DIODORE DE SIciLe, XIV
2. Montaigne s’attribue souvent cette ondoyance et cette diversité, qu'il constate chez la plupart des hommes. C’est que, malgré la franchise de son caractère (c’est l’homme le plus franc du xvi° siècle), il a ses raisons, que le lecteur apercevra en lisant les Essais, pour se présenter tour à tour comme un homme inconstant, et comme un homme ayant au contraire de la tenue dans l'esprit et dans le caractère. En réalité, Montaigne, en dépit des contradictions qui se rencontrent dans son livre — et dont quelques-unes sont plus apparentes que réelles — était très sérieux et très bien équilibré : son livre a pour visée principale et pour effet de proposer des règles de vie et de morale fondées sur la raison et l'expérience. Mais il le fait en voilant si bien sa profondeur de charme, d’enjouement et de fantaisie, que le lecteur ne voit pas toujours où il est conduit. (A. A.)
3. Sthénon, d’après PLUTARQUE (Instruction pour ceux qui manient les affaires d’État, ch. 17), qui le nomme ailleurs Stennius et Sthémis.
se chargeoit seul de la faute publique, et ne requeroit autre grace que d’en porter seul la peine. Et l’hoste de Sylla ayant usé en la ville de Peruse‘ de semblable vertu, ny gaigna rien, ny pour soy ny pour les autres.
Et directement contre mes premiers exemples, le plus [hardi des| hommes [et si] gratieux aux vaincus, Alexandre, forçant apres beaucoup de grandes difficultez, la Ville de Gaza, rencontra Betis qui y commandoit, de la valeur duquel il avoit, pendant ce siege, senty des preuves merveilleuses, lors seul, abandonné des siens, ses armes despecées, tout couvert de sang et de playes, combatant encores au milieu de plusieurs Macedoniens, qui le chamailloient de toutes parts : etluy dict, tout piqué d’une si chere victoire, car entre autres dommages, il y avoit receu deux fresches blessures sur sa personne : Tu ne mourras pas comme tu as voulu, Betis; fais estat qu'il te faut souflrir toutes les sortes de tourmens qui se pourront inventer contre un Ligne 5) a, a’ : pour autruy. Et
— 7) b:le plus courageux homme qui fut onques
et le plus gratieux — 18) 1595 : Il avait reçu
1. Préneste, ville du Latium, et non Péruse, en Étrurie. — PLUTARQUE, Instruction pour ceux qui manient les affaires d'État, ch. 17. L'erreur qui se trouve seulement dans la première édition de la-traduction d’Amyot en 1572, a été rectifiée dans les éditions suivantes, preuve que Montaigne a utilisé cette édition: