieu fait paraître visiblement par la récompense qu'il donne à son Fils, qu'il a accepté le payement de cette dette. Car il embrasse et prend entre ses bras cet aimable Fils qu'il trouve mort , et le mettant dans son sein , qui est la source de vie, il le réchauffe, il le ranime, il lui redonne la vie ; et il la lui donne glorieuse et semblable à la source qui le produit et qui l'engendre (1087).
La sainte vierge l'a engendré par la vertu du Père éternel qui habitait en elle : Yirtus AUissimi obumbrabit tibi. (Luc. i. 15.) (1088) Le Père produisant en elle son Verbe incarné, le produit semblable au principe de vie dans
lequel il lui veutdonner naissance : et comme ce principe est Marie , vivante encore de la vie de la chair et dans l'infirmité , il l'engendre semblable à elle et dans l'infirmilé (1089) : où au contraire le Père éternel au jour de la résurrrection de son Fils , l'engendrant par lui-même et en lui-même, il l'engendre semblable à lui et dans la splendeur de sa gloire.
Or c'est là la merveille de notre vocation, et le miracle prodigieux de notre état. Car nous sommes coopérateurs avec le Père éternel de la génération divine et glorieuse de Jésus-Christ ressuscité; et il nous appelle avec lui par le sacerdoce à la dignité de sacrificateurs de son Verbe, duquel il est lui-même, pour le dire ainsi, comme le grand prêtre au jour de sa résurrection , de même que le Fils est la victime du sacrifice, et que le Saint-Esprit est le feu qui la consume (1090).
Le Père éternel, au jour de la résurrection, est dans son Fils, qu'il ressuscite en lui donnant la vie, et qu'il réveille par sa missance, laquelle il lui communique : et e même Père est en Jésus prêtre selon l'ordre de Melchisédech, qu'il produit et qu'il engendre avec les prêtres sur les autels. C'est donc un état d'une merveilleuse sainteté, et une vocation d'une pureté inconcevable que le sacerdoce, puisqu'un prêtre doit entrer en part de la puissance du Père, produisant et engendrant son Fils ressuscité (1091).
Si la sainteté de la sainte Vierge est si grande à cause qu'elle a engendré Jésus- Christ en son infirmité, étant avec le Père éternel coopératrice de la génération temporelle de son Fils; que sera-ce de la sain-
(1082) Magna prorsus et adiniranda sacerdotnm est digifitas : niaxima Mis est cotlata potestas. Sua nanique prolalione et ad eurum pêne libitum corpus Christi de panio transsubslaiilialur inaleria : descendit de eœlo in carne Verbuin. Hue Mis piœrogaium est quod niiuquam datum est angelis. (B. Laurent. Justin., Serm. de corp. Christ.)
(1085) Deus gturi/icabit eum in semelipso. (Juan, xm , 52) scilicet resuscitando eum. (Kupert., hic. )
GlorifiçavitDeuni Filiumsuum per resuneclionem eum mortaliias fuit iiiimorialitate vesiita , et in aflêrnain virtuiem temporalis inûrmitas commulaia, (S. Auc, ibid.)
Pio peecatis humain generis seipsum in aracrucisobtulit idem ipse Sacerdos et hostia. (Innoc. 111 De my&ler. Miss., c. 9.)
(1084) Passio Domini non tam sacrilicii fuit oblalio, quam mundi pretiique ipsius soluiio. (Gdillei,. Paris., De sacram. Euchar.)
(1085) Passio Domini prelium est orbis lerrarum. (S. Arc, epist. 171.)
(1080) Si meiiamur pretiositatem vitae quœ Christo oblata est, non aequabunt eam omnes vitas liominum. Et hoc l'one diceie voluit Prophela : Melior est misericordia lua , super vitas. ( Guillelm. Paris., tract. Cur Deus homo, cap. 9.)
(1087) Clirisli clarilicatio est pleniludo gloriae, cui non queat amplius addi. liane recepit a Paire Filius : singulariter enim illi diclum est, Setle a dexiris, uipole in gloiia cuaequali, piogeneraliune
consimili, majestate non dispari. (S. Ber.n., serm. 70 in Canl.)
(1988) Sic fit sponsa î)ei Patris, ut ipse et non alius in ejus mentent et uleruin infunderel Filium suum. ut per divinissimum Spiritus sui ardorem sic inflammaret, ut ex ea et in ea fonnarei corpus Filio suo. (S. Iîern. Sen., serm. 8, in fest. B. Malice, a. I, c. 5, t. IV.)
(1089) Ex Paire nascitur Deus . ex Maire nasciluicaro. (S. Bernard. Sen., Serm. de ISativit. Clirisli, l. IV.)
(1090) Excedit sacerdotalis potestas Virgi'iis poleslatem. Nam Chrislus in ventre Virginis moiïalis fuit; in ahari vero est impassihilis et immortalitale doiatus. si B. Virgo bonoratur ut dignum est quia Filium Dei porlavit in saiictissimo utero iuo, etc., quantum débet esse sauelus eljustus el dignus, qui jam non inorluuin , sed glorificalum et in œternum victurum , in quo desiderant angeli prospieere , conlreclat manibus, coide alque ore sumit, el aliis porrigil ad sitineuduiu '.' (S. Bernard. Seuens., serm. 20, a. 2, c. 7, t. 1.)
('.091) Quo igitur non oportet esse purioreni la'i fruenlein sacrifieio? Quo solan radio non pu— riorem nianuiu carnem liane dividenlemï (S. Ciiuïsost., honi. 00, Ad pop. ânlioch.)
Quia dominicuin corpas in virginalis uteri lemplo coaluit, nuuc etiarti a ininislns suis eouliiientis pudieiliae munditiam quaeril. ^Petr. Dam., opusc. 18, dissert. 1, c. i.)
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teté des prêtres, appelés pour être coopéraient cie sa génération divine et glorieuse (1092) ?
Dieu le Père n'entre point en accommodement au jour de la résurrection de son Fils. Il ne veut point déchoir de sa dignité en ce mystère; il veut produire un Verbe en sa majesté, et engendrer un Fils en sa gloire. Il ne produit plus un Verbe dans l'infirmité, un Verbe dons les faiblesses de la chair, un Verbe qui porte les traits et la ressemblance du péché (1093) : mais un Fils et un Verbe dans la splendeur des saints; un Verbe dans l'éclat de sa majesté, un Verbe vraiment figure de sa substance, et la splendeur de sa gloire (109i) : et ce Père adorable s'associe les prêtres pour leur donner part à cette œuvre, et les élever avec lui à cette divine opération ; en sorte que l'on peut dire, qu'ils entrent en sa puissance et en sa dignité, et qu'ils sont un avec lui opérant ce mystère (1095).
Quelle doit être la sainteté du prêtre (1096) ! Quelle doit être sa sagesse, sa retenue, sa modestie (1097) 1 Etre sur la terre celui qui représente le Père éternel, et le Père éternel engendrant son Fils, c'est-àdire opérant le plus grand de ses chefsd'œuvre 1 C'est un prodige qui surpasse | toute créature (1098).
Saint Joseph est un des plus saints de tous les hommes, parce qu'il représente le Père éternel sur la terre; et toutefois il n'a point de part à la véritable puissance d'engendrer Jésus-Christ (1099). Il n'a point le pouvoir effectif de le produire; il n'a point la vertu que Dieu communique à ses prêtres. Il a bien eu la grâce d'olfrir Notre-Seigneur à Dieu son Père, mais il n'a pas eu celle de le produire; il n'a pas eu la puissance de l'engendrer comme la sainte Vierge; et il n'a rien du Père éternel que la
grâce et la sagesse de conduire Jésus-Cnrist en son infirmité ; mais le prêtre a celle de le produire ressuscité, et de l'engendrer en sa gloire (1100).
Dieu tout-puissant 1 vous avez la vertu d'engendrer votre Verbe en vous-même par votre parole de toute éternité; mais dans le temps vous l'engendrez et le produisez hors de vous-même, et toutefois vous le portez entre vos bras, et vous l'avez toujours devant vos yeux. Quel honneur à vos prêtres de se voir appelés à ce bonheur, et de se~ trouver dans ce même état et dans cette même condition 1 Car ils produisent votre même Fils sur les autels ; ils l'ont toujours présent devant leurs yeux, et ils le portent dans leurs mains, jusqu'à ce qu'ils terminent le sacrifice, et que, par la communion, ils le reçoivent dans leur sein, comme en conmiuniant à lui vous le reçûtes dans le vôtre au saint jour de la résurrection (1101). s - -
Le Fils entrant dans le Père, . et le Père dans le Fils, contentent leurs désirs mutuels, et se font les caresses les plus grandes et les plus excessives qui puissent être conçues. Car le Fils, lassé de ses travaux, et ennuyé de l'absence de son Père, se trouve, au jour de sa résurrection, dans le terme de ses ardents désirs, et dans cette félicité consommée, pour laquelle il avait taut soupiré sur la terre (1102).
Il avait souhaité toute sa vie de se voir à la lin de ses excès (1103), pour emporter sur le diable le triomphe qui devait établir le rovaumo de son Père. Et c'est ce royaume qu'il lui a acquis par sa mort, et qu'il avait perdu depuis tant de siècles, qu'il lui redonne, et qu'il lui remet entre les mains au jour de sa résurrection ; et le Père, recevant avec joie tant de dépouilles, donne à son Fils la récompense de ses travaux, et
CI 092) Plane sicut concipienti deiferœ Virgini non virile semen inlluxit, sert yirlus sancti Spirilus obumbravit : ita mine in altari posilura Sacramentum eadem sancti Spirilus virtus esi, quoe vivificat : et neeesse est ui boc pudica nianus et impolluta contiugat. (Ibid.)
(1095) Forma enim servi (résurgente Domino) reversa est in forma m Dei ; ei exinsinilio liuniiliiaiis ad deposilae allitudinis rediit majesiatem. (S. Cïprian., Sera, de resurrect. Chritti.)
(1094) Splendor yloriœ, cl Hyuru subslautiœ ejus. {llebr. i, 3.)
In splendoribus sanctorum. (Psnl. cix, 5.)
(1095) In opère creationis non luit qui adjnvaret Spirilum Domini. In mysterio vero redemplionis nostrae voluit babere coadjutores dicens : Hoc fâche. (Petr. Blés., serm. in Inec verba, psal. xlviii , 13 : Homo cum in honore essel.)
(I09ii) Eluceat in eis totius lonna justitiae. (Pontifical. Rom.)
(1097) Niliil scientiae, niliil in eis sapientise, niliil desit industrie. (Origen., boni. 0, in Levit. vi, 8. (Ju. 1, e. Licel.)
1098) Meinoriale slupendum ae super omnia preliosuni. (Clem. unie. De retiq. el vener. sancl.)
1099) Sanctus Joseph tant* fuit dignitalis cl glorix, quod aslernus Pater ejus primants simililudinem sibi liberalissime super incarnalum Filium cu.idonavit. (S. Bf.rn. Sen., art. 2, c. 3.)
(1100) Nunquid ignoras Dei Filium adeo carnis elegisse mundiiiam, ut nequidem de pudicitia conjugal!, sed de rlausula potius incaniatus sit virgiuali ? Et ne boc sufficere videatur, ut tantummodo virgo sil mater, Ecclesioe (ides est ut virgo fuerit et is qui simulatus est paler. Si igitur Redemptor noster tantopere dilexit tloridi pudoris integritatein, ut non modo de virgineo utero nasceretur , sed eiiam a nutritio virgine traetaretur, et hoc ému adhue parvulus vagiret in cunis; a quibus nunc, obsecro, traclari vulleorpus suuin, cum jamimmensus régnât in cœlis? (Petr. Dam., opusc. 17, c. 3.J
(1101) O quam magnum et honorabile est officiuin sacerdotum, quibus datuni est Dominum majeslatis verbis sacris consecrare, labiis benedicere, manibus tenere, ore proprio sumere, et caîteris minjstrarel O quam inumUe debent esse manus illae, quam purum os, quam sanctum corpus, quam immaculatum cor sacefdolis! etc. (A Kempis, Deimit. Christ., lib. iv, c. 11, n. 6.)
Nulla major dignitas quam corporis et sanguinis Domini trarlare sacramenla. (B. Laurent. Justin , Sertn. de Euchar.)
(1IU-2) Deus paler suscepil Filium, eioec.irsu quodam pielatisascéndentem illumgremio inolliorecomplectituJ. N'am ideiren dicitur l'aier recipere Filium nubis umbraculo, ut oslendalur refrigerio quod.iin foyere ejus vulnera. (S. Maxim., hom. 3 in Pjnter,)
(1103) Quomodo cuarctor usqtie dum perfida-