‹ uvres complètes de M. OlierChapitre 77 sur 394 · AUTRES ACTES PENDANT LE TRAVAIL · texte numérisé non relu

AUTRES ACTES PENDANT LE TRAVAIL

Mon Dieu, je mérite cette peiné pour mes péchés : j'en mérite bien davantage, ô mon Seigneur Jésus, puisque je devrais même souffrir celle des enfers, dont celle-ci n'est que l'image, qui m'avertit qu'un tourment plus rigoureux m'attend, si je ne souffre celui-ci en pénitence.

Je vous remercie, mon DUu, de n'avoir

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point voulu me perdre jusqu'à présent, et de m'avoir donné ce temps pour faire pénitence.

Je vous prie, mon Dieu, d'accepter cette peine en satisfaction de mes péchés

Je me soumets à vous, mon tout, pour travailler jusqu'au jour du jugement, afin de satisfaire à votre. justice.

de l'esprit de sacrifice, en plusieurs occasions DE LA JOURNÉE.

Il faut être soigneux et attentif durant toute la journée à la vie de la chair qui est en nous, pour la crucifier en tout, soit dans les sens extérieurs, soit dans les puissances intérieures.

Le Chrétien y est obligé par esprit de pénitence, qui doit punir en tout l'ennemi rebelle de Dieu, et l'anéantir autant qu'il peut, et par esprit de religion, qui doit sacrifier à Dieu et à sa sainteté tout ce qui est impur.

Et quoique les prêtres soient spécialement obligés à ce sacrifice continuel, à cause de leur profession expresse et publique , et qu'ils doivent montrer au dehors l'intérieur de leur vocation, laquelle les oblige à une mort perpétuelle, qui soit à tous les Chrétiens un exemple de mort et de sacrifice. Les Chrétiens toutefois sont tous prêtres en foi et dans le secret de la vie de l'esprit; ils sont tous prêtres en Jésus-Christ, et sont obligés de vivre en esprit de sacrifice, à cause de l'esprit de Jésus-Christ qui est dans tous les fidèles, pour exercer son sacerdoce et dilater son sacrifice : Fecit nos regnum et sacerdotes (Apoc. i, 6); et on manque beaucoup contre l'Esprit de Jésus-Christ, prêtre en nous, quand on ne lui laisse pas la liberté de nous immoler, et de sacrifier à son Père tous les désirs de notre chair.

C'est en ce même esprit de sacrifice que le Chrétien qui est rempli de l'Esprit de Notre-Seigneur prêtre, offrant et sacrifiant toute la créature présente, doit vivre sur la terre toujours en disposition d'offrir et de sacrifier à Dieu, et sa propre personne, et tout l'être présent.

- Par exemple, lorsque le Chrétien se considère défaillant en son être à tous moments, par le temps qui s'écoule, avec lequel son corps et sa vie dépérissent, il se doit laisser élever à Dieu le Père par Jésus- Christ, surtout quand l'horloge sonne et qu'elle marque quelque portion de notre vie déchue, disant :

Mon Dieu, je vous adore, j'adore votre être éternel, je suis ravi que mon être périsse à tout moment, afin qu'à tout moment il rende hommage à votre éternité.

Demeurez en vous-même ce que vous êtes, et que toute la créature en périssant, aussi bien que votre Fils en mourant, fasse voir que vous êtes le seul éternel.

Tput de même, quand le Chrétien se voit déchoir en sa substance par les excréments qui lui sont retranchés, comme sont la-barbe, les cheveux, les ongles et ceux qui s'écoulent d'eux-mêmes par la sueur, le cra-

cher, le moucher et autres plus grossiers, qai marquent ledéchet universel de la substance humaine, il faut alors qu'il s'élève en esprit à Dieu et qu'il lui dise :

Vous êtes, ô Dieu de vie, le seul éternel, immortel, immuable et incorruptible en vous-même.

Vous êtes celui qui vit incessamment sans déchet et sans accroissement de votre être. Tout périt, tout se change, tout se corrompt, et ne demeure pas un seul moment en même consistance.

Demeurez en vous-même, mon Dieu, considérant tout votre ouvrage, qui est en révérence et en respect de votre état permanent.

Que dans l'esprit universel de votre Fils, qui est présent à tout le monde, je puisse vous offrir toute la créature présente pour vivre dans l'hommage de votre état éternel et divin.

C'est ainsi même que dans les temps d'automne et d'hiver, voyant à la campagne les arbres dépouillés de leurs fruits et dénués de leurs feuilles, il doit être eu vénération pour Dieu, et lui dire :

O Dieu 1 que votre créature honore par ses états changeants, stériles et mourants, la beauté immortelle de votre fécondité !

Ces arbres, si gais et si verts en leur printemps, faisaient voir votre beauté divine, qui est de toute éternité et ne finit jamais par la révolution des années.

Vous êtes toujours, mon Dieu, dans votre printemps : vous n'avez point d'automne ni d'hiver qui ternissent votre être.

Votre fécondité, mon Dieu, demeure toujours la même, et votre fruit est toujours attaché à vous. Si votre Fils paraît parmi nous, il demeure en vous, il n'y a point en vous de déchet de substance et de vie, pour nous l'avoir donné en la terre.

La terre en le portant nous a donné son fruit : Terra dédit fruclum suum. (Psal. lxxxiv, 13.) Il a eu son printemps en Ja nature humaine : il y a eu son automne, son hiver, son été ; mais c'était, ô mon Dieu, pour être dans l'hommage universel que les créatures vous doivent et pour sanctifier, par sa présence et par ses états, le sacrifice et la religion de tout l'univers.

Soyez donc, ô mon Dieu, le seul éternel et sans fin. Soyez le seul immortel et immuable; que toute la créature se réjouisse en sa perte et en son anéantissement, pour vous rehausser par sa ruine et pour vous glorifier par sa mort et par son néant,

Jésus, Notre-Seigneur et votre Fils', soit élevé avec vous dans l'immortalité de votre gloire, et rendu semblable à votre état divin, par sa résurrection, sa vie nouvelle I II soit avec vous participant de tout l'hommage que les créatures vous rendent, et qu'il vous a rendu lui-même le premier en son état de voyager, dans le véritable esprit de sacrifice et de religion.

De même, quand on voit le mouvement des astres, des cieux et du soleil, ou celui desfleuvesct des fontaines, et celui même des

animaux el des plantes qui s'élèvent, qui poussent et qui croissent sur la terre, on peut dire :

(3 Dieu, immobile en vous-même, vous donnez tous ces mouvements aux créatures, pour faire voir ce que vous n'êtes pas : vous êtes tout en vous sans progrès et sans mouvement, et vous possédez tout ensemble, à tout. moment et en tout lieu, toute la perfection de votre être.

Le soleil court partout pour faire du bien partout, et il fait voir dans son mouvement précipité la petitesse de son être, suppléant par sa vitesse à l'impuissance où il est d'être présent en tous lieux en même temps. Mais vous, 6 mon Dieu, vous êtes présent à toutes choses et faites Je bien partout sans vous mouvoir.

Vous êtes principe de toute influence, et vous êtes la vie de tout l'être présent.

Vous ne portez pas, ô mon Dieu, comme les fleuves, des richesses aux provinces, les transportant d'un lieu en un autre ; ce qui marque leur indigence et leur mendicité. Vous êtes enrichissant tout ce monde par vous-même; et sans vous dénuer de vos trésors, vous en faites participantes toutes les créatures.

Vous êtes présent à tout, et donnez à chacun ce qu'il vous plaît ; vous enrichissez chaque canton des choses que vous jugez lui être utiles; et vous donnez aux uns avec abondance ce que vous retranchez aux autres, pour les tenir en intelligence et en société. Vous faites porter aux infidèles les trésors de la foi, à l'occasion de ceux qui y vont chercher les richesses du monde.

Vous êtes le tout, 6 mon Dieu, vous êtes suffisant à vous, et suffisant à toutes choses : vous leur donnez pourtant leurs besoins avec correspondance et dépendance mutuelle, pour l'humiliation de leur état, et par hommage au vôtre, seul suffisant à vous.

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