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TRAITE DES SAINTS ORDRES. - PART. I!!. DU SACERDOCE
les triomphes que méritent ses victoires (UOi).
Les prêjn^ dans l'union qu'ils ont au Père éternel, sont associés à cette haute puissance. Car en produisant Jésus-Christ ressuscité sur les autels, ils le mettent dans le même état de triomphe et de gloire où il se trouve dans le sein de son Père (1105). Ce qui les doit faire entrer dans une sainteté merveilleuse, en sorte qu'étant retirés dans ce même sein adorable, ils vivent séparés universellement de toutes choses, et appliqués à Dieu tout seul, qui est saint en lui et hors de lui (1106).
Dieu n'est pas seulement appliqué a luimôme dans ses opérations intérieures et dans sa vie divine, mais encore dans ses opérations extérieures : Et sanctus in omnibus operibus luis. II est saint en toutes ses œuvres, et il ne laisse point d'être appliqué à soi en tout ce qu'il opère. Et c'est ainsi que le prêtre doit être saint, ne perdant point l'application à Dieu dans ses emplois. Quoi qu'il opère dans le monde, il faut qu'il l"opère saintement; ce qu'il ne peut faire qu'en se tenant très-uni à Dieu, et entièrement séparé de toutes choses (1107).
Mais ce que l'on doit encore observer pour la sainteté particulière des prêtres, est qu'elle doit être de la nature de çeljejle Dieu, qui est tellement appliqué à sol, qu'il ne soutïre qu'avec peine tout ce qui n'est pas lui-même, qu'il le détruit et le consume, ne pouvant supporter ce qui s'oppose à sa sainteté (1108). 1
C'est ce qu'on verra au jour du jugement
tur! {Luc. xii, ?'0.) Id est, quam sollicitus et anxius sumac premor! (theophil.Jmc.)
Valde propero ad illud. (S. Iren., Adv. hœres., c. 18.)
(1104) Exspolians principatus el polestates, scilieet dsemonum, auferendo il lis animas jusioriim; iraduxit, id est duxil, ad régna coelonini palam iriumphans illos in semetipso. ( S. Anselm., In Coloss. il.)
(1105) Sacerdotes a Dominatore universœ terrse receperiint supreimim dominium et a diebus sacculi non solnm hominibus, imo el angelicis spiriiibus penitus inauditum. Quia, ut dicit Bern,, nec regiiius, nec sacculi hujus potesiatibus legilur altrihulum, ui illud conflciat quoiidie consecratiis in sacerdotem in aliari, qiiod Dei Filius divinitalis vu une perlicit in cœna pasehali. ( S. Bonav., Eccl. hier., part, il, cap. 1.)
(1106) Faciès laminant de aitro purissimo in qua sculpes opère cœlatoris sanclum Domino. ( Exod. xxvm, 56.)
(1107) Convenienter ornamenlo capitis pontilicis lamina aurea superimponiiur cui inscriptum est nomen Dei, ut per hoc signilicetur, ad laudem et gloriani Dei référendum, quidquid a sacerdotibus et ininistris bene fuerit dispensatum. (Hlgoa S. Vict., De Christ. Rd. sacr., lib. il, part, iv, cap. 8. t. III.)
Sancli estote quia eqo itmctus sum. I Levil. n,44.)
(1108) Dominationibus conformantur, in quibus nibil divinae similitudini conlrariuin invenilur... qui ad nullum vere appareils, sed ad vere exsislens toialiler sunt conveisi, quia ad nullum inane et transiiorium se convertunt, sed seniper illum qui verus est, Dcuin scilicet aspiciunt et illi in omni-
dans la destruction de tout ce monde, et ce que Dieu même a fait paraître sur son Fils: car voyant en lui une nature en .ressemblance de péché, il la dévore et la consume en lui-même par le zèle de sa sainteté, et la fait passer en sa nature sainte et divine, ne la pouvant supporter en autre état, et commençant ainsi en sa personne le jugement qu'il veut exercer sur le monde (1109).
C'est ainsi que doit faire le prêtre. Il faut qu'il soit si saint, qu'il travaille à consommer tout ce qui est péchë,\et même tout ce qui en a quelque apparence. 11 faut qu'il travaille à détruire les maximes du monde, et que lui-même soit le premier sujet sur lequel il exerce son zèle, s'appliquani incessamment à consumer ce qui est impur en lui , et tout ce qu'il y a de terrestre en ses affections (1110).
Le prêtre doit vivre comme un nomme mort entièrement à celte vie, et ressuscité à une nouvelle. Il doit mener la vie d'un ange, il doit avoir en son cœur une vie sainte et divine, une vie de bienheureux, une vie semblable à celle de Notre-Seigneur ressuscité, par laquelle il loue et adore , il aime et respecte incessamment son Père (1111).
Il faut qu'il soit séparé de la chair comme un ange, à cause qu'il est enfant de la résurrection, et que Dieu l'a engendré comme son Verbe, dans les sentiments et les inclinations de la résurrection (1112).
C'est pourquoi les prêtres doivent avoir une grande dévotion à Nntre-Seigneur en sa résurrection, parce qu'il est déclaré prêtre
bus placere concupiscunt. (S. Bonav., De eccl. hier. pari, h, c. 1.)
Eos qui ad sacra ministeria accedunt. ea oportet esse nmndiiia, ut ipsas quoqiic exlremas imagines purgatas babeanl. (S. Dionïs., De eccles. hierarch.)
(1109) Cbristus tune secunduni carnem homo : nunc per oninia Deus. ( S. Ambr , De fide liesurrecl. )
In rcsurreclione Domini lotum divinum senlias, nibil biimanum. (Chrvsol., serra. 75.)
(1110; Absorpla est mors in Victoria. (I Cor. xv, 54. )
Victoria quasi ignis divinus : cum absorbet et morlem nostram, holocaustum est. Non rananei modale aliquid in carne, non remanel culpabile aliquid in spirilu. Toiura ex nioiiali vita consuniitur. (S. Ace, In psal. lw.)
Abscedat vanilas, accédai divinilas, transformet cliaritas, el liam lotus divinus. ( S. Bonav., Opusç. de instr. sac. ad Miss. )
Totum raeum consumât ignis tuus : nibil mei romançât mibi ; lotum sil tibi. ( S. Arc, In psal.