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rihus suis augmenta capientibus , arbitratus est se mori , et incidit in languorem pro tristitia , et eum jam ncc ipse fœlorem suuin ferre posset , ita ail : Recessit somnus ab oculis meis , et concidi, et corrui corde prœ sollicitudine, et dixi in corde mec : In quantam tribulationcm deveni, et in quantos fluctu's tristitiœ in qua tiunc sum ! Justum est subditum esse Deo^ et mortalem non paria Deo senlirc. Orabat autem hic scelestus Dominuma quo non erat miscricordiani consecitturus , et desperans scripsil et miserubili obitu vita functus est. (// Mach. ix , 8-13.) Pesez bien toutes ces paroles, et vous verrez que cet état funeste n'est qu'une image de ce qui se passe dans l'àme d'un pécheur à la mort , et des redoutables effets de la justice de Dieu, à l'égard d'un réprouvé qui se meurt. Adorez cette divine justice; admirez, mais redoutez en même temps ces terribles effets : Justus es, Domine, et rectum judiciumtuum....{Psal. cxviii, 137.) Judicia tua abijssus multa. {Psal. xxxv, 7.)
Deuxième point. Communion. — Vous avez vu l'état d'un pécheur mourant accablé de regret pour le passé , et de douleur pour le présent : il reste encore à voir ce qu'il souffre dans la considération de l'avenir, et l'extrémité redoutable où il est réduit par cette vue. Cogitandum quantum nobis terribilis hora nostrœ sotutionis, qui pavor mentis, quanta tuni omniummalorum memoria, quœ oblivio transactœ feli citatis, quœformidoet consideralio judicii. (S. Grég.) Pendant la vie, le présent succède au passé, le futur chasse le présent ; et jamais ces trois différences de temps ne se trouvent ensemble : mais, pour le mourant, le passé, le présent et l'avenir se réunissenl en son esprit, et sont ensemble dans sa pensée poui augmenter ses douleurs , et pour remplir son âme d'amertume. Car si le passé lui donne un grand regret, et le présent le plonge dans un abîme de tristesse, l'avenir excite en lui d'horribles crainteg et des frayeurs mortelles : or il y a trois choses qu'il voit dans l'avenir , et qui lui donnent avec raison ces tranchées et ces dernières convulsions.
La première est le jugement de Dieu qu'il va subir et qu'il redoute, mais bien autrement qu'il n'avait fait pendant sa vie. Car jusqu'alors il considérait toujours ce jugement dernier comme plus éloigné, ainsi il n'en discernait pas si nettement la rigueur; mais, à la mort, il voit le jugement tout proche ; ainsi il le voit tout comme il est, il le conçoit, il le discerne ; il aperçoit un juge terrible ei en fureur, un examen rigoureux, une sentence effroyable, une exécution sévère et irrévocable. Toutes ces pensées, quand on les aurait même pendant la vie, ne font pas ordinairement de grandes impressions, parce que les soins de la vie, les occupations, les emplois partageant notre esprit, il ne s'y applique point si profondément, et elles sont aisément emportées par mille autres différente? qui se succèdent les unes aux autres : mais, à la mort, tous les soins de la vie cessent, il n'y a plus que la pensée du jugement qui, demeurant fixe dans l'esprit, tourmente
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instant : Ante se oculoi dîrîgit, et infîniKe perennitatis spatia deprchcndit. (S. Petr. Dam.) C'est là où son esprit se perti, c'est là où ses pensées se confondent, c'est là où transporté hors de soi, et ne sachant plus où il en est, il se laisse aller aux derniers sentiments de la fureur, du désespoir et de la rage. Que les péchés passés se présentent tous à son esprit, et lui donnent un extrême regcet, aussi bien que le temps perdu et les grâces négligées ; que les séparations présentes de toutes les créatures, et surtout la division avec Dieu lui donne une tristesse intolérable ; que la vue des peines horribles de l'autre vie lui cause une effroyable crainte ; en un mot, que l'étal d'un pécheur à la mort soit encore mille fois plus affreux, il n'est pas dans l'extrémité de la misère si
rame et la réduit au désespoir : Futurarum pœnarum jndicinm ipsa sui exspcctatione desœviet, ne dicam aliiid ; soins rnœror excruciabil animam tuiiver- $is solaliis dcstUutam, sola torquebit cogitalio desperatatn, solus metus exanimabit attonitam ; et quia ibi jam nulla er'it parandi viclns aut veslilus solliciludo , nuUa laborandi, militandi, ayendive occupalio, nulla facultatis aut honoris ambitio ; solus meniem omnibus aliis curis vacuam inlokrandus reddcndœ rationis terrer implebit, solum ac totum judicii pondus captivix sensibus imminebit. (S. Eucher-.) Pendant la vie, la pensée du jugement souvent ne tourmente pas si furieusement, quoiqu'on s'y arrête et qu'on la considère à fond, parce qu'on se persuade qu'avant d'y comparaître, on aura toujours assez de temps pour s'y préparer et arrêter ses comptes. Mais, à la vous en séparez l'éternité. Car tous les maux, quel
mort, on se voit surpris : les comptes ne sont pomt prêts, tout est en confusion et en désordre, il n'y a pas de temps pour les préparer ; cependant il faut répondre, on presse, et c'est ce qui désespère une àme en cet état : car elle ne trouve plus de remède, et elle voit que dans un moment elle va être condamnée : Subduclis a medio omnibus, se. et illum terminum considérât qui appropinquat , etpost paululum hoc invcnit quod in perpeluum mutari non poterit. (S. Bern.)
La seconde vue de l'avenir qui désespère le pécheur à la mort, est la peine des damnés qu'il va souffrir; c'est l'enfer qu'il considère ouvert pour l'engloutir, et d'où il ne se voit plus séparé que d'un moment; ce sont les démons qui déjà le regardent comme leur proie assurée. Qtiid inter liœc cum eam {animam) cœperit ad definitam senlentiam, et immobili lege defixam importunus depositi exactor abstrahere, et liinc inde insultare, et insistere infernalium dirœ faciès ministrorum? (S. Eucher.) Cette vue le tourmente mille fois plus à cette dernière heure qu'elle n'avait fait pendant toute sa vie, à cause des mêmes raisons que nous venons de dire. De plus , comme il commence à ressentir les premiers effets delà fureur de Dieu débordée sur les âmes damnées, et que l'on peut dire que son agonie est comme le noviciat de son enfer : les cuisants, mais inutiles fegrets, qui pour lors lui dévorent les entrailles , les douleurs intolérables, qui ne \ui donnent aucun relâche ; les fureurs du désespoir qui le consument, lui font connaître que les tourments de l'autre vie, qu'il souffre déjà par anticipation, sont tout autres et infiniment plus cruels qu'il ne s'était persuadé jusque-là. Rébus liumanis vale ultimum dicens, mortem anle se liahens, et vilam post se rcUnqucns, in illud liorrendum, et vix oculis altinqendum pertrahelur profundum, diversis avnriliœ ac mulitiœ catcnala criminibns, quantum pcrdidit pretium, lantum exccptura supplicium. (S. Eucher.)
Enhi la troisième vue de l'avenir qui le désespère, et qui est sans comparaison plus alUigeante que toutes les autres, c'est cette vaste (l inuncnse étendue de rélernité où il voit uu'il va entrer dans un
que cruels qu'ils puissent être, laissent encore quelque petite consolation, quand on sait qu'on ne les souffrira que pour un temps, et l'espérance d'en être un jour délivré les adoucit ; mais quand on y ajoute l'éternité, c'est pour lors que le mal est sans consolation et sans remède. Et c'est ce que voit le pécheur à la mort : tous ses maux éternisés ; le temps perdu pour jamais, les regrets dans le cœur, mais inutiles pour Jamais, le retranchement des biens du monde pour jamais, la division de l'àme et du corps pour jamais (car ils ne se réuniront à la résurrection que pour se faire une guerre plus cruelle), la séparation d'avec Dieu pour jamais, le. poids delà justice de Dieu qui se décharge sur lui pour jamais, l'enfer pour jamais, l'éternité. Oh! quelle pensée dans une âme agonisante 1 Ne faut-il pas être fou pour croire, au milieu de ces pensées, pouvoir mettre ordre à l'affaire de son salut, pour remettre à ce temps à se confesser, à se donner entièrement b Dieu, à faire pénitence ?
Faites réflexion sur vous-même, et vous verre? que vous n'avez pas été exempt de cette folie ; et Dieu veuille même qu'à présent vous en soyez parfaitement guéri. Demandez-en pardon à Dieu ; confondez-vous-en devant lui; désirez de mieux faire b l'avenir ; demandez-en à Dieu la grâce.
Troisième point. Coopération. — 1° Résolvezvous tout de bon à ne plus différer votre pénilcnce-
2° Commencez dès aujourd'hui à pratiquer ce quf v(ms voudriez avoir fait à l'heure de votre mort Sic vive quasi Iwdie moriturus, Cliristiano cnim crastinum non est.
5" Ne vous couchez jamais sans arrêter vos comptes, et sans vous mettre dans l'étal où vous vou driez être trouvé à l'heure de la mort.
TROiSlr-ME PA.RT1F,. ConcluStOn.
\" Remerciez; 2" demandez pardon; 3° offrez.
Bouquet spirituel. — Mors peccalorum pessima. {Psal. xxxiii, 22.) Mala, dit saint Rernard, in tvundi amissione, pejor in carnis scparationc, pessima in vermis ignisque duptici conlritionc.
RETRAITE ECCLESIASTIQUE. — SIXIEME JOUR