HÉRODOTE, I, 32; ARISTOTE, Morale à Nicomaque, I
2. Il n'ya presque personne qui s’arrachetotalement à la vie. Inconsciemment, l’homme s’imagine qu’une partie de son être lui survit ; il ne peut se détourner et s’affranchir de ce corps misérable. LucRÈCE, III, 890-805. — Montaigne a fait des changements au texte de Lucrèce.
3. Le 13 juillet 1380. — Montaigne a pris ce fait dans les Annales d'Aquitaine de Jean Boucer, f° 127 r°.
des Venitiens, estant mort au service de leurs guerres en la Bresse, et son corps ayant à estre raporté à Venise par le Veronois, terre ennemie, la pluspart de ceux de l’armée estoient d’advis qu’on demandast saufconduit pour le passage à ceux de Verone. Mais Theodore Trivolce y contredit ; et choisit plustost de le passer par vive force, au hazard du combat : N’estant convenable, disoit-il, que celuy qui en sa vie n’avoit jamais eu peur de ses ennemis, estant mort fist demonstration de les craindre’.
De vray, en chose voisine, par les loix Grecques, celuy qui demandoit à l’ennemy un corps pour l’inhumer, renonçoit à la victoire, et ne luy estoit plus loisible d’en dresser trophee. À celuy qui en estoit requis, c’estoit tiltre de gain. Ainsi perdit Nicias l'avantage qu’il avoit nettement gaigné sur les Corinthiens. Et au rebours, Agesilaus asseura celuy qui luy estoit bien doubteusement acquis sur les Bæotiens*.
Ces traits se pourroient trouver estranges, s’il n’estoit receu de tout temps, non seulement d’estendre le soing que nous avons de
Ligne 2) 1595 : ayant éfé rapporté
1. GUICHARDIN Que Montaigne a traduit ici fort exactement), livre XII, ch. 5. — Le fait est de 1515; on le retrouvera dans Brantôme au xvu° siècle.