‹ Œuvres complètes de M. Tronson, supérieur du Séminaire de Saint-SulpiceChapitre 221 sur 303 · Î)SG · texte numérisé non relu

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et «rdircmim tclatn, et no» per spirilum tncum. . . . qiti ambulalis ut dcscendutis iu .Egiiptum et os meiim Tion itilcrrogastis. (Isa. \\\, i, 2.) Un maître n'est pas obligé de payer un ouvrier qu'il n'a pas mis en besog:ie ; un domestique n'a point de droit de demander des gages et des appointements à un maître pour les services qu'il lui a rendus contre sa volonté, et qui n'a rien fait de ce qu'il veut ; qui est le capitaine qui donne le casque et la cuirasse à celui dont il ne veut pas se servir ? Ainsi ne vous flattez pas ; quelque bonne intention que vous ayez, si Dieu ne vous appelle point, votre vie ne sera qu'une suite de péchés, et votre mort un comble de malédiction. 0 Dieu, ce n'est pas un jeu d'enfant que le choix d'une profession !

2" Non-seulement on se damne en s'engageanl dans un état sans vocation, mais on commence son enfer dès cette vie, car Dieu permet, par un juste jugement, que ceux qui embrassent ainsi quelque profession , sans qu'il les y appelle , soient tourmentés en ce monde de mille regrets , inquiétudes, chagrins, désespoirs , qui les travaillent sans cesse, qui même bien souvent abrègent leurs jours , et quelquefois d'une manière funeste et déplorable. (Inde et eliyam illnsiones eorum , et qnœ timebant adducam eis quia fecerunt malum in oculis mcis et quœ nolui elegerunt. (Isa. lxvi, i.) En effet, dans le délaissement épouvantable de Dieu , où ils se trouvent, on voit qu'ils s'abandonnent sans retenue aux désirs de leurs cœurs , qu'ils suivent aveuglément kurs propres convoitises , qu'ils tombent ensuite dans une inimité d'abominations et de désordres, et qu'ils vont de péchés en péchés , jusqu'à ce qu'enfin devenant insupportables à eux-mêmes, ils se précipitent malheureusement dans l'enfer. Voilà ce qui arrive ordinairement à ceux qui , de leur propre tête, ou par le conseil des gens du monde, qui n'entendent rien aux voies de Dieu , embrassent un genre de vie où ils ne sont point appelés. Ils sont dans le corps de Jésus-Christ comme des membres hors de leur place , ou comnK; des membres monstrueux qui ne servent qu'à faire ressentir de cruelles douleurs, ou qui ne sont bons qu'à être retranchés et jetés au feu.

3' C'est un mal où il n'y a guère de remède, que de s'engager ainsi dans un état de vie sans vocation. Les autres péchés nous privent de beaucoup de grâces, et nous rendent dignes de l'enfer ; toutefois on s'en relève, et on y trouve beaucoup de remèdes ; mais à celui-ci, il y en a bien peu, car ce n'est pas une affaire d'un jour, d'un mois , ou d'une année ; c'est un engagement qui dure pour l'ordinaire toute la vie. Certainement si un serviteur, qui ne se met en service que pour un an , ne le fait point à la légère ; mais il pense sérieusement pour n'être point trompé, il importe bien plus d'user d'une grande précaution, lorsqu'il s'agit d'embrasser une condition pour toute notre vie , d'où doit dépendre notre clcrnité.

Ne le faites point inconsidérément, mais après vous être prostenié devant Dieu et vous être bien humilié avec douleur d'avoir entrepris tant de choses de votre tête, et de ne l'avoir pas assez consulté en votre vie passée ; demandez-lui le plus instamment que vous pourrez qu'il ne vous abandonne pas à vous-même, dans une rencontre d'une telle imporlance; que ce soit lui et pas vous qui fasse votre vocation, et que vous fassiez tout ce qu'il faut pour bien connaître et accomplir sa volonté.

Troisième point. Coopération. — La résolution que vous devez prendre à présent, est de ne vous engager jamais, sous quelque prétexte que ce soit, dans un état ou profession , à moins que vous ne croyez que Dieu vous y appelle ; mais comme cette résolution est générale , vous en ferez ensuite de particulières, afin de connaître et suivre la vocation de Dieu.

•* Vous prierez donc beaucoup, et demanderez à Dieu qu'il vous fasse connaître sa volonté : Vias tuas demonstra , et semitas tuas edoce me... (Psal. XXIV, -4.) Notam fac mi'lii viam in qua ambulcm. {Psal. cxLii, 8.) Il faut aussi, si vous pouvez, que vous fassiez quelques orières extraordinaires pour cet effet.

2" Voxis devez vous présenter à Dieo avec nne généreuse indifférence pour tous les genres de •'.-% lui protestant que vous voulez embrasser celui qu'il lui plaira , et que vous n'y voulez point regarder ce qui y satisfera la nature, mais seulement le service de sa divine majesté, et votre salut.

5° Prenez bien garde si Dieu vous donne quelque attrait intérieur pour quelque vocation par#culière, afin de ne point prendre le change, et de ne point suivre les inclinations intéressées et les mouvements de la nature , au lieu des inspirations de Notre-Selgneur, et des attraits de son Esprit.

h" Faites-vous entièrement et particulièremenl connaître à votre directeur, qui doit être désintéressé, prudent serviteur de Dieu ; et après lui avoir découvert jusqu'au fond de votre cœur, et lui avoir manifesté toutes vos intentions, inclinations, dispositions, tentations, passions, desseins, vues, résolutions , désirs , en un mot , tout ce qui se passe en vous , suivez aveuglément ses avis, et faites tout ce qu'il voas conseillera.

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