TROISIÈME JOUR
De l'énormité du péché, prise de sa nature et de ses
effets.
i° Mettez-vous en la présence de Dieu.
2° Vous reconnaissant indigne de paraître devant Dieu, demaudez-lui pardon de vos péchés; et, vous unissant à .lésus-Christ dans le fond de votre cœur, dites avec saint Augustin : Libéra me, omnipoleus Pater, a vincutis peccatorum; aspice dilectœ sobotis humanitatem, et miserere super infirmi plasmatis dcbidlatem.
3" Renoncez à votre esprit , cl invoquez rcs'jril
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de Nolre-Scigneur, afin qu'il vous conduiso dans l'oraison.
Seconde partie. — Corps d'oraison.
Premier point. Adoration. — Adorez Nolrc-Seigneur Jésus-Christ sous ces belles qualités que saint Paul lui donne : Sanctus , innocens, impolluttis, seyregatus a peccatoribus. {Ilehr. vu , 26.) Considérez qu'il est si éloigné du péché , que non-seulenieiil il ne peut avoir avec lui aucun commerce , mais il en a une aversion immense , une horreur infinie , une haine implacable. Admirez ces dispositions de Jésus-Christ contre le péché : il se réconcilie bien avec le pécheur, quand par la pénitence il se convertit , et se sépare du péché : mais pour se réconcilier avec le péché, il ne l'a jamais fait, et ne le fera jamais ; il le persécute en cette vie , jusqu'à ce qu'il l'ait détruit , et quand il ne le détruit pas en celle vie, comme il ne peut être détruit en l'autre, il le persécutera pendant tonte rélcrnilé. Réjouissez-vous de ce que Nolrc-Seigneur est si saint ; airaez-le avec tous les anges , et dites avec eux , et avec tous les saints : Tu solus sanctus , lu solus Dominus, tu solus altissimus, Jesu Cliriste. (Liturg.)
Delxième P0I5T. Coinmnnioti. — Pour entrer dans les sentiments du Fils de Dieu à l'égard du péché, et abhorrer ce monstre autant que vous de\ez, considérez ce qu'il est en sa nature et en ses effets, et examinez bien à fond jusqu'où va sa malice et sa difformité.
Première considération. — Qu'est-ce que le péché en sa nature? Voici les. traits dont les saints se sont servi pour le dépeindre. C'est une séparation de Dieu ; c'est une opposition totale à Dieu ; c'est une haine de Dieu ; pesez bien ces trois mots, car ils sont épouvantables, et jamais vous n'en méditerez de plus terribles : séparation de Dieu, haine de Dieu, opposition totale à Dieu ; se peut-il rien concevoir de plus horrible? peut-on rien penser de plus abominable? se peut-il rien trouver de plus exécrable dans les enfers? et cependant c'est ce qui se rencontre dans le péché. Vous n'y avez peui-èlre jamais bien pensé. Pcnsez-y comme il faut présentement. !• Le péché écarte, éloigne, sépare, divise l'âme d'avec Dieu. C'est le Saint-Esprit même qui le dit : Iniquitales vestrœ diviserunt inter vos et Detim vestrum {Isa. lix, 2) ; et c'estde quoi Dieu se plaint lui-même par son prophète : Ilœc dicit Dominus : Quid invenerunt in me patres vestri iniquitatis quia elonijaverunl se a me?... Dereliquisti Dominum Deum tuum eo tempore quo ducebat te per viam. {Jerem. ii , 17.) Quand donc vous péchez, vous vous séparez de Dieu: or, en vous en séparant, savez-vous ce que vous faites? vous quittez tous les biens , car il les possède tous , et en est l'unique source , aversio ab incommutabili bono , dit saint Thomas ; et ainsi , par une suite nécessaire , vous vous engagez dans l'abîme de tous les maux. Séparation maudite, que lu dois être horrible à une âme qui connaît Dieu , et (lui ayant la foi sait ce que c'est que de le possé-