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peu dans le monde, et encore n'était-ce que conuiiiî en passant , et par manière d'acquit. Il vous amène ici pour vous donner le temps d'y penser plus à loisir et plus à fond. Il vous y amène en second lieu pour vous y apprendre plus particulièrement les moyens de réussir dans cette grande affaire. On n'en parle presque jamais dans le inonde, et aussi prescjue jamais on ne s'instruit ; mais c'est ce que vous entendrez ici sans cesse dans les sujets d'oraison , dans les entretiens, dans les conférences, dans les avis généraux et particuliers que l'on y donne. 2° Il vous y amène pour vous donner des grâces toutes singulières qui vous fassent embrasser les moyens de salut qu'il vous découvre : Dncam eam in solitudincm, et loquar ad cor ejns. {Osée n, li.) Locutio autem verbi est largilio doni. C'est ce que l'on éprouve dans la retraite, et c'est ce qui vous doit confondre des oppositions que vous y avez eues en votre vie passée. Vous avez peut-être souhaité de vivre dans le grand monde ; vous avez regardé les maisons de retraite comme des prisons ; vous avez cru qu'on y était dans une gêne et une contrainte insupportables.
Avouez devant Dieu votre aveuglement, et de- Biandez-lui part à celte sainte joie avec laquelle il a passé la plus grande partie de sa vie , séparé du monde , et avec laquelle il veut que vous demeuriez dans cette maison de retraite.
Troisœme point : Coopération. — 1° Résolvezvous de ne point écouter aucune des raisons qui vous persuaderaient présentement de retourner dans le monde.
2" Tâchez d'opposer à tous les chagrins et tristesses qui pourraient vous venir, la joie d'une bonne conscience, et l'espérance du salut, que vous pouvez obtenir aisément dans la retraite.
5° Demandez particulièrement à Dieu la persévérance.
Combien on doit craindre de ne pas profiter cette année autant que Dieu le désire.
Premier point : Adoration. — Après avoir vu la bonté de Dieu sur vous, et les témoignages qu'il vous donne de son amour en vous mettant dans un lieu de retraite pour y opérer votre salut : considérez aujourd'hui les rigueurs de sa justice que vous devez craindre , si vous n'êtes pas fidèles à ses grâces , et si vous ne profitez pas de ses faveurs autant qu'il l'attend de vous.
Oh ! qu'il est terrible dans sa fureur ! oh ! qu'il est redoutable dans ses châtiments ! oh ! qu'il est épouvantable dans sa justice? Représentez-vous une ourse à qui on a enlevé ses petits, ou une lionne dans les transports d'une rage extraordinaire, qui renverse, qui terrasse, qui massacre, qui déchire, qui met en pièces tous ceux qu'elle rencontre Reprcscnlez-vous un torrent de soufre cl de flamme
<|ui court partout sans résista'ncc, qui dévore, qui consomme, qui réduit en cendres tout ce qu'il trouve. Représentez-vous une mer furieusement agitée, qui ne laisse plus aucune espérance de salut, sur laquelle on ne trouve plus qu'une perte assurée, on ne voit plus que le creux des abîmes, on ne ressent plus que les terreurs de la mort. C'est ainsi, dit le Saint-Esprit, que vour pouvez vous figurer la justice de Dieu : Quasi Icœna, vel ursa raptis catuUs. [Il Reg. xvii, 8.) Siait ignis et Inrrens sulpliuris succendens. {Isa. XXX, 53.) Quasi catachjsmiis et tumenles (luctus. {Job XXXI, 23.) Animez ici votre foi, et après avoir ••onsidéré que tout cela n'est qu'une ombre très-légère des effets de sa fureur, tâchez de rendre vos devoirs à sa divine justice ; surtout craignez-en les effets, et demandez la grâce de ne point tomber en- Ire ses mains, et qu'il ne vous châtie point en sa fureur : Domine, ne in furore tuo arguas me, ncqiie in ira tua corripias me. {Psal. vi, 2.)
Df.uxième point : Communion. — Pour vous mettre en état de bien profiter ici des grâces de Notre-Seigaeur et d'y faire, pendant cette année, autant de progrès dans la perfection qu'il le désire, vous vous arrêterez aux trois considérations suivantes, tirées 'le l'Ecriture sainte, qui vous feront connaître les sujets qu'il y a de craindre pour ceux qui se négligent dans le séminaire.
I^a première, c'est la malédiction prononcée par la bouche même du Fils de Dieu contre Corozaïm et Dethsaïda, deux villes bien favorisées par sa présence et ses grâces, mais extraordinairement malheureuses par le peu d'usage qu'elles en ont fait : Vœ tibi,Corozaim ; vœ tibi.Bellisaida : quia, si in Tijro et Sidone factœ fuissent virtutes quœ factar fuerunt in vobis, in cilicio et cinere pœnitentiam egissent ! {Matth. XI, 21.) Oh 1 l'épouvantable parole! Faites-y bien attention : la malédiction prononcée par la bouche du Tout-Puissant, qui fait tout ce qu'il veut et tout ce qu'il dit : Dixit et facta sunt {PsaL xxxii, 9), rien de plus terrible. Cependant n'est-ce pas ce que vous avez tout sujet de redouter? Car enfin il est vrai qu'une infinité d'autres deviendraient saints et trèsgrands saints, s'ils avaient les grâces, les secours et les moyens que vous avez présentement entre les mains. Si donc vous n'en profitez pas, comme Dieu veut, n'avez-vous pas tout sujet de redouter que cette malédiction ne soit dite pour vons et ne retombe sur votre tète ! Malheur à vous, parce que plusieurs autres auraient profité de la grâce que vous laissez perdre : Auferetur a te regnumDei, et dabitur gettti facienli fructus ejus. {Matth. xxi, -43.) Craignez qu'un jour ne vienne où peut-être vous voudrez bien trouver les mêmes occasions, et les mêmes secours pour vous donner à Dieu, et qu'ils, vous soient ôlés pour n'en avoir pas fait un saint usage : Qui enim opporlunitatem deseril, opportunitas eum fugit.
La seconde considération qui vous doit donner i.n grand sujet de craindre, c'est la mah'diclion iirononcée dans l'Evangile contre le figuier stérile : Sucddc
illam : utquid etiam terram occupât? {Luc. xiii, 7.) Car remarquez, qu'encore qu'il y eût déjà quelques années qu'il fût stérile, on se résout encore d'atten.dre à l'arracher, pour voir si en le cultivant avec soin pendant une année, il produirait ensuite quelque bon fruit : mais on n'attend qu'à cette condition qu'il sera arraché sans ressource au bout de l'année, si après cela il demeure stérile : Et si quidem non fecerit fructum in futurum, succides illam. {Ibid., 9.) C'est ainsi que Notre-Seigneur a eu patience à l'égard de votre âme. Il y a plusieurs années qu'elle est stérife, et qu'elle ne rapporte point les fruits de salut qu'il désire : il ne lui a pas pourtant donné encore sa dernière malédiction, parce que peut-être elle n'a pas été jusqu'à présent cultivée avec assez de soin. Mais voici le fumier que l'on va mettre au pied de l'arbre ; il va être arrosé pendant cette année par une infinité de grâces ; on va lui donner sa dernière culture ; si vous n'en profitez pas, n\ a-t-il pas sujet de craindre qu'on ne prononce contre vous ce dernier arrêt: Succidc illam : utquid etiam terrain occHpat.'* et (jue vous ne ressentiez l'effet de cette épouvantable malédiction : Nunquam ex te fructus nascatur in sempiternum. {Matth. xxi, 19.) Excidetur et in ignem mittetur. {Luc. m, 9.) C'est le second sujet que vous avez de craindre, et oui assurément mérite bien que l'on y pense.
Le troisième, c'est que, si vous ne profitez ici, vous serez comme cette terre maudite et réprouvée dont parle saint Paul : Terra sœpe venientem super se bibens imbrem, proferens autcm spinas et tribulos^ reproba est, et maledicto proxima ; cujus consummatio in combuslionem. {Ilebr. vi, 7, 8.) Elle est maudite et réprouvée, et pourquoi? c'est qu'étant souvent arrosée, elle ne rapporte pas de fruit. Pensez bien devant Dieu, si ce n'est ce que vous devez craindre, si vous ne profitez de ce temps de retraite. Dans le inonde, les pluies ne sont pas si fréquentes ; la grâce ne découle pas si abondamment, une âme se trouve souvent fort desséchée. Mais dans la retraite le ciel est toujours ouvert : Cœlum aperlius ; la rosée découle sans cesse. Dieu verse ses grâces à pleines mains ; si donc vous n'en profitez point, si vous ne faites pas mieux qu'auparavant, si votre conduite n'est pas plus régulière, si les vertus. eu vous ne croissent, n'avez-vous pas lieu de trembler, et n'estce pas une marque évidente de votre réprobation? Rcproba est et maledicto proxima ; cujus consummatio in combuslionem. Confondez-vous de vos infidélités passées, demandez-en pardon à Dieu, et tâchez d'obtenir la grâce de lui être plus fidèle à l'avenir.
TROISIÈME POINT : Coopération. — Première résolution : n(^ romotle/. point vos bons desseins à la fin de l'année, mais dès niainlenaut lâchez de vous avancer autant que vous poiurez dans la perfection.
Seconde résolution • lâchez de vous rendre fidèle
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MAMEL DU SEMINARISTE. - MAXI.VES ET PRATIOIES. ' 5!0
à tomes le* pratiques et à tous les avis qui vous se- rèi;lonionls et exercices du séuiinaire ; car c'est ce ront donnés pour votre perleclion. que Diou demande ici de vous pour votre perfec-
Troisièiue résolution : amour et fidélité pour les lion.