NOS AFFECTIONS S EMPORTENT AU DELA DE NOUS
Ceux qui accusent les Hommes d’aller tousjours beant' apres les choses futures, et nous aprennent à nous saisir des biens presens, et nous rassoir en ceux-là, comme n’ayant aucune prise sur ce qui est à venir, voire assez moins que nouSn’avons sur ce qui est passé, touchent la plus commune des humaines erreurs, s'ils osent appelle erreur chose à quoy nature mesme nous achemine, pour le service de la continuation de son ouvrage, [nous imprimant come asses d’autres cete imagination fauce : plus jalouse de nostre action que de nostre sciance.] Nous ne sommes jamais chez nous, nous sommes tousjours au delà. La crainte, le desir, l’esperance nous eslancent vers l’advenir, et nous desrobent le sentiment et la consideration de-ce qui est, pour nous amuser à ce qui sera, voire quand nous ne