‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 199 sur 303 · Troisième partie. — Conclusion · texte numérisé non relu

Troisième partie. — Conclusion

i" Remerciez Dieu des grâces qu'il vous a faites. 2" Demandez-lui pardon de vos négligences. 5" Remettez-vous entre les bras de la sainte\ierge. Bouquet spirituel. — Cor contrilum et liumiliatum,Dcus, non despicies. (Psal.h, 19.)

Du bon propos.

1" Adorez Dieu présent : Vere Dominus est in, loco isto. {Gen. xxviii, 16.)

2° Anéantissez-vous devant Dieu, cl renonçant à vos péchés et à vous-même, donnez-vous à Notre- Seigneur, afin qu'étant uni à lui, vous soyez en étal d'être souffert devant la majesté de Dieu son Père. 3" Renoncez à votre esprit et invoquez le Saint- Esprit, pour être conduit par ses lumières dans l'orais

Seconde partie. — Corps d'oraison.

Premier point. Adoration. — Adorez Jésus-Chrisi se proposant, dès le premier moment de sa conception, de ne faire autre chose en toute ca vie, que b volonté de son Père : 6 le bon propos, et la sainte résolution 1 Admirez comme il est si immuablemenl attaché à ce dessein, qu'il n'en a jamais pu avoir aucun autre , non pas même pour un moment. Bénissez-le de vous avoir donné son esprit pour vous établir dans cette même résolution, et dans celte fermeté inébranlable, où la grâce vous doit mettre, pour ne vous en départir jamais. Remerciezle de cette grâce, et rendez-lui vos autres devoirs. Deuxième point. Communion. — Outre l'obligation générale de faire toujours la volonté de Dieu, et de ne le jamais offenser, qui est le bon propos que l'on doit avoir toute la vie, méditez bien aujourd'hui les motifs particuliers qui vous obligent d'apporter tous vos soins pour avoir ce bon propos ; eii voici trois entre beaucoup d'autres

Le premier motif est que, sans ce bon propos de ne jamais offenser Dieu, au moins mortellement, votre contrition sera fausse, et par conséquent votre confession sacrilège : Agere pœnitentiam nihil aliud est quam profiteri se ultcrius non peccaturum (Lac- TANT.,lib. VI Instit., cap. 15) ; et, comme nous enseigne le saint concile de Trente, c'est-à-dire le Sailli-Esprit par l'organe de l'Eglise, la contrition a deux faces également nécessaires : l'une regarde le passé, l'autre l'avenir. Il faut détester les péchés qu'on a commis, mais il faut détester aussi ceux qu'on pourrait commettre, autrement on se moquerait de Dieu en se confessant, parce qu'on ferait semblant de lui demander pardon dc ses fautes, et cependant on retiendrait en son cœur une secrète volonté de l'offenser encore. Ainsi, on n'aurait point de douleur véritable du péché, et on ne pourrait faire qu'une très-abominable confession, et qui sérail de la nature de ces nénitcnccs dont uarle saint

Gyprien , quœ veniam îioïi mereritur, scd provocant irmi. Prcnez-y garde.

Le secoHd motif est que ce bon propos est extrêmement nécessaire pour ne point retomber dans les péchés dont on se confesse. Ce qui fait que la plupart du monde ne profitent point dans le service de Dieu, et que presque tous se perdent misérablement, c'est que presque tous, après s'être confesses de leurs péchés, y retournent; on se nettoie un jour, et le lendemain on se salit; on se relève, et ensuite on retombe : c'est le moyen de n'avancer jamais, et h la fin de se perdre. Or, le bon propos est un antidote souverain contre toutes sortes de péchés ; c'est iMi préservatif qui empêche qu'on y retombe, c'est un moyen pour nous rendre impeccables comme des anges ; la raison en est que nous n'offensons jamais Dieu malgré nous, car il faut que le péché soit volontaire : or, tant que vous aurez un ferme propos de ne jamais offenser Dieu, jamais vous n'aurez la volonté de l'offenser, puisque vous avez une volonté toute contraire, et par conséquent vous ne commettrez jamais aucun péché : quel avantage ! Si l'on vous présentait un remède qui aurait la yertu de vous préserver à l'avenir de toute sorte de maladies du corps, en vérité, quelle estime n'en feriez-vous point, que ne donneriez-vous pas pour l'acheter, et pour vous en servir ? Hé quoi ! lee devez-vous pas chérir et priser mille fois davantage le bon propos qui a la vertu de vous garantir de toutes les maladies de rime ?

Le troisième motif, et qui est pressant pour vous faire apporter tous vos soins à avoir ce bon propos, c'est que nous voyons que la plupart des personnes qui n'y pensent pas solidement, y sont trompées et croient l'avoir en vérité, quand elles n'en ont que l'apparence ; elles se contentent de certaines velléités semb'ables à celles du paresseux qui veut et ne veut pas ; elles forment de certains désirs inefficaces, dont tout l'effet se passe dans l'imagination ; elles ont de Belles résolutions, mais seulement en idée, et qu'elles ne mettent jamais en pratique. Or, c'est ce que vous avez le plus à craindre, et à quoi vous devez faire une très-grande attention, car l'enfer est rempli de ces sortes de désirs, c'est-à-dire de ces bonnes résolutions, que les damnés avaient prises en ce monde, sans s'être beaucoup souciés de les exécuter, s'étaut en cela rendus semblables à des soldats en peintures, toujours les armes en main, sans jamais pourtant lucr ni blesser personne, et sans jamais donner le moindre coup. Prenez garde que les vôtres ne soient de cette sorte : on se laisse aisément surprendre à quelque aj)parence de sentiment, qui souvent demeure dans les sens, et ne louche au plus que la superficie du cœur. Le bon propos, dont nous jparlons, est tout autre : car il est dans lo fond du cojur, et c'est une forte volonté qui nous oblige à mellre la main à l'œuvre, (pii nous fait détester, non une partie, mais égalemeul tous nos péchés, non pour un temps, mais pour toujours; qui nous

éloigne de ioutes les occasions, au moins de celles qui sont prochaines ; qui nous porte à satisfaire à Dieu par des austérités el autres bonnes œuvres, qui nous contraint doucement à nous réconcilier de cœur et d'affection avec notre prochain, et à réparer tous les torts que nous lui avons pu causer,* soit en sa réputation, soit en ses biens.

Faites maintenant réflexion sur vous-même, et examinez quels ont été les bons propos de votre vie passée. Ah! mon Dieu, que j'ai sujet de craindre qu'ils n'aient été qu'imaginaires, et qu'ainsi ma contrition ait été fausse, et mek confessions sacrilèges. Demandez-en pardon à Dieu ; confondez-vous-en devant sa Majesté ; désirez de mieux faire à l'avenir.

Troisième point. Coopération. — 1° Résolvez-vous d'éviter tout péché, et en particulier tel et tel péché auquel vous êtes sujet ; surtout prenez ce ferme propos, quoi qu'il vous en coûte, de n'offenser jamais Dieu mortellement, et de satisfaire à tous les péchés de votre vie passée. Renouvelez même souvent ce bon propos, comme le matin, le soir, quand vous allez à la sainte Messe, quand vous entendez sonner l'horloge, etc.

2° Prévoyez ce qui pourrait s'opposer a vos saintes résolutions, et prenez les moyens de vous prémunir contre tout ce qui pourrait encore vous porter au péché,

3" Surtout ayez un grand courage, et une ferme confiance en Dieu ; et quelque difliculté qui vous vieiNie dans l'esprit, ne comptant que sur la grâce de Notre-Seigneur, et nullement sur vous-même, dites avec saint Paul : Qu'est-ce qui me pourra séparer de la charité de Jésus-Christ?

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