PLUTARQUE, Comment on peut se louer soi-même, ch
[Dionisius le vieil, apres des longurs et ditficultez extremes aiant pris la ville de Rege; et en icelle le capitene Phyton grand home de bien, qui l’avoit si obstineemant defandue, volut en tirer un tragique exemple de vanjance. Il luy dict premieremant, comant le jour avant il avoir faict noyer son filx et tous ceus de sa paranté. À quoi Phyton respondit sulemant, qu’ils en estoint d’un jour plus hureus que luy. Apres il le fit depouiller et sesir a des bourreaus et le trainer par la ville en le foitant tres ignominieusement et cruellement, et en outre le chargeant de felones paroles et contumelieuses'. Mais il eut le corage tousjours constant sans se perdre : et d’un visage ferme, alloit au contrere ramantevant*? a haute voix l’honorable et glorieuse cause de sa mort, pour n'avoir volu rendre son païs entre les mains d’un tirant : le menaçant d’une procheine punition des Dieus.
Dionisius lisant dans les yeus dela commune de son armee que au lieu de s’animer des bravades de cet enemi veincu, au mespris de leur° chef et de son triomfe ell aloit s’amollissant par l'estonement d’une si rare vertu et