AUTRE EXERCICE DU MATIN
Premier point. — Vous adorerez Jésus- Christ ressuscité, établi par son Père en toute la beauté de ses grandeurs divines.
Adorez la qualité de Fils de Dieu en toute In splendeur de son étal; comme aussi sa qualité de roi, de prêtre et d'hostie porfaiteo eut consommée dans l'amour et dans les louanges de son Père.
Adorez les grandeurs du Père en son Fils, eu la sainteté de ses voies divines. Dieu, par le baptême, a revêtu votre âme des mêmes grandeurs de son Fils, et a mis en elle les mêmes qualités en semence, qui sont en achèvement et en consommation en lui; il prétend que vous alliez croissant de jour en jour jusqu'à l'établissement de l'Homme parfait, qui est le Fils de Dieu, lequel paraîtra un jour en toute l'étendue de ses perfections divines, cachées à présent sous notre chair, dans l'attente de la révélation universelle, où il manifestera la gloire de sa résurrection et de sa vie divine, qui était cachée en ses membres.
Souvenez-vous donc que ce jour ici vous est donné pour croître et pour vous perfectionner en la vie ressu-eitée de Jésus-Christ, et pour établir en même temps sa mort en vous-même. Saint Paul nous apprend cette pratique : Vous êtes morts en votre extérieur, et votre vie divine est cachée dans le fond de votre intérieur par Jésus-Christ, qui voik donne la vie de Dieu son Père, dont il a été revêtu extérieurement en sa chair au jour de sa résurrection : et quand vos corps seront ressuscites comme le sien, cette vie cachée en vous, comme elle l'était en lui, se fera voir en toute sa splendeur et en son éclat divin, Mortui estis et vita vestra est abscondita cum Christo in Deo. Cum Christus apparuerit, vita vestra, tune et vos apparebitis cum ipso in gloria. (Col. ut, 3.)
Second point. — Ensuite, priez beaucoup Dieu qu'il veuille réparer en vous celle sainle vie, que vous avez si souvent détruite par le péché.
Ayez horreur et confusion de votre péché, qui a éteint en vous cette vie, bien qu'elle fût mille fois plus auguste et plus sainte que la vie du corps de Jésus-Christ, que les Juifs lui ont ôtée en le crucifiant. Ayez plus de regret de l'avoir privé de sa vie sainte en vous que si vous l'aviez crucifié dans sa chair et mis à mort sur la croix. Il a perdu cette vie de chair pour établir en vous la vie de son Esprit ; ce qui vous fait voir l'estime
en
qu'il fait de sa vie spirituelle et divine vous, par-dessus celle de son corps.
Troisième point. — Désirez que celte vie se renouvelle en vous par la sainte pénitence, qui est ce baptême laborieux laissé en l'Rglise, pour renouveler en vousl'Esorit de Dieu, éteint par le péché.
Dites encore à Dieu : Je m'offre à vous, Père éternel, en votre Fils , afin d'agir en lui seul, tout ce jour et toute ma vie pour votre gloire.
Je renonce à tout moi-même, à cette vieille créature condamnée à la mort en elle et en ses œuvres.
Je condamne dès à présent toutes recherches propres pendant cette journée.
Je déteste toute occupation intérieure de moi-même, ne voulant point souffrir la vue ni l'amour d'une idole qui me remplisse en votre place.
Je déteste encore toutes les paroles queje pourrais prononcer à mon avantage.
Je renonce aussi à toute complaisance que je pourrais prendre en mes œuvres.
Je m'abandonne à votre Esprit pour opérer en la pureté de ses voies, ne voulantadhérer qu'à sa seule lumière, à ses saints mouvements et à sa vertu divine.
Je désire encore, ô mon Dieu, en votre même Esprit, qui remplit tous les saints du ciel et les justes du monde, de vous louer, de vous aimer et de vous servir en eux. pour étendre par eux le service, l'amour et la louange queje vous dois, et prendre part par ce moyen, a l'esprit qui les anime pour votre gloiie.
Je ne puis me présenter à vous, 6 mon Dieu, dans mon impureté ; et si je ne rencontre dans votre Eglise des suppléments à ma bassesse, je n'ose me tenir devant vous. Enfin, mon Dieu, je suis à vous, en votre Fils Jésus-Christ, et je désire tellement être animé de lui, et transformé en lui pour opérer par lui à votre honneur, que je ne veux plus rien faire, ni penser, ni parler qu'en sa seule vertu et dépendance ; je trouverai en lui de quoi contenter mon dé>ir et de quoi satisfaire au devoir de ma religion.