‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 44 sur 394 · IS · texte numérisé non relu

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voies pour résister à ces tentations, elle peut, sans se troubler, demeurer soumise à la justice de Dieu, pour endurer cette peine et cette affliction en châtiment de ses péchés.

C'est ainsi que notre âme se perfectionne, et qu'elle se fortifie en la vertu (181*), dans le temps même qu'elle souffre de plus grandes infirmités, et qu'elle ressent de plus grandes faiblesses, parce que la vue de son impuissance, l'obligeant de recourir à Jésus-Christ, elle trouve en lui toute sa force et toute sa vertu.

Un autre remède excellent contre ces tentations est l'exercice de l'esprit; non-seulement pour chercher en Dieu la force qui nous est nécessaire, mais aussi parce qu'il faut occuper notre esprit, afin d'ôter ce vide dont se sert le malin pour s'insinuer dans notre cœur.

Or, afin d'occuper utilement notre esprit, il faut l'exercer à l'anéantissement devant Dieu, et à la reconnaissance du peu de pouvoir que nous avons pour nous-mêmes de résister au péché, avouant que le seul esprit de Dieu nous en peut préserver; que c'est à lui seul à nous en défendre, et qu en lui seul nous trouverons notre sûreté et notre vie.

La chair, par elle-même, est toute portée au mal, et particulièrement à l'impureté; et le seul esprit de Dieu, régnant en nous, nous peut empêcher de consentir aux sentiments qu'elle nous donne.

C'est pourquoi nous devons reconnaître que la chasteté est un don de Dieu, que nous tenons de sa pure bonté : et nous devons lui abandonner le soin de nous dissuader le péché, d'en éloigner notre âme, et de la tenir en lui dans l'horreur de ce monstre. Il faut être en cela entièrement abandonné à Dieu, et ne rien présumer de soi, autrement c'est tout perdre.

11 faut aussi fuir soigneusement les occasions d'irriter en nous le péché ; car autrement nous faisons paraître trop de confiance en nous, nous demeurons dans le mensonge et dans l'illusion, qui nous persuadent qu'il y a encore en nous pouvoir de résister au mal ; et nous exposant au péril et au danger des occasions, nous méritons que Dieu nous laisse à nous-mêmes, et qu'il nous fasse par cet état expérimenter notre faiblesse.

11 est assuré qu'aussitôt que nous serons laissés à nous nous tomberons, à moins que Dieu ne nous soutienne par une bonté toute particulière. Cette bonté nous fera reconnaître que c'est en lui seul que nous avons été maintenus, mais il ne continuera pas de le faire, si nous ne nous retirons de l'occasion du péché.

Que si après avoir évité les occasions, la tentation continue, la vraie manière de la combattre et d'en être victorieux est, comme nous l'avons dit, de se retirer intérieurement en Jésus-Christ, présent à l'âme, qui

(181) Ne magniludo revelalionum exlollal me, datus mihi stimulus carnis meœ , amjelus salanœ, qui me colaj'hizel. (Il Cor. xn, 7.)

(181*) Virtus in infirmitale perficilur. [II Cor. xn, 9.)

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