Troisième partie. — Conclusion
1" Remerciez Dieu de la faveur qu'il vous a accordée de vous souffrir en sa présence , et des autres grâces qu'il vous a faites dans l'oraison.
2" Demandez-lui pardon des fautes qui vous y sont échappées.
5° Offrez-vous à la sainte Vierge, et remettez-lui entre les mains toutes vos résolutions , afin qu'elle vous obtienne la grâce de vous y rendre fidèle dans les occasions.
BoiQUET spirituel. — ^oUle fieri imprudentes , scd intelligentes quœ ait volunlas Dei. (F.phes. \\ 17,)
De l'examen qu'un chacun doit (aire sur Tctat où il esl, pour connailrc si c'est Dieu qui l'y a appelé.
Phemïère PAr.TiE. — Préparation.
i" Méltez-vous en la présence de Dieu par un acte ce foi et d'adoration.
2° Renoncez à vous-même et à vos péchés, à la vue de votre indignité à paraître devant lui ; et ensuite unissez-vous à Jésus-Christ, afin qu'en lui vous soyez digne de paraître devant la majesté de Dieu son Père.
5° Demandez-lui son Esprit, et renoncez au vôtre. Seconde partie. — Corps d'oraison.
Premier point. Adoration. — C'est une vérité fondamentale de notre religion, que Dieu qui nous veut tous dans son Eglise, ne nous veut pas tous dans un même genre de vie. L'Eglise est le bâtiment de Dieu, comme dit l'Apôtre, et chacun de nous en doit être une pierre; or, c'est le grand architecte qui place chaque pierre au lieu qu'il lui a destiné. L'Eglise est le corps de Jésus-Christ, comme dit le même apôtre, et chacun de nous en doit être un membre; mais c'est le Saint-Esprit, qui, formant ce corps, met chaque membre à l'endroit où i! doit être; autrement il y aurait quelque chose de dilTorme et de monstrueux. L'Eglise est la sainte famille de Dieu, et chacun y doit avoir les emplois, selon que le père de famille les distribue: autrement tout y serait en confusion. Admirez la sagesse de Dieu, qui met un si bel ordre dans son Eglise ; unissez-vous aussi à toutes les parties de cette belle et sainte Eglise, qui loue Dieu bien plus excellemment que ne (ont les cieux, ni toutes les autres créatures.
Deuxiî:me point. Communion. — Pour vous exciter puissamment à bien examiner votre vocation , voyez les grands sujets que vous avez de craindre de n'être pas dans l'état et dans la profession où Dieu vous-veut.
Vous tirerez le premier sujet que vous avez de craindre, des motifs que vous avez considérés en la méditation précédente. Etre dans un état sans vocation, c'est être dans une impossibilité morale de faire son salut, c'est une des marques des plus assurées de la dernière réprobalion, c'est non-seulement la source de tous les malheurs qui arrivent en cette vie, mais le comble de toutes sortes de malédictions pour l'autre. Repassez encore ces motifs, car ils sont assurément bien forts pour vous faire penser sérieusement à vous-même, et vous obliger à bien examiner si c'est Dieu qui vous a appelé à l'élat où vous êtes, 2° Non-seulement il y a bien à craindre à une personne qui n'est pas dans l'état où Dieu l'appelle, mais encore vous avez à redouter en votn; particulier que Dieu ne vous ait point appelé à celui où vous êtes, et c'est à quoi vous devez à présent bien faire attention. I>es marques que Dieu nous a appelés dans un état sont: 1" quand nous avons choisi cet état avec une pure et droite intention, pour y plaire à Dieu et y mieux faire notre salut, cl
non pas pour l'honneur, le profil, ou le plaisir; 2° quand nous voyons que nous avons quelque disposition pour nous acquiller chrétiennement des obligations qui sont attachées à ce genre de vie, e*, que nous pouvons nous y sauver; 5° quand nous ne l'avons choisi qu'après avoir consulté Dieu, et l'avoir beaucoup prié de nous faire connaiîlre sa volonté; 4. quand nous ne nous y sommes point engagés de notre tôle et de notre propre mouvement, ni par le seul conseil des parents ou des personnes du monde, mais par l'avis des personnes prudentes el sages selon Dieu, et de nos directeurs ou supérieurs spirituels. Voyez, par ces quatre marques, si vous n'avez point sujet de craindre que Dieu ne vous ait pas appelé à l'état où vous êtes.
5° Ce qui vous doit encore donner grand sujet de craindre, et ensuite de bien examiner si vous êtes appelé à l'état que vous avez enbrassé, c'est que la plupart se trompent en cette occasion, faute d'y bien penser, et vous vous y tromperez comme les autres; car, comme on a ordinairement une inclination naturelle à un état et à un olfice plutôt qu'à un autre, on se laisse aisément aller à c£tte inclination, on la suit à l'aveugle, on se jette dans le parti qu'elle persuade d'embrasser ; et, à moins que de bien examiner si cette inclination naturelle porte en soi les marques et les caractères de la volonté de Dieu , c'est-à-dire si elle est conforme aux mouvements, aux attraits que nous donne la grâce;' si elle est pure, c'est-à-dire ne nous portant à embrasser un état plutôt qu'un autre, que dans la vue de la gloire de Dieu et de notre salut ; si elle est forte, sans néanmoins trop de précipitation, ni trop d'emportement; si enfin elle est persévérante, et non pas de peu de jours. On se trompe sans y penser, et, sous le faux attrait d'une inclination corrompue qui nous déçoit, nous prenons la voix de la nature pour la voix de Dieu, et nous demeurons dans un état quand il nous voudrait dans un autre.
Faites bien réflexion sur vous-n^ême pour voir si vous n'êtes point de ce nombre. Ne vous êtes-vous point engagé dans le monde, et n'y avez-vous pas pris tel ou tel emploi, sans examiner si l'inclination qui vous y portait était une inclination de grâce, si vous y feriez mieux votre salut que dans un autre état, si ce n'était point un emportement de natur?», ou un moment de passion, etc. ? Pressez-vous làdessus, et répondez, et vous verrez le sujet que vous avez de craindre, et de vous confondre devant Dieu ; mais surtout de désirer qu'il vous éclaire, vous conduise et vous fortifie pour embrasser l'état où il vous appelle, (luel (|ii'il puisse être, malgré toule la répugnance de l'incliiialion el l'o|)posilion de la nature. C'est ce que vous demanderez préseulemenl à Dieu avec instance.
TRoisifcME POINT. Coopération. — 1* Résolvez-vous d'être quelques jours sans faire allenlion à vos inclinations, ou, à ce que le monde pourrait dire sur le choix d'un élat, afin de pouvoir i»lus à l'écart el en
RETRAITE ECCLESIASTIQUE. — HUITIEME JOUR
silonce écouler seulement ce que Dieu vous dira ; le monde fait trop de bruit: nos inclinations sont trop emportées, quand on y fait attention on ne peut pas bien discerner la voix de Dieu.
2" Etant ainsi séparé de la vue et de la considéralion de toute créature, retiré dans le secret de votre cœur, et prosterné devant Dieu, dans un ardent désir de connaître sa sainte volonté, et de la suivre ; dites avec le Prophète: Mon Dieu, parlez, parce que votre servUeur écoute. {IRey. m, 10.) Mon cœur est prêt, oui il est lout prêt à vous suivre ; faites-moi donc connaître la voie que je dois prendre : délivrezmoi de mes ennemis, Seigneur, et enseignez-moi à faire votre volonté.
3° Voyez si vous voudriez mourir dans l'état où vous êtes ; car, si vous ne vouliez pas y mourir, il ne faut pas non plus y vouloir vivre ; et c'est là le grand secret des personnes bien sages, et une résolution à prendre, si vous voulez assurer votre salut : de ne demeurer jamais dans un état, où vous ne voudriez pas être trouvé à l'heure de votre mort Troisième partie. — Couclusion.
i° Remerciez; 2° demandez pardon ; 3° offrez.
BoLQLET spiRiTLEL. — Rcs cst cutite ct longatiimitcr et secundum Deum ponderanda. {De Imit. Christ., lib. 1.)
Qu'il ne faut point différer à embrasser l'état auqticl on a reconnu que Dieu appelle.