‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 68 sur 394 · AUTRE MINIÈRE DE RÉCITER I.E CUAPELET DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

AUTRE MINIÈRE DE RÉCITER I.E CUAPELET DE LA SAINTE VIERGE

En disant le Credo sur la croix, il faut s'unir intérieurement à la foi de la très-sainte Vierge, pour demander a Dieu la participation de celle qu'elle avait de tous les mystères de notre religion.

Ensuite il faut dire le Pater en l'union de l'esprit dans lequel Jésus-Christ le récitait sur la terre àl'honneuret à la gloire de Dieu son Père, pour le bien de l'Eglise.

Il faut dire les trois Ave Maria suivants en union du respect et de l'amour avec lequel le saint ange Gabriel honora la trèssainte Vierge, en lui prononçant ces paroles de la part du Père éternel.

On continuera les autres Pater dans ies mêmes intentions du premier ; et en récitant les dizaines d'Ave, il sera bon aussi de se tenir uni à l'intérieur et aux mêmes dispositions du saint ange qui la salua.

Outre ces dispositions générales, il sera bon, pour éviter la distraction et l'inutilitâ de l'esprit, de changer de temps en temps d'attention et de s'occuper en détail des grandeurs de la très-sainte Vierge, faisant successivement ce que l'ange faisait tout d'un coup en la plénitude de sa lumière.

Sur le premier dizain, en disant l'Ave Maria, on pourra honorer la plénitude des grâces que ces paroles expriment , gratia plena, et que le Père éternel mit en son âme lorsqu'il la choisit pour son épouse et qu'il commença de la posséder en cette qualité: Dominus possedit meininilioviarum suarum.

(Prov. vin, 22.)

Le second dizain servira pour honorer toujours avec l'ange la plénitude des grâces dont le Fils de Dieu la remplit, la prenant poursa Mère et habitant en elle.

Le troisième dizain servira encore pour honorer cette même plénitude de grâces que le Saint-Esprit a versée en elle, comme en son temple et en son sanctuaire, où il a répandu continuellement les opérations amoureuses et magnifiques dont une créature peut honorer et glorifier Dieu.

(236) Deus tolius comulaliunis.

Le quatrième dizain pourra être employé pour honorer la sainte Vierge en qualité de reine du clergé, qui est une qualité naissante de sa première grandeur d'épouse du Père éternel, selon laquelle elle entre danstout le zèle qu'une épouse est capable d'avoir pour lagloiredeson époux : a raison de quoi le I ère éternel lui a donné tout le clergé pour ses membres et pour ses sujets, comme ceux qui doivent être tout feu et toute ardeur pour !>ieu, et qui doivent se consommer continuellement dans les opérations du zèle de sa gloire : Qui facit am/etos suos spiritus , et ministros suos flammam ignis. [Hebr. i, 7.)

Le cinquième dizain servira pour honorer la sainte Vierge en qualité de mère de l'Kglise, ayant autant d'enfants qu'il y a de Chrétiens qui reçoivent tous les jours ieurs aliments et leur nourriture des saintes mamelles de sa dilection. Ils ne voient que par sa lumière, ils n'aiment que par sa charité et n'ontde vertu qu'en sa force, recevant toutde Jésus-Christ qui habite en elle en la plénitude de la vie de son Père, pour la distribuer à tous les hommes.

Enfin le sixième dizain servira pour l'honorer en qualité de médiatrice des pécheurs auprès de Jésus-Christ, établie du Père éternel pour être le caractère et le sacrement de sa miséricorde. Le Père a donné son Fils comme le caractère de sa substance et de toutes ses perfections, pour les rendre visibles aux hommes ; et le Fils, suivant les traces de son Père, partage ses opérations et ses voies entre sa miséricorde et sa justice, universœ vite Domini misericordia et vcritas [Psal. xxiv, 10); mais la très-sainte Vierge n'a été choisie du Père que comme le caractère de sa miséricorde et comme un sacrement par lequel il voulait en opérer les effets dans les âmes. C'est pourquoi il opère en elle-même le plus grand de ces effets, la remplissant de Jésus-Christ son Fils, qui épuise pour nous la miséricorde de Dieu et qui verse aussi par sa Mère, comme par un sacrement, les miséricordes de son Père sur les hommes : Salve, regina, mater misericordiœ, etc. On pourrait finir le chapelet par cette antienne et par ces autres paroles :Ego mater pulchrœ dilectionis, et limôris, et agnitionis, et sanctœ spei (Eccli. xxiv,2i), à cause que cette Mère de miséricorde ayant répandu dans les âmes les effets d'amour, de religion et de foi, elles se trouvent aussitôt remplies d'une sainte espérance, et sanctœ spei.

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